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Analyses et points de vue

Une éventuelle succession au Sénat et ses conséquences pour la RDC

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La RD Congo se trouve à un carrefour politique délicat, marqué par le retard inexpliqué des élections du bureau définitif du Sénat et des rumeurs persistantes autour de la probable candidature de Roger Tshisekedi Ilunga, frère biologique du président Félix Tshisekedi, au poste de président du Sénat, faisant de lui le numéro 2 du régime.

Cette perspective soulève des questions cruciales sur les conséquences possibles d’une telle nomination, tant sur le plan politique que social, et pourrait avoir des répercussions profondes pour le pays. Si Roger Tshisekedi accède à la présidence du Sénat, cela pourrait entraîner une concentration du pouvoir au sein d’une même famille, ce qui soulève des inquiétudes quant à la démocratie en RDC.

Cette situation pourrait être perçue comme un népotisme flagrant, renforçant l’idée d’une oligarchie familiale au pouvoir. Une telle dynamique pourrait engendrer un mécontentement populaire, exacerber les tensions politiques et alimenter des rivalités internes. La nomination de Roger Tshisekedi à un poste aussi influent pourrait également créer des tensions au sein des différentes factions politiques du pays.

Les opposants pourraient voir cette situation comme une manœuvre visant à renforcer le contrôle du pouvoir par la famille Tshisekedi, incitant des mouvements de contestation et des mobilisations populaires. Ce climat d’instabilité pourrait entraîner des manifestations, des violences et, dans le pire des cas, une crise politique majeure.

Un autre risque majeur est celui de l’établissement d’une succession dynastique. Si Roger Tshisekedi venait à devenir président du Sénat, on pourrait craindre que sa candidature à la présidence de la République soit envisagée dans un avenir proche. Cela poserait la question de la légitimité démocratique et de l’adhésion du peuple congolais à une telle transition.

La perception d’un passage de pouvoir au sein d’une même famille politique et biologique pourrait susciter un rejet populaire, avec des conséquences potentiellement graves pour la stabilité du pays. Une telle situation pourrait attirer l’attention de la communauté internationale, qui pourrait percevoir la RDC comme un pays en dérive vers un régime autoritaire.

Cela pourrait entraîner des sanctions diplomatiques, des retraits d’aide ou une pression accrue pour des réformes démocratiques. La crédibilité du pays sur la scène internationale pourrait en pâtir, aggravant les défis économiques et sociaux déjà présents. Le retard des élections du bureau définitif au Sénat et la nomination potentielle de Roger Tshisekedi pourraient également influencer le déroulement des prochaines élections générales.

Les opposants politiques pourraient en profiter pour galvaniser leurs bases et appeler à un boycott des élections, mettant ainsi en péril la légitimité du processus électoral. Cela pourrait également entraîner une désillusion croissante vis-à-vis des institutions démocratiques, conduisant à un désintérêt général pour la politique et une baisse de participation électorale.

Les conséquences économiques d’une telle situation ne doivent pas être sous-estimées. L’instabilité politique pourrait décourager les investisseurs, nuisant à la croissance économique et aggravant la pauvreté dans un pays déjà confronté à des défis considérables. Une crise politique prolongée pourrait également perturber les services publics, exacerber les tensions sociales et mener à une recrudescence des conflits armés.

La possibilité de voir Roger Tshisekedi accédé à la présidence du Sénat de la RDC soulève des enjeux complexes et potentiellement dangereux pour l’avenir politique du pays. La concentration du pouvoir au sein d’une même famille, les risques d’instabilité politique, les réactions de la communauté internationale et les conséquences socio-économiques sont autant de facteurs qui doivent être pris en compte.

Dans un climat déjà fragile, il est impératif que les acteurs politiques congolais agissent avec prudence et responsabilité pour éviter que la RDC ne bascule dans une crise que nul Congolais ne souhaite vivre. La démocratie et la stabilité du pays doivent primer sur les intérêts personnels et familiaux, afin de garantir un avenir pacifique et prospère pour tous les Congolais.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)

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Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.

Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.

En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.

CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.

Le Processus de Réinsertion

Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.

A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.

Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.

Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.

Suivi psychologique pour les violences

Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.

La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.

Zagor Mukoko Sanda

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