Sécurité
Paix et réconciliation en Ituri : le Général Raüs Chalwe porte le message fort du dialogue d’Aru II
Après six jours d’échanges intenses à Aru, le Vice-Gouverneur de l’Ituri, le commissaire divisionnaire principal Raüs Chalwe, a clos le samedi 28 juin 2025, les travaux du deuxième dialogue intercommunautaire. Dans une salle pleine, empreinte d’émotions, il a livré un message fort d’espoir, de responsabilité collective et d’engagement pour un avenir sans violence.
« Oui, les blessures sont encore profondes, la méfiance subsiste… mais ce dialogue a démontré que la paix n’est pas un rêve lointain, elle est à notre portée si nous le décidons ensemble », a déclaré le Vice-Gouverneur sous un ton ferme mais apaisé.
Ce rendez-vous, qualifié de moment historique, a réuni représentants des communautés, chefs coutumiers, leaders religieux, autorités civiles et militaires, ainsi que des membres de groupes armés ayant accepté de troquer les fusils contre le dialogue.
Dans un geste fort de recueillement, une minute de silence a été observée en mémoire des victimes des violences en Ituri, notamment les onze personnes tuées récemment au site de déplacés de Djangi. Le Vice-Gouverneur a promis que justice sera rendue.
« Cet acte ne restera pas impuni. Une enquête judiciaire est en cours », a-t-il rassuré.
Au-delà de la compassion, le Vice-Gouverneur a lancé un appel solennel à ceux qui portent encore les armes, les invitant à rejoindre le processus du P-DDRCS (Programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion Communautaire et Stabilisation).
« L’Ituri a besoin de vous, non comme porteurs d’armes, mais comme bâtisseurs d’une société nouvelle », a-t-il insisté, dans un message direct à l’endroit des groupes encore actifs.
Des avancées et des promesses
Pendant six jours, les discussions ont permis de poser à plat les causes profondes des conflits : accès aux terres, inégalités, marginalisation… Mais elles ont aussi permis de proposer des pistes concrètes, avec un engagement partagé à bâtir une paix durable.
« Nous avons semé la graine de la paix. À nous d’en prendre soin, jusqu’à ce qu’elle devienne un arbre sous lequel nos enfants vivront en harmonie », a imagé le Vice-Gouverneur, évoquant le célèbre baobab de Boma comme symbole d’héritage pour les générations futures.
Le commissaire divisionnaire principal Raüs Chalwe a également tenu à saluer l’engagement du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, pour sa volonté politique affirmée en faveur de la paix à l’Est du pays. Il a remercié les autorités provinciales, les FARDC, la MONUSCO, les agences des Nations Unies, les ONG et les forces vives locales pour leur rôle décisif dans la réussite des assises.
Cap sur l’avenir
Dans un dernier message empreint d’émotion, il a invité tous les participants à retourner dans leurs communautés respectives avec un esprit de réconciliation, de tolérance et d’unité.
« Que nos cœurs se désarment de toute haine, que nos mains œuvrent ensemble à l’édification d’une Ituri paisible, prospère et unie », a-t-il conclu, avant de déclarer officiellement clos le Dialogue d’Aru II.
Un moment de rupture ? Peut-être. Mais surtout, une promesse partagée qu’en Ituri, la paix peut redevenir une réalité.
Verite Johnson/Congoprofond.net
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
