Société
Taxis fluviaux : Fatigués des annonces pompeuses, les Kinois très sceptiques veulent des actes !
Le gouverneur Daniel Bumba vient d’annoncer la mise en service imminente des taxis fluviaux pour fluidifier la mobilité urbaine dans sa ville. En clair, il s’agit d’exploiter une partie du fleuve Congo pour faire face aux embouteillages persistants qui paralysent la circulation à Kinshasa.
Cependant, les promesses non tenues des gouvernants, tant provinciaux que nationaux, ont déjà alimenté un sentiment croissant de méfiance chez les Kinois. «Cela révèle un problème systémique, où la parole donnée n’a plus de poids. Ce manque de responsabilité trouve ses racines dans un système défaillant, dépourvu d’outils pour contraindre les élus à honorer leurs engagements», a indiqué Hugues Mbela, un habitant de « Terre Jaune », dans le district de la Tshangu.
Transport fluvial : Le préalable
Contacté par notre rédaction, un spécialiste de transport fluvial explique que les autorités urbaines doivent préalablement faire le nécessaire pour rendre disponibles les fonds sollicités par la Régie des voies fluviales (RVF) pour se doter notamment des baliseurs en vue de tracer une nouvelle route de navigation avec un balisage adéquat. Le dragage étant également nécessaire pour faciliter l’accès à certains ports. À l’en croire, un « Plan Okende » existe déjà et n’attend que son exécution.
En septembre 2022, rappelle-t-il, à la faveur de la réunion du Conseil des ministres, Chérubin Okende avait présenté un rapport sur la RVF, notamment les travaux de construction de deux baliseurs, mais à l’arrêt dans les ateliers de la SNCC à Kindu et Kongolo, pour lesquels il sollicitait du gouvernement le versement de sa quote-part ( contrepartie).
Dans le cadre du Projet de transport multimodal (PTM) financé par la Banque Mondiale, la RVF avait, en effet, été alignée pour bénéficier de deux baliseurs pimpants neufs de la firme danoise JGH Marine MS. Mais trois mois après, le ministre Ensemble des Transports quitte le gouvernement Sama, son chef de file, Moïse Katumbi ayant opté de rallier l’opposition.
La suite, on le sait. Et même le Plan Okende pour relancer entreprises et établissements publics du secteur des Transports est enterré. Il faut attendre la loi des Finances 2024 pour que le projet soit relancé. Le budget prévoit 1 000 000 000 FC, soit 370 000 dollars, pour les travaux de finition de deux baliseurs sus-évoqués, susceptibles de baliser les biefs supérieur (affluents du fleuve) et moyen (Kisangani à Kinshasa) du fleuve Congo. Mais en septembre 2022, Okende rappelait déjà que les Danois de J GH Marine en avaient ras-le-bol des chinoiseries administratives aux Finances, donc Nicolas Kazadi, et faute de décaissement de la contrepartie congolaise, ils avaient plié matériels et regagné le Danemark.
Les ingénieurs de la SNCC, selon Chérubin Okende, pouvaient parachever les travaux de construction endéans trois mois si l’État honorait ses obligations financières. Mais deux ans se sont écoulés, rien n’est venu du ministère des Finances.
Quid des 20 taxis-fluviaux commandés par Chérubin Okende en Turquie ?
C’est connu de tous que le fleuve constitue un atout nec plus ultra face aux embouteillages devenus un goulot d’étranglement à Kinshasa, une ville de plus de 10 millions d’âmes avec une voirie dont le 3/4 est quasi impraticable. Les saute-moutons bien qu’ayant couté des centaines de millions de dollars se sont avérés simples cautères sur jambe de bois. Okende avait, en effet, passé une commande des 20 unités fluviales, lors d’une mission à Istanbul en Turquie pour renforcer l’exploitation sur des biefs navigables du fleuve Congo. Il s’agissait de 14 bus fluviaux avec chacun une capacité de 130 places et 6 taxis fluviaux de 25 places, au profit de la Société des Transports du Congo (Transco).
Le ministre des Transports de l’époque avait également arraché des partenaires turcs un mémo d’entente sur l’exploitation du fleuve Congo avec comme point de départ de 58 premiers kilomètres partant du chantier naval jusqu’à Maluku, incluant la rivière N’djili comme affluents, le fleuve Congo étant navigable dans ses deux biefs. Il était certain que l’acquisition de ces bateaux provenant d’Istanbul, permettra au gouvernement non seulement l’exploitation du fleuve, mais aussi l’érection de 6 quais flottants équipés en préparation, des salles d’attentes, des cafétérias et restaurants ainsi que des guichets de billetterie. Ce projet est resté…lettre morte alors des fonds publics ont été alloués pour des missions de prise de contact avec des partenaires.
Au sujet des autres promesses non tenues sur l’insalubrité à Kinshasa, Dorcas Ntumba, journaliste à CONGOPROFOND.NET, rappelle que malgré les programmes défendus à l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK), plusieurs coins et quartiers demeurent sales. De ce fait, les frustrations populaires sont au rendez-vous. «Bon nombre de Kinois accusent le chef de l’exécutif provincial de négligence et d’absence d’une politique bien établie pour faire avancer les choses.»
Daniel Bumba et son prédécesseur Gentiny Ngobila appartiennent à la même moule. Le slogan « Kinshasa ezo bonga » n’est qu’une coquille vide, et sa mise en application pose encore problème. À titre exemplatif, il faut voir à quoi ressemble le carrefour Yolo-Médical aujourd’hui ! C’est la crasse inadmissible ! », a-t-elle martelé.
Élu gouverneur sous la bannière de l’Union sacrée de la nation (USN), Daniel Bumba peine toujours à convaincre la population par sa gestion. Bref, il stagne. Jusqu’à présent, aucune solution durable n’a été trouvée aux problèmes permanents de Kinois ( Eau, Énergie, Transport, Sécurité, etc.). Les Kinois endurent un véritable calvaire et chaque jour qui passe, l’opinion s’interroge sur les compétences de son gouverneur, car la ville de Kinshasa reste sale et son chef accusé d’être passif sur le terrain.
Lors de la présentation du programme quinquennal de son gouvernement provincial, le 03 août 2024, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, s’était dit déterminé à créer plus d’emploi pour la population de sa province.
« Notre défi est de donner du travail aux 85 % restants, soit près de 8 millions de Kinois. À ces millions, il faut ajouter chaque année les nouveaux jeunes qui arrivent sur le marché d’emplois », a-t-il déclaré. Au premier semestre, le bilan de cette promesse est honteusement catastrophique. Dossier à suivre.
Ce lundi 10 mars 2025, l’autorité urbaine a effectué une traversée expérimentale du fleuve Congo, reliant Majestic River, dans la commune de la Gombe, à N’sele Bambou en seulement 30 minutes, une distance estimée à plus de 10 kilomètres. Accompagné du coordonnateur du projet d’extension de la ville vers Maluku, le gouverneur a tenu à s’assurer que toutes les dispositions, notamment sécuritaires, sont garanties avant le lancement officiel du service.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Société
Bandalungwa : à “Wenze ya Baluba”, boue et déchets envahissent les routes après la pluie, les habitants réclament des caniveaux et poubelles publiques
Au quartier Bisengo, dans la commune de Bandalungwa, le marché dénommé “ya Baluba” est submergé par la boue et les déchets après chaque pluie. Celle du mercredi 15 avril 2026 a une nouvelle fois rendu la zone presque impraticable, compliquant fortement la circulation et les activités quotidiennes.

Les routes, déjà dégradées, se transforment en bourbier. Faute de caniveaux, les eaux de pluie stagnent et se mélangent aux immondices, formant une boue épaisse. Piétons, motocyclistes appelés communément “wewa” et véhicules peinent à se frayer un passage, et certains axes deviennent tout simplement inaccessibles.
Cette situation affecte aussi le marché. Des vendeurs exposent leurs produits à même le sol, à proximité de l’eau sale et des déchets, ce qui pose un sérieux problème d’hygiène. « Nous souffrons beaucoup ici après la pluie. Même pour acheter à manger, c’est compliqué et risqué », témoigne un habitant du quartier Ngafula.

Face à ces difficultés, les habitants appellent les autorités à agir. Ils demandent la construction de caniveaux, la réhabilitation des routes et une meilleure gestion des déchets pour mettre fin à cette situation qui perturbe leur quotidien et expose la population à des risques sanitaires.
Believe Likoko, stagiaire UCC
