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Transparence, crédibilité et intégrité des élections en RDC : Le plaidoyer des OSC du PRISME présenté à « Ensemble pour la République »
En prévision de l’examen de la loi électorale à l’Assemblée nationale, les Organisations de la Société Civile (OSC) bénéficiaires du Projet de Renforcement des Initiatives de Suivi des Mécanismes Electoraux (PRISME), se sont entretenues ce vendredi 1er avril 2022 avec le député Jean-Claude Kibala, Président du Groupe parlementaire « Ensemble pour la République », au Palais du Peuple. Cet échange s’est voulu un plaidoyer pour la prise en compte des propositions de la Société civile congolaise sur la réforme de la loi électorale lors des débats sur cette loi par les élus du peuple.
Selon ces OSC quelques points devront impérativement être traités en plénière, à savoir, la représentation équitable de la femme, la prise en compte de personnes vivants avec handicap et les peuples autochtones, la possibilité de publier les résultats dans chaque circonscription électorale après le vote, et l’obligation de publier les résultats bureau de vote par bureau de vote et de les mettre sur le site internet de la CENI et l’obligation de fournir les procès-verbaux aux témoins des partis ou regroupements politiques.
Ainsi, après le groupe parlementaire « Ensemble », les OSC bénéficiaires du PRISME comptent poursuivre leur plaidoyer auprès des autres groupes parlementaires pour une meilleure appropriation.
Notons que le PRISME est projet financé par l’Union Européenne et mis en œuvre par EISA. Il appuie huit plateformes des OSC congolaises dans le domaine des élections. L’objectif général est de contribuer à la transparence, la crédibilité et l’intégrité des élections en RDC.
Ses objectifs spécifiques sont le renforcement des capacités des Organisations de la société civile (OSC) bénéficiaires du projet en termes de plaidoyer et de suivi des réformes électorales et institutionnelles, l’appui aux OSC bénéficiaires dans l’observation des activités pré-électorales et l’appui aux OSC bénéficiaires dans la perspective de la mise en œuvre d’une observation électorale impartiale et professionnelle des futurs scrutins.
Les huit OSC bénéficiaires du PRISME sont : Agir-pour-des-élections-transparentes-et-apaisées( AETA), Réseau d’Education Civique du Congo et Cercle 24 (ARC 24), la Commission Episcopale Justice et Paix/CENCO (CEJP/CENCO), la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création/ECC (CJPSC/ECC), la Commission d’Intégrité et de Médiation Electorale (CIME), le Comité Laïc de Coordination (CLC), la Nouvelle Société Civile du Congo (NSCC), le Réseau Gouvernance Economique et Démocratie (REGED) et Rien Sans Les Femmes (RSLF).
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
