Infrastructures
Tshikapa : Démolition de maisons à Kanzala suite au non-respect des mesures municipales
La ville de Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, a bénéficié de 15 kilomètres de voirie dans le cadre du projet Tshilejelu. Plusieurs avenues du centre-ville ont été ciblées, notamment Likasi, Likasi bis, Kabangu, ainsi que l’aménagement du rond-point Six Heures.
Les travaux ont commencé par la construction d’un collecteur d’eau longeant ces avenues, ce qui a conduit à la démolition de plusieurs maisons construites de manière anarchique. Selon le ministre provincial des Infrastructures, Pierre Muamba, chaque avenue doit respecter un gabarit de 15 mètres pour inclure la chaussée, le collecteur et les trottoirs.
Cette situation découle du non-respect des mesures arrêtées par la bourgmestre de la commune de Kanzala, Esther Badibiabia Tueleka, depuis sa nomination. Elle avait initié une série de décisions visant à faire respecter le plan cadastral de la ville, menacé par :
- L’installation sauvage de marchés pirates le long du boulevard Lumumba.
- La prolifération de constructions anarchiques.
- L’occupation illégale de certaines avenues.
- Le manque d’assainissement régulier.
Parmi ses mesures phares figuraient :
- La demi-journée du samedi dédiée aux travaux d’assainissement.
- L’interdiction des marchés pirates au centre-ville.
- L’ouverture forcée des avenues illégalement barricadées.
Malgré ses avertissements, les responsables du bâtiment commercial “Kasaï Wetu” ont ignoré l’interdiction de construire. Leur immeuble a finalement été démoli.
Le 17 avril 2023, Esther Badibiabia, accompagnée de son adjoint Jean Luk Tshipamba et des éléments de la police, avait procédé à la démolition de constructions illégales sur les avenues Mosquées 1 et 2, longtemps fermées au public.
« Félicitations à la brigade d’assainissement de la police pour leur appui dans cette opération », avait alors déclaré le bourgmestre adjoint.
La ville de Tshikapa reste confrontée à des défis majeurs : insécurité, insalubrité, absence de parkings, circulation difficile et désordre urbanistique. Pour les autorités locales, des décisions fermes et leur application sur le terrain s’imposent pour ramener l’ordre dans la ville.
Faustin Nkumbi/CongoProfond.net
À la Une
Réhabilitations à répétition des routes de desserte agricole : L’expert Firmin Kiala met en garde contre les solutions improvisées
L’amélioration durable des routes de desserte agricole en République démocratique du Congo passe impérativement par des études techniques approfondies, adaptées aux réalités géotechniques du pays et accompagnées d’un renforcement des compétences locales. C’est le message central défendu par Firmin KIALA KI-N’SOKI, consultant international et point focal de l’étude sur la qualité et la durabilité des routes de desserte agricole réhabilitées.
S’exprimant lors de l’atelier de synthèse du rapport provisoire de cette enquête nationale organisé du 6 au 7 mai 2026 au Cercle Elais, l’expert a dressé un état des lieux des infrastructures rurales réhabilitées à travers le pays tout en mettant en garde contre une généralisation précipitée de certaines techniques de stabilisation des routes.
« Il faut y aller progressivement », a insisté Firmin Kiala, estimant que plusieurs procédés techniques nécessitent encore des évaluations adaptées aux contextes locaux avant toute application à grande échelle.

Une étude nationale menée dans les 26 provinces
Selon le consultant, cette vaste enquête de terrain a mobilisé des équipes pendant près d’une année dans différentes régions du pays. L’objectif était d’évaluer les routes réhabilitées, d’identifier les forces et faiblesses des interventions réalisées et de capitaliser les meilleures pratiques observées sur le terrain.
L’étude a couvert un échantillon représentatif des 26 provinces de la RDC, réparties à travers sept grandes zones géotechniques. Une approche qui permet aujourd’hui de disposer d’une lecture plus précise des défis liés à la durabilité des infrastructures rurales.
Pour l’expert, il devient urgent de sortir des méthodes classiques afin d’adopter une approche globale et holistique des routes de desserte agricole. Celle-ci doit intégrer des chaussées adaptées aux besoins d’évacuation des produits agricoles en toutes saisons vers les centres de consommation, tout en tenant compte du trafic potentiel attendu.
Drainage, protection et entretien : les clés de la durabilité

Au-delà des travaux de réhabilitation, Firmin KIALA KI-N’SOKI insiste sur la nécessité d’intégrer des mesures de protection efficaces telles que les barrières de pluie, les dispositifs de lutte antiérosive ainsi qu’un système de drainage performant.
Refusant ce qu’il qualifie de « désinvestissement » consistant à revenir régulièrement sur les mêmes axes quelques années après leur réhabilitation, le consultant estime qu’avec une amélioration adéquate des sols de plateforme et un drainage efficace, une route bien exécutée peut tenir au moins dix ans avant l’apparition des premières dégradations majeures.
Dans cette logique, il recommande également la promotion du système d’entretien par Niveaux de Services (GeNis), considéré comme une alternative efficace pour assurer un suivi permanent des infrastructures rurales.
« La sagesse et l’expérience au service de la Nation »
À travers cette démarche, Firmin KIALA KI-N’SOKI confirme sa volonté de mettre son expertise au service du développement des infrastructures rurales congolaises. Une vision qui privilégie la durabilité, l’anticipation technique et la valorisation des solutions adaptées aux réalités du territoire national.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
