Sécurité
Un nouveau protocole signé à Aru : les groupes armés s’engagent pour la paix en Ituri
Deux ans après la première entente, un nouveau protocole d’accord a été paraphé ce samedi juin 2025 à Aru. Six groupes armés ont apposé leur signature sur ce document, qu’ils considèrent comme un acte de patriotisme et un engagement clair en faveur de la paix, condition indispensable pour espérer un développement harmonieux de la province de l’Ituri.
Les groupes FRPI, URDPC/CODECO, FPIC, MAPI, AUTODÉFENSE et CHINI YA TUNA, réunis du 23 au 28 juin 2025 dans la salle du Lycée Adia Lemi à Aru, se sont exprimés avec responsabilité devant les autorités provinciales, la MONUSCO et les représentants communautaires et sociaux.
Dans la déclaration finale, ces groupes prennent solennellement les engagements suivants :
1. Mettre fin à toute forme de violence dirigée contre les civils, les forces de défense et de sécurité, conformément aux lois nationales et conventions internationales en vigueur ;
2. Garantir la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble de la province ;
3. Créer les conditions favorables au retour des déplacés et au rapatriement volontaire des réfugiés;
4. S’abstenir de toute instrumentalisation communautaire des conflits ;
5. Renoncer à toute violence à l’encontre des femmes, des filles et des enfants ;
6. Ne pas faire obstacle au retour des chefs coutumiers à leurs postes respectifs, pour assurer un fonctionnement normal de l’administration locale ;
7. S’interdire de circuler avec des armes ou des effets militaires ;
8. Formaliser leur adhésion au processus de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation (P-DDRCS) ;
9. Libérer les enfants enrôlés dans leurs rangs ;
10. Se tenir prêts à contribuer, de manière légale, à la défense nationale ;
11. Respecter le droit international humanitaire, en particulier la protection des personnes déplacées, et éviter toute présence armée dans les sites de déplacés ;
12. Se prémunir contre toute forme d’instrumentalisation ou de manipulation, qu’elle vienne de l’intérieur ou de l’extérieur, et dénoncer les auteurs d’instabilité pour qu’ils soient traduits en justice.
Dans leur déclaration, les signataires appellent les leaders de toutes les communautés à faire du pardon et du vivre-ensemble les fondations d’une paix véritable, reposant sur les principes de justice transitionnelle. Ils en appellent également aux autorités compétentes pour un accompagnement efficace dans la mise en œuvre de la feuille de route issue des assises.
Sauf changement de dernière minute, les échanges devraient reprendre samedi prochain avec la participation attendue des groupes armés et de l’association culturelle Ente, qui avaient suspendu temporairement leur implication dans le processus.
Verite Johnson/Congoprofond.net
Sécurité
Haut-Katanga : la police annonce une enquête criminelle sur le double meurtre d’un géologue et son chauffeur
La Police nationale congolaise a annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle après le double meurtre du géologue et homme d’affaires Dominique Sambwa et de son chauffeur, survenu sur l’axe routier Likasi-Kambove, dans la province du Haut-Katanga. Ce drame continue de susciter de vives réactions et une profonde indignation au sein de l’opinion publique.
Pour faire la lumière sur les circonstances de ce crime et établir les responsabilités, les autorités sécuritaires se sont mobilisées. Des responsables de la police, des FARDC ainsi que d’autres services de sécurité se sont rendus sur le lieu du drame ce lundi 04 mai afin de constater les faits et de s’imprégner des premiers éléments de l’enquête.

Selon le porte-parole de la police, Charles Lwamba, le géologue Dominique Sambwa et son chauffeur ont été abattus par balles samedi 02 mai par des hommes armés non encore identifiés. L’attaque s’est produite à environ 18 kilomètres d’une carrière minière, dans la localité de Bungu-Bungu, alors qu’ils se dirigeaient vers Likasi.
Le drame s’est déroulé en pleine brousse, dans une zone où les conditions routières sont jugées précaires. Après leur arrivée, la police et la 22e région militaire ont procédé au constat des lieux et analysé les premiers éléments recueillis.
À cette occasion, le commissaire divisionnaire de la police a recommandé aux opérateurs économiques et aux personnalités exposées de solliciter l’escorte des forces de l’ordre lors de déplacements jugés sensibles, ou d’évaluer les risques avant d’entreprendre des voyages par route.
Selon lui, l’état dégradé de la route, caractérisé par de nombreux nids-de-poule et dos-d’âne naturels, aurait facilité l’attaque en contraignant le véhicule à ralentir.
« Tous les éléments étaient réunis pour favoriser l’assaillant. La route impose des ralentissements dont les criminels ont profité pour passer à l’acte. Une escorte sécuritaire aurait pu être envisagée dans le respect des conditions prévues par la loi », a déclaré le général Blaise Kilimbalimba, appelant la population à prendre au sérieux les alertes sécuritaires.
Sur les réseaux sociaux, ce double meurtre fait l’objet de nombreuses interprétations. Si certains appellent à laisser l’enquête établir les faits, d’autres avancent l’hypothèse d’un assassinat lié à des informations sensibles que la victime détiendrait sur des affaires de pillage des minerais du Katanga, évoquant notamment une plainte déjà déposée devant la justice belge.
Patient M. MBY
