Santé
Sud-Ubangi : L’insécurité alimentaire menace la santé des populations, l’OCC appelée à agir
La province du Sud-Ubangi fait face depuis plusieurs mois à une insécurité alimentaire préoccupante, aggravée par la prolifération de la vente d’aliments malsains dans les marchés publics et clandestins.
Depuis le début de l’année 2025, cette crise touche l’ensemble de la région, avec une intensité particulière dans les villes de Gemena et Zongo. Les habitants consomment quotidiennement des produits périmés ou détériorés, notamment :
– les boîtes de conserve, notamment de sardines ;
– les jus conditionnés dans des emballages plastiques ;
– le poisson chinchard, communément appelé « Mpiodi », en provenance de Bangui, capitale de la République centrafricaine ;
– les pâtes alimentaires, notamment les spaghettis.
Les professionnels de santé alertent sur les dangers de ces produits, susceptibles de provoquer des maladies cardiaques et d’autres pathologies graves.
Pourtant, la province est naturellement dotée de ressources forestières et aquatiques abondantes, capables de produire des denrées bio et saines, offrant ainsi aux populations une alternative sécurisée.
Face à cette situation critique, le ministre provincial de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Gabriel Mbombo Gibolo, a appelé les services d’hygiène et l’Office congolais de contrôle (OCC) à renforcer la vigilance :
« Que l’OCC assure un contrôle strict des produits alimentaires entrant à Gemena et Zongo, qu’ils empruntent les voies légales ou illicites. Une vigilance rigoureuse dans cette mission régalienne est essentielle pour protéger nos concitoyens, et non une approche motivée par le profit », a-t-il déclaré.
Le ministre insiste sur la nécessité d’une intervention ferme du gouvernement provincial pour écarter ce fléau, dont la population constitue la cible principale.
Blaise ABITA ETAMBE/CongoProfond.net
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
