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TICAD 7 : la RDC va signer à Yokohama des accords de réalisation de plusieurs grands projets
Le président de la République Félix Antoine Tshisekedi est arrivé ce mardi 27 août en matinée à Tokyo au Japon où il participera à la conférence internationale sur le développement de l’Afrique de Tokyo ou Ticad.
Cette 7e édition se tiendra à Yokohama, ville japonaise située au sud de Tokyo, et qui fut l’un des premiers ports du pays à s’ouvrir au commerce extérieur en 1859.
Le président de la RDC devra ainsi décliner ses priorités à la Ticad et l’appui attendu qui est de 3 type à savoir :
1. Renforcement des capacités dans différents secteurs;
2. Dons non remboursables ( près de 50 millions de dollars par projet et par pays) via des entreprises japonaises comme Toyota, Mitsubitchi…
3. Rendre la RDC à nouveau éligible aux prêts concessionnels; financements dont la hauteur est illimitée et au taux d’intérêts à moins de 0.1% ( la RDC avait été exclue pour insolvabilité )
Déjà, la RDC a pu obtenir certaines garanties du gouvernement japonais notamment la réhabilitation du Port de Matadi, de la clinique kinoise mais surtout de la turbine G24 de la centrale Inga 2 qui stabiliserait le courant électrique dans la ville de Kinshasa et dans le Katanga
Plus ou moins 500 participants sont attendus à cette conférence dont des chefs d’État et des gouvernements, des organisations internationales, des entreprises du secteur public et privé, etc.
C’est la toute première fois qu’un président de la RDC participe à ces assises où il rencontrera des ministres japonais de différents secteurs, le premier ministre japonais et des CEO des diverses entreprises de la place
La conférence internationale sur le développement de l’Afrique de Tokyo vise à créer des partenariats solides avec les pays africains pour ainsi développer les échanges dans différents secteurs
Il est accompagné par une délégation congolaise qui participera a différentes plénières dont les DG de la Snel, de l’Anapi et celui del’INPP qui bénéficie déjà d’un don de plus de 30.millions usd.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
