Hydrocarbures
Sud-Ubangi : Vers un projet hydroélectrique à Molungu, le VPM Mukoko Samba en visite d’évaluation
Dans le cadre de sa mission officielle dans la région du Grand Équateur, le vice-premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a effectué, le samedi 18 octobre 2025, une visite de terrain à la chute de Molungu, située dans le secteur de Bangakungu, territoire de Gemena, à environ 20 kilomètres de la ville chef-lieu de la province du Sud-Ubangi.
Accompagné par le gouverneur Michée Mobonga Lobo, cette descente s’inscrit dans une volonté manifeste de relancer un projet de construction d’une centrale hydroélectrique sur ce site stratégique, un projet initié dans les années 1990, mais abandonné depuis plus de trois décennies par les gouvernements successifs de la République démocratique du Congo.
Un espoir pour électrifier le Sud-Ubangi
La province du Sud-Ubangi, bien que disposant d’un poste de la Société nationale d’électricité (SNEL) à Gemena, reste largement privée d’électricité. L’absence d’infrastructures énergétiques fiables freine le développement économique et social de la région. En promettant la relance du projet hydroélectrique de Molungu, Daniel Mukoko Samba redonne espoir à toute une population plongée dans l’obscurité.
« Il est indispensable qu’avec une telle ressource naturelle, cette province continue à vivre dans le noir. Nous allons travailler avec les ministères concernés pour redémarrer ce projet », a promis le VPM.
Un projet structurant pour l’économie locale
La relance du projet de construction de cette centrale hydroélectrique s’inscrit dans une vision de développement durable, en lien avec la diversification économique prônée par le gouvernement congolais. L’énergie propre produite pourrait non seulement alimenter les ménages, mais aussi stimuler l’industrialisation locale, notamment dans les secteurs de l’agro-industrie, du numérique, et des petites et moyennes entreprises.
Une dynamique régionale enclenchée
Cette initiative s’ajoute aux récentes annonces faites par le VPM sur la digitalisation de certains secteurs économiques dans la région, renforçant la synergie entre énergie, l’économie numérique et infrastructures comme piliers du développement intégré du Grand Équateur.
Avec cette visite symbolique mais stratégique, Molungu pourrait devenir, dans un avenir proche, l’épicentre énergétique du Sud-Ubangi, si les promesses faites sont concrétisées par des actes.
Blaise ABITA ETAMBE/Congo Profond.net
Hydrocarbures
Flambée du prix du carburant à Beni : Les transporteurs augmentent le coût des trajets
Une hausse brutale du prix du carburant est observée depuis plusieurs jours dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Le litre, qui se vendait encore autour de 3 200 francs congolais, est désormais écoulé entre 5 000 et 7 000 francs dans plusieurs stations-service et points de vente informels de la ville.
Face à cette situation, la division provinciale de l’économie du Nord-Kivu a mis en garde les opérateurs économiques du secteur pétrolier. Selon cette division, aucune raison objective ne justifie pour l’instant cette hausse du prix du carburant sur le marché local. Les autorités précisent en effet que les stocks disponibles dans les villes de Beni, Butembo et au poste frontalier de Kasindi restent suffisants pour alimenter normalement le marché.
Malgré ces avertissements, les prix restent élevés sur le terrain, provoquant déjà des répercussions dans plusieurs secteurs, notamment celui du transport. Les transporteurs, fortement dépendants du carburant pour leurs activités, disent subir de plein fouet cette augmentation et cherchent des solutions pour limiter les pertes.
Réunis pour analyser la situation, les membres de l’association des transporteurs de Beni ont décidé d’ajuster les tarifs des voyages longue distance. Selon Dieume Mutumwa, secrétaire de cette association, cette décision est une mesure d’adaptation face à la hausse du prix à la pompe.
« Nous venons de terminer une réunion, parce que l’objet de la réunion était d’analyser la situation dans notre secteur de transport, vu la hausse du prix du carburant à la pompe. Ça fait presque une semaine que nous achetions le litre à 3 200 francs congolais, mais aujourd’hui ça se vend entre 5 000 et 7 000 francs dans la ville et dans les milieux voisins de Beni », explique-t-il.
Face à cette flambée, les transporteurs ont décidé d’augmenter le prix de certains trajets afin de continuer à assurer leurs activités. « Nous avons jugé bon de voir comment nous adapter à cette situation. Nous avons trouvé nécessaire d’augmenter de 10 dollars tous les longs trajets. Par exemple, pour aller à Goma, il faudra désormais payer 60 dollars au lieu de 50 dollars comme avant », précise Dieume Mutumwa.
La même mesure s’applique également à d’autres destinations importantes de la région. « Pour aller à Bunia, où on payait 50 dollars, on sera aussi obligé de payer 60 dollars. Les 10 dollars supplémentaires doivent nous permettre d’acheter le carburant mais aussi de payer les taxes imposées par les services de l’État sur les routes », ajoute-t-il.
Le secrétaire de l’association souligne également que les transporteurs font face à d’autres difficultés qui aggravent la situation. « Comme vous le savez, nous sommes aussi victimes de plusieurs tracasseries sur plusieurs axes routiers, surtout sur la route Beni-Bunia et Beni-Kisangani », déplore-t-il.
Cette hausse du carburant risque ainsi d’avoir un effet en chaîne sur le coût de la vie dans la région, notamment sur les prix du transport et des marchandises, dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans l’est de la République démocratique du Congo.
Franck Kaky/CONGO PROFOND.NET
