Actualité
“Vous prenez un grand risque” : le flagrant délit de mensonge des deux renseignants met la Cour militaire en alerte
Dès l’entame à 13h40 de cette audience du 16 Avril 2026 du procès “des enfants Mushobekwa”, l’atmosphère feutrée de la Cour militaire de Kinshasa s’est brutalement tendue lors des auditions de Claudien Lifoma Likulia âgé de 18 ans et de Sakina R. Présentés comme les pivots de cette nuit du 21 décembre 2025, les deux jeunes tourtereaux – majeur et mineur – ont livré des déclarations si confuses et évolutives que le Premier Président de la Cour a été contraint de suspendre l’audition pour un rappel à l’ordre cinglant.
“Si nous étions en présence de majeurs, il y aurait eu un autre procès pour mensonge devant cette Cour”, a tonné le magistrat, visiblement irrité par les silences gênés et les contorsions sémantiques de Mademoiselle Sakina. Interrogée sur sa capacité à distinguer les cris de douleur des enfants frappés dehors, la jeune fille, pourtant âgée de 17 ans et demi, a longuement soutenu ne pouvoir “rien distinguer”, avant de se rétracter sous la pression du Président qui rappelait ses précédentes dépositions où elle évoquait des “cris de pleurs”.
L’incohérence la plus flagrante a porté sur la nature des relations entre Sakina et Claudien Likulia ainsi que sur leurs échanges postérieurs aux faits. Alors que Claudien Lifoma Likulia affirmait n’avoir jamais repris contact avec Sakina après avoir été roué de coups – car “elle avait comme les autres filles tout entendu” –, l’audience a révélé une tout autre réalité. Pressée de questions par le Président sur ses fréquentations depuis l’incident, Sakina a fini par avouer, non sans une gêne palpable, qu’elle s’était rendue “plusieurs fois” dans la concession des Likulia pour prendre des nouvelles de Claudien.
Un aveu accablant qui contredit frontalement la version du jeune homme et dépeint une complicité maintenue bien au-delà de la simple camaraderie. Cette relation post-traumatique privilégiée contraste brutalement avec le sort réservé à Malaïka, la fille de Philémon Mambabwa et “meilleure amie” de Sakina, avec qui les échanges sont désormais strictement limités à des “messages texte au téléphone”. L’attitude des deux renseignants a été perçue par la Cour comme une tentative manifeste de minimiser leur propre rôle dans l’organisation de la rencontre nocturne clandestine.
Si Sakina a reconnu s’être entendue avec Malaïka et Léonnie pour “tromper” Philémon Mambabwa, elle s’est enfermée dans un mutisme sélectif dès qu’il s’agissait de décrire la brutalité policière. Son utilisation du terme “brut” pour qualifier l’action des agents – terme qu’elle a refusé d’assimiler à “brutalité” ou “violence” – a suscité l’ironie mordante du Premier Président : “Vous ne parlez pas lingala et vous n’êtes jamais allée au marché, d’où tenez-vous ce mot ?”. Cette tentative de dédouanement aérien, couplée aux mensonges par omission, a placé les deux témoins dans une position juridiquement inconfortable, sauvés in extremis par leur statut de mineur pour l’une et de jeune majeur pour l’autre.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Kasaï-Central : 150 policiers de la PNC élevés au rang de sous-officiers lors d’une cérémonie officielle à Dibaya
Dans le territoire de Dibaya, au Kasaï-Central, la Police nationale congolaise (PNC) a procédé, le lundi 1er juin 2026, à la reconnaissance officielle des grades de 150 policiers récemment promus. Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale d’élévation en grade des sous-officiers, visant à renforcer la motivation, la discipline et l’efficacité au sein des unités de police.
La cérémonie s’est tenue sur la Place de l’Indépendance, située dans le quartier Mitengu, à Tshimbulu, chef-lieu du territoire de Dibaya. L’événement a réuni les autorités policières locales, les agents concernés ainsi que les familles venues partager ce moment symbolique de reconnaissance et de valorisation du service rendu à la nation.
Au total, 150 policiers ont été élevés à différents grades, notamment ceux d’adjudant-chef, sous-commissaire, sous-commissaire adjoint, brigadier et agent de police. Cette promotion collective traduit la volonté de la hiérarchie policière de récompenser les efforts fournis sur le terrain dans l’accomplissement des missions de sécurité publique.
Prenant la parole, le commissaire de la police de Dibaya, Denis Mwamba, a salué cette vague de promotions qu’il a qualifiée de reconnaissance méritée du travail accompli par les agents. Il a souligné que cette élévation doit constituer un nouveau départ, marqué par davantage de rigueur et de responsabilité.
Il a, à cette occasion, exhorté les nouveaux promus à faire preuve de professionnalisme, de discipline et d’engagement constant au service de la population. Selon lui, ces valeurs demeurent essentielles pour renforcer la confiance entre la police et les citoyens, ainsi que pour garantir une meilleure sécurité dans le territoire.
Les bénéficiaires ont, de leur côté, exprimé leur gratitude envers la hiérarchie de la PNC et les autorités compétentes pour la confiance placée en eux. Ils ont réaffirmé leur engagement à servir avec loyauté et détermination, en vue d’assurer efficacement la protection des personnes et de leurs biens à Dibaya.
Mike Tyson Mukendi
