Actualité
Tensions entre RDC et Rwanda : Exfiltré de Kigali, le joueur Héritier Luvumbu en attente de son vol à Goma pour Kinshasa
Moins de 24 heures après la résiliation de son contrat par son club de Rayon Sports de Kigali pour son geste dénonçant le silence de la communauté internationale face à la guerre en RDC, l’attaquant congolais Héritier Luvumbu a précipitamment quitté le sol rwandais, ce mercredi 14 février 2024. Il vient d’arriver à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, où il a été accueilli par les services compétents de migrations de la RDC. C’est à partir de Goma que l’athlète va prendre tout à l’heure un vol régulier de la CAA pour Kinshasa où il est attendu autour de 14 heures.
Victime de plusieurs menaces de mort depuis son geste au stade, Héritier Luvumbu s’est réfugié à l’ambassade de la RDC à Kigali laquelle a pris soins de l’évacuer vers le territoire national ce même mercredi.
A en croire des sources à la frontière, un petit accrochage a eu lieu entre les deux services peu avant la sortie définitive du joueur congolais.
Rappelons que ce Léopard évoluant au sein de la formation de Rayon Sports, a été d’abord suspendu pour six mois de toutes activités sportives au Rwanda par la (FERWAFA) après avoir exprimé son soutien aux populations de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) lors d’une rencontre dimanche 11 février dernier.
Le fait s’est produit lors d’un match contre Police FC où Luvumbu a marqué un but spectaculaire avant de faire un geste symbolique en couvrant sa bouche d’une main et en pointant deux doigts sur sa tempe, signifiant ainsi son inquiétude quant à la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC. Une façon de dénoncer en faveur de ses compatriotes qui a malheureusement suscité la colère de son club dont les dirigeants ont considéré ce geste de trop provocant. En mettant une main sur sa bouche et un doigt sur la tempe, l’ancien attaquant de V. club voulait tout simplement, à sa manière, dénoncer le silence de la communauté internationale sur la guerre dans l’Est de la RD Congo. Au Rayon Sports ce geste a été considéré comme un «mauvais comportement». D’aucuns, sont allés jusqu’à interpréter cette célébration comme une critique politique. D’où la décision de résilier le contrat du joueur «pour son manque de discipline».
Sans tarder, Rayon Sports avait réagi rapidement en condamnant le geste de son joueur, soulignant l’importance de la discipline sur et en dehors du terrain. Des réseaux sociaux rwandais ont également exprimé leur indignation, certains appelant au licenciement et à l’expulsion de Luvumbu du Rwanda, une action qui a finalement été entreprise par le club. Un geste largement commenté et salué par plus d’un internaute congolais, bien qu’aucune réaction officielle n’ait été enregistrée en RD Congo.
La résiliation du contrat de Luvumbu marque une nouvelle étape dans cette controverse qui mêle sport et politique, suscitant des réactions contrastées au Rwanda et en RDC. Malgré cette polémique, le talent de l’ancien joueur de Vita Club et son expérience dans le football congolais devraient lui offrir des options intéressantes pour rebondir rapidement et trouver un nouveau club.
Cedrick Sadiki Mbala/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
