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Un Congolais détenu à Kigali dans une affaire de trafic d’ivoires

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Une année s’est récemment écoulée et une autre a bel et bien commencé, depuis que Nicodème Bagabo, un sujet congolais, est en détention à Kigali(Rwanda). C’est le 27 octobre 2021 que cet ancien diplômé en Santé Publique, Université Officielle de Bukavu (UOB) et natif de Birava, dans le Sud-Kivu, a été appréhendé sur le territoire rwandais, en compagnie des deux cadres de la Société Internationale d’Electricité des Pays des Grands Lacs (SINELAC), dont deux sujets Rwandais (Désiré Murokozi) et un Burundais (Cyriaque Kaburaburyo), pour trafic des produits issus du braconnage.  Selon Rwanda Investigation Bureau (RIB), rapporté par le journal Imvaho Inshya, ils ont été arrêtés alors qu’ils venaient d’entrer sur le territoire rwandais avec 45 kg de défenses d’éléphants (ivoires). Un autre sujet rwandais, Derrick Gisa, certainement ami ou collaborateur de D.Murokozi, fait aussi partie des personnes appréhendées pour cette cause.

Marié à Mapenzi  depuis 7 ans, Nicodeme Bagabo est tenancier d’une officine pharmaceutique et consultant auprès de quelques ONGs locales et internationales du Sud-Kivu. C’est en qualité de consultant qu’il avait, autrefois fait connaissance de deux cadres susmentionnés de la SINELAC, une organisation intergouvernementale de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) entre la RDC, le Rwanda et le Burundi  et qui a une casquette diplomatique. C’est peut-être celle-ci dont s’est servi D. Murokozi, un sujet rwandais et cadre de la SINELAC, pour s’investir dans ce trafic de défenses d’éléphant dont la traçabilité n’est pas aisée jusqu’à maintenant.

En effet, Nicodème est propriétaire terrien en territoire de Kabare, dans le village de Birava. Il a des concessions où il espérait extraire certains minerais, notamment l’or. Pour en arriver là, il s’est confié à son ami burundais, C. Kaburaburyo afin d’aller acquérir les fameux détecteurs de minerais à Kigali, auprès d’un fournisseur que Désiré avait promis de leur trouver dans son propre pays. A noter que celui-ci était Chef Financier de la SINELAC et chef hiérarchique de C. Kaburaburyo qui jusque-là exerçait les fonctions d’auditeur. Ce qui est sûr est que la marchandise illicite a été embarquée depuis Bukavu, cette ville qui héberge aussi les bureaux de la SINELAC et seul D. Murokozi en connaissait l’origine et la valeur. Ayant appris que son subalterne burundais C. Kaburaburyo) et l’ami de ce dernier voulaient se rendre à Kigali pour l’acquisition des détecteurs de minerais, il a leur a proposé un lift, à bord d’une jeep avec immatriculation CD (Corps Diplomatique) qu’il espérait utiliser afin de faire traverser son colis. Ce qui fait que, d’après les témoignages recueillis à Bukavu auprès des sources proches du dossier, C. Kaburaburyo et N.Bagabo n’étaient au courant de rien quant à la marchandise illicite, d’autant plus qu’elle était conservée dans un sac à mains que portait D. Murokozi, lui-même au volant de la jeep. Après avoir traversé presqu’aisément le poste frontalier de la Rusizi, donnant sur le Rwanda à partir de Bukavu, la jeep avait été appréhendée aux abords de Kigali. Chose étonnante, c’est encore D. Murokozi qui a crié au loup, alertant les services de sécurité rwandais, par d’autres agents secrets qui apparemment lui sont familiers.  D’où des zones d’ombre qui persistent sur la motivation de D.Murokozi.

Dans un premier scenario qui pourrait se dessiner, on croit qu’il a été floué, ou driblé, par de potentiels acheteurs de sa marchandise qui ont coopéré avec les agents de sécurité rwandais.

Le deuxième scenario probable fait croire à un coup monté par D. Murokozi afin de se servir de ses deux compagnons d’infortune pour faire traverser sa marchandise, quitte à mettre ces derniers dans le pétrin. Le troisième scenario imaginable fait croire que D.Murokozi a joué au sapeur-pompier, profitant de la naïveté de ses deux compagnons à qui il voulait également régler les comptes. Dans tous les trois cas, il y avait, dans son for interne, cette intention de nuire.

L’interprétation des faits, pendant et après l’arrestation, laisse entrevoir cette persistance du flou dans la gestion de dossier en question. Le jour-même de l’arrestation, Désiré a été démis de ses fonctions par son propre pays, pendant que C. Kaburaburyo a été maintenu à son poste pendant 6 mois, le temps d’en finir avec ses démêlés judiciaires. Son pays a même diligenté un avocat pour l’assister. Quant à Nicodème, sans assistance ni de la SINELAC dont il n’est pas agent, encore moins de son pays, seule sa famille sa bat comme un diable dans un bénitier pour clamer son innocence. A la suite de leur interpellation, D. Murokozi aurait promis de l’argent à N. Bababo pour que ce dernier certifie que la marchandise saisie appartenait à C. Kaburaburyo, ce qu’il n’a pas accepté de faire. Néanmoins, sous les effets de la torture, la police rwandaise a extorqué à N. Bagabo des témoignages de consentement où il affirmé être propriétaire de la marchandise. Une vidéo aurait même été produite à cet effet et les médias rwandais en avaient fait les choux gras, images à l’appui.

Alors que les autorités pénitentiaires exigeaient de N. Bagabo une somme de 10 000 $ US pour sa liberté provisoire, on apprenait que D. Murokozi en avait proposé jusqu’à 15 000$ US pour sa propre liberté provisoire qui lui a été refusée.

Entretemps, la SINELAC a décliné toute responsabilité dans ce dossier qui n’engageait ses deux cadres qu’à titre individuel et quelques jours après leur arrestation, a dépêché un chauffeur sur Kigali pour récupérer sa jeep.

Au regard de la situation en présence, les hommes de droit, les corps diplomatiques et les autorités congolaises-notamment le Ministère des Affaires Etrangères et l’Ambassade de la RDC à Kigali, sont appelés à agir. Ils se doivent d’entrer en dialogue avec Kigali pour en savoir plus et tirer cette affaire au clair, dès lors que la vie d’un compatriote se trouve en danger.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril

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L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.

D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.

Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.

Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.

Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET 

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