Analyses et points de vue
La semaine anglaise : Une illusion dans le vortex de la pauvreté en RDC
Dans un contexte où la RD Congo est confrontée à une pauvreté endémique et à des défis socio-économiques sans précédent, la décision du VPM de la Fonction publique Jean-Pierre Lihau Ebua Kalokola Monga Libana de réduire le temps de travail en adoptant la semaine anglaise semble à première vue être une mesure audacieuse.
Cependant, un examen plus approfondi révèle que cette initiative s’apparente davantage à un non-sens qu’à une solution viable. La RDC, riche en ressources naturelles, est paradoxalement plongée dans une misère qui touche une majorité de sa population. Les infrastructures sont en ruine, les services publics sont inexistants, et l’accès à l’éducation et à la santé reste un luxe pour la plupart.
Dans ce cadre, réduire le temps de travail pourrait sembler déplacé, voire irresponsable. Les Congolais, dont beaucoup luttent déjà pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, pourraient se demander : comment cette mesure va-t-elle réellement améliorer leur quotidien ? La semaine anglaise préconise une réduction du temps de travail à 35 heures par semaine.
Elle est souvent présentée comme un moyen d’améliorer la qualité de vie des travailleurs. Cependant, dans un pays où l’emploi formel est rare et où l’économie informelle prédomine, cette mesure apparaît comme une chimère. Les travailleurs congolais, souvent contraints d’accepter des conditions de travail précaires, ne bénéficieront guère d’une telle réforme.
Au contraire, elle risque d’accentuer les inégalités, en excluant les plus vulnérables du marché du travail. Adopter un modèle de travail inspiré de pays développés sans prendre en compte le contexte socio-économique local est un exercice d’aveuglement. La RDC a besoin de politiques qui répondent à ses réalités, plutôt que d’imiter des modèles qui ont fait leurs preuves ailleurs.
La bureaucratie semble se complaire dans des réformes qui, bien qu’attrayantes sur le papier, n’ont aucun impact tangible sur la vie des Congolais. En se concentrant sur une réduction du temps de travail, le VPM de la Fonction publique Jean-Pierre Lihau risque de détourner l’attention des véritables problèmes : le chômage, la corruption, et l’absence de services publics de base.
Les Congolais ne réclament pas des heures de travail réduites dans un vide économique ; ils aspirent à des emplois décents, à une meilleure rémunération, et à un accès aux services essentiels. La décision de réduire le temps de travail en RDC, toute séduisante qu’elle puisse paraître, constitue une réponse inappropriée aux défis urgents auxquels le pays est confronté.
Plutôt que de s’engager dans des réformes symboliques, il serait plus judicieux que le gouvernement congolais concentre ses efforts sur la création d’emplois, l’amélioration des infrastructures et la lutte contre la pauvreté. La semaine anglaise, dans son application en RDC, ne sera qu’un mirage dans le désert de la misère et de l’incompréhension.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
