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Actualité

“Donnez-leur une petite correction” ou “Sortez-les et gardez-les” : Confrontation radicale entre le récit des enfants Mushobekwa et la version des policiers

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L’audience de ce jeudi 16 Avril 2026 a été le théâtre d’une confrontation saisissante entre la parole des victimes présumées et celle des agents de sécurité commis à la résidence de Philémon Mambabwa. Au cœur de ce duel de versions, un enjeu sémantique crucial : les mots exacts prononcés par Philemon Mambabwa lorsque les trois garçons ont été extraits de la salle de bain où ils s’étaient réfugiés.

Claudien Likulia maintient avec fermeté avoir entendu Philémon Mambabwa ordonner aux policiers : “Donnez-leur une petite correction”. Une phrase qui, selon lui, a immédiatement justifié le déferlement de violence qui s’en est suivi : coups de câbles électriques, ligotage et séance de torture d’une vingtaine de minutes. Sakina, pourtant présente, a livré une version bien plus floue, traduisant l’injonction par un simple “Prenez-les et sortez avec eux”, tout en concédant que l’expression utilisée “ressemblait” à celle évoquée par Claudien.

Face à ce récit accablant, les deux policiers présents à la barre, Aaron et son collègue, ont opposé un démenti catégorique et une version des faits radicalement différente. Selon eux, Philémon Mambabwa n’a jamais proféré l’ombre d’une menace ou d’un ordre de violence. La consigne était strictement fonctionnelle : “Prenez-les et gardez-les où vous êtes. Je veux voir leurs parents au matin”. Les agents ont soutenu que les trois jeunes gens n’avaient subi aucune brutalité entre leur sortie du salon et leur placement dans la guérite.

Mieux, ils ont décrit une scène quasi-domestique où, entre 5h et 7h du matin, les garçons regardaient paisiblement France 24 à la télévision en attendant l’arrivée de leurs parents. Une déclaration qui se heurte violemment aux constatations médicales et aux photos des ecchymoses présentées par la partie civile. Interrogé sur l’origine de ces blessures, le policier Aaron a émis l’hypothèse pour le moins provocatrice : “Ces photos, ils les ont faites chez eux. C’est leur maman qui a fait ça ?”.

La confrontation a également mis en lumière une divergence fondamentale sur le comportement des protagonistes. Claudien a décrit une extraction musclée menée par six policiers, deux par enfant, et une première vague de coups assénée dès le garage. Le policier Aaron, ceinture marron de karaté, a pour sa part justifié une intervention physique minimale par l’attitude “agitée à cause de Doley contenant du Whisky bu par le fils majeur de Madame Marie-Ange Mushobekwa” et “résistante” de Claudien, qui aurait proféré des menaces en se réclamant du statut de “fils de général et de la Ministre”.

Aaron a mimé à la barre un geste de maîtrise par le pantalon, niant fermement tout coup porté. La Cour se retrouve ainsi face à deux narrations irréconciliables : d’un côté, une scène de torture nocturne minutée ; de l’autre, une banale opération de maintien de l’ordre dans l’attente d’une confrontation parentale. La vérité judiciaire devra trancher entre le cri de douleur des enfants et le silence revendiqué par les gardiens.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Politique

Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle

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En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.

Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.

Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.

Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.

En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.

En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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