Société
Watsa : vague d’attaques armées et justice populaire, plusieurs morts en moins d’une semaine
La nuit du lundi au mardi 03 mars 2026 a été particulièrement agitée dans le territoire de Watsa, où plusieurs cas de banditisme ont été signalés, accompagnés d’actes de justice populaire.
Trois bandits brûlés vifs à Siona
Aux environs de 01 heure du matin, cinq individus armés, communément appelés Kuluna, ont fait incursion dans la carrière dénommée Siona, située à environ trois kilomètres de 12 Match.
Selon les informations recueillies auprès des sources locales, les assaillants ont pillé deux maisons de commerce avant de tenter de prendre la fuite à moto. Après avoir parcouru quelques mètres, leur motocyclette serait tombée en panne de carburant.
Rattrapés par une population en colère, trois des présumés bandits ont été brûlés vifs sur place, dans la carrière Siona. Les deux autres ont réussi à s’échapper dans un premier temps, avant d’être appréhendés à Gesse.
Ces derniers sont actuellement gardés à vue au poste de police de Tora, en attendant les suites judiciaires.
Un témoin joint par Congo Profond affirme que la tension est restée vive dans la zone pendant plusieurs heures.
Attaque armée au centre de négoce de Duembe
Toujours dans la nuit du lundi au mardi 03 mars 2026, des bandits armés non autrement identifiés ont fait irruption au centre de négoce de Duembe, dans l’agglomération de Durba.
Ces hors -la loi ont fait irruption dans plusieurs habitations, emportant argent et biens de valeur. Une personne a été blessée lors de cette attaque, plongeant la population dans la psychose.
Attaque meurtrière à Giro
Le 27 février 2026, au centre Giro, groupement Bugutali, chefferie Mari-Minza, en territoire de Watsa, des hommes armés ont attaqué un shop comptoir aux environs de deux heures du matin.
Selon la société civile locale, les malfaiteurs ont emporté :
50 millions de francs congolais
6 700 dollars américains
400 grammes d’or
6 kilogrammes de mercure
Lors de cette attaque, un ressortissant kényan identifié comme Asani Nuru Sala a été grièvement blessé avant de succomber à ses blessures.
Rappel des faits à Matiko
Il convient de rappeler que le 25 février 2026, cinq présumés voleurs avaient été brûlés vifs au village Matiko. Ils étaient soupçonnés d’être impliqués dans le meurtre du fils du président local de la FEC de Gola.
Un climat sécuritaire préoccupant
La répétition de ces incidents en l’espace de quelques jours traduit une recrudescence inquiétante de l’insécurité dans le territoire de Watsa.
Entre attaques armées nocturnes et recours à la justice populaire, la situation suscite de vives préoccupations au sein de la population, qui appelle au renforcement des dispositifs sécuritaires et à des actions concrètes des autorités pour restaurer la paix et la confiance.
Junior Kasamba/Congo Profond
Genre
RDC : appuyé par IPAS, ONU FEMME et UNFPA, le sous-groupe thématique Violences Basées sur le Genre valide son plan d’action national 2026
Avec l’appui de l’IPAS, ONU FEMME, l’UNFPA et l’ambassade du Canada en RDC, le sous-groupe thématique Violences basées sur le Genre (VBG) a tenu, ce jeudi 07 mai 2026, à Béatrice Hôtel à Kinshasa, sa reunion mensuelle de mars. Au cours de cette session, partenaires, acteurs étatiques, société et autres participants ont à l’unanimité, validé le plan d’action national pour une société plus juste, protectrice et égalitaire.

« Compte tenu de ce qui se passe en matière de violences dans notre pays, chaque mois nous nous réunissons avec tous les acteurs, qui luttent contre les violences basées sur le genre pour échanger, monter des stratégies en vue de lutter réellement contre ces violences », a expliqué Cécile Tshibanda, Directrice générale de l’Agence Nationale de lutte contre les Violences Faites à la Femme et à la Jeune et Petite Fille (AVIFEM).

« Aujourd’hui, comme vous pouvez vous en rendre compte, on avait une réunion au cours de laquelle on devait valider notre plan d’action national et ce qui a été fait. Et nous l’avons fait avec l’appui de l’ONU Femmes, de UNFPA, de l’ambassade du Canada et de l’IPAS », a précisé Cécile Tshibanda, à l’issue de ce rendez-vous.
À en croire la présentation de ce plan d’action, il vise à renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre à travers une coordination efficace, un plaidoyer stratégique, une mobilisation accrue des partenaires, et un renforcement des capacités institutionnelles, afin de réduire l’impunité, améliorer la prise en charge des victimes et promouvoir la masculinité positive dans les politiques publiques d’ici fin 2026.

« Ce plan d’action national garantit une prise en charge multidisciplinaire des survivant(e)s, couvrant les besoins médicaux, psychologiques, judiciaires et socio-économiques. Il implique les acteurs étatiques, la société civile, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les communautés locales pour une meilleure appropriation », confie une note explicative.
Dans son approche, il vise à coordonner les actions, harmoniser les outils et renforcer les capacités des acteurs nationaux et provinciaux. Il assure la mise en conformité des lois nationales avec les instruments internationaux, renforçant la lutte contre l’impunité et engage les hommes et les décideurs à transformer les dynamiques de genre, servant de levier pour briser le cycle de la violence.

Partenaire technique du gouvernement dans cette lutte et organisateice de cette activité, IPAS se fixe comme vision de contribuer à l’avènement d’une RDC où chaque femme et chaque jeune fille a le droit, le pouvoir et les capacités d’agir en faveur de sa santé reproductive, de son éducation et de sa profession, gage de son autonomisation.
Exaucé Kaya
