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Violence conjugale, une arme silencieuse qui tue les femmes en RDC

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La violence conjugale est une violence exercée par un des conjoints sur l’autre, au sein d’un couple, s’inscrivant dans un rapport de domination et se distinguant des disputes conjugales entre individus égaux. A Kinshasa, plusieurs femmes meurent de violences dans le silence, selon Beatrice Lomeya, ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant.

Dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa, nous avons fait la rencontre de Blandine.

En 13 ans de mariage, Blandine a déjà quitté son toit conjugal plus de deux fois à cause de la maltraitance que lui infligeait son mari. Malgré cela, elle revenait chaque fois à cause de ses enfants car, elle n’avait pas le droit de les voir en dehors du toit conjugal.

Charles, l’époux de cette jeune dame de 36 ans, n’a jamais voulu que celle-ci travaille. Pour lui, la place de la femme c’est à la maison, dans la cuisine. Et pourtant, Blandine est une femme qui a fait des études universitaires. « Mon mari m’a poussée à bout et je suis partie. Il est venu me supplier plusieurs fois. Je lui ai accordé une seconde chance mais hélas il est resté égal à lui-même, jaloux et violent. Il ne veut pas me voir épanouie. Chaque fois que je veux faire une activité lucrative, ou chercher un travail, il me met toujours des bâtons dans les roues. Il m’accuse à tord de lui être infidèle. Dans notre culture (LUBA), lorsqu’une femme se marie, c’est pour la vie. Quelles que soient les situations que l’on vivra. Ma famille, m’a dit de supporter car le mariage n’est pas que rose. J’ai déjà parlé avec un avocat qui m’a conseillé de quitter d’abord sa maison, ainsi il pourrait m’aider. Je me condamne parfois car je lui ai laissé le temps de me manipuler. J’ai toujours été dépendante de lui, alors il se croit tout permis. Actuellement, c’est encore pire. Je ne le désire plus et lui ne se gène pas de me prendre par la force, parfois il me bat et dit aux enfants que maman veut nous abandonner. Il retourne mes enfants contre moi. J’ai mal », s’est confiée Blandine.

Selon la tradition congolaise, la femme doit rester à la maison pour s’occuper des enfants et entretenir la maison. Elle subit le poids des us et coutumes qui lui imposent le silence face à la violence. Elle se sacrifie souvent à cause des ses enfants et de sa famille.

Nancy, une autre femme qu’on a rencontrée à Kasa-Vubu par contre, n’a pas supporté les injures, les humiliations et les bastonnades de son mari. Elle n’a pas hésité de le quitter, car devenant de plus en plus violent. Elle estimait que les difficultés financières, le stress dû à l’état de santé de son mari qui ne leur permettait pas de procréer pourraient justifier son comportement. « Je craignais plus pour la santé de ma fille (une fille issue de sa première union). A cause de sa brutalité et insultes à répétition, la petite était traumatisée. Lorsqu’il n’avait pas d’argent, il devenait très violent. Coucher avec lui c’était ma façon de remplir mon devoir conjugal, mais, en réalité mon cœur n’y était plus. A cause des coups et blessures, j’ai été deux fois hospitalisée. En dépit de tout cela, je n’avais jamais porté plainte. Mais le jour où il m’a battuea et a failli me crever un œil, alors je l’ai menacé en lui disant que j’irai raconter tout ce que je vivais à son employeur. Depuis ce jour, il avait arrêté de me battre. Quand j’ai quitté sa maison, il a essayé vainement de me reconquérir », témoigne Nancy, victime des violences conjugales.

(Les noms des survivantes sont des noms d’emprunt)

Les avis des experts

Les histoires de Blandine et Nancy sont légions. Plusieurs femmes et enfants acceptent ce calvaire sans le dénoncer.

« Nous encourageons les femmes qui dénoncent. La plupart viennent avec l’idée de chercher de l’aide afin que leurs maris changent de comportement. Nous orientons certaines vers un psychologue ou un médecin. Si non ce sont les avocats qui s’en occupent. Après la prise en charge par les spécialistes, si les choses s’améliorent, nous organisons une cérémonie de réconciliation familiale», a fait savoir Julie Kay, assistante psychosociale à la Lizadeel.

Pour Maitre Alexandra Lukonde Muleka, elle-même ancienne victime des violences conjugales, une femme battue n’a plus d’estime de soi, elle perd toute confiance en elle-même et la meilleure façon de l’aider à reprendre confiance en elle, c’est de la rendre autonome.

« Il est vrai que dans la société congolaise, la femme a des restrictions que le poids social de la tradition lui impose. Les us et coutumes ont tendance à donner plus de libertés aux hommes. Ainsi, les violences conjugales constituent une arme qui tue silencieusement. Les victimes ne dénoncent pas parfois à cause de l’ignorance de leurs droits. La loi en ce qui concerne les violences conjugales n’est pas très claire, comparativement à d’autres formes de violences. Il serait mieux que le législateur mette en place une disposition qui condamne clairement les violences conjugales. La justice existe pour la réparation », nous a confié l’avocate.

Maitre Alexandra Lukonde Muleka souhaite qu’il y ait un tribunal qui traite uniquement les cas des violences sexuelles basées sur le genre par des magistrats bien formés.

Le gouvernement a, quant à lui, mis en place à travers le ministère du Genre, un numéro vert, le 122, pour dénoncer toutes les formes des violences.

A Kinshasa, les femmes continuent à endurer des choses atroces dans leurs couples et malheureusement, il y en a beaucoup qui en meurent. D’où la nécessité de voir leurs droits être défendus.

Après notre entretien, Blandine a décidé d’aller trouver une organisation des défenses des droits des femmes.

Elda Along/congoprofond.net


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Médias : Le programme des obsèques de la journaliste Gladys Bwongo Bakana

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Jeudi 9/02/2023

21h00 : Arrivée du corps à l’aéroport international de N’Djili en provenance de Bruxelles

Vendredi 10/2/2023

22h00 : Nuit funèbre à la salle Happyday New Look à Kintambo sur l’avenue Lusambo non loin du Stade Velondrome

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9h00 : Levée du corps de la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire, pour exposition à l’espace Ave Maria non loin de l’hôpital du cinquantenaire

L’enterrement interviendra juste après à la nécropole « Chemin du paradis » à Mitendi

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Pour la famille

Thierry Bwongo Nziani


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