Actualité
Sommet de Luanda : L’Afrique en quête de financements innovants pour ses infrastructures de demain
L’Angola s’apprête à accueillir, du 28 au 31 octobre 2025, le Sommet de Luanda sur le financement du développement des infrastructures en Afrique. Cette importante rencontre continentale est organisée à l’initiative conjointe de la Commission de l’Union africaine (UA), de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) et du gouvernement angolais.
Selon les organisateurs, ce sommet vise avant tout à mobiliser des capitaux et à accélérer la mise en œuvre des projets d’infrastructures stratégiques sur le continent. Il ambitionne également de diversifier les sources de financement, d’attirer des investissements publics et privés mixtes, d’améliorer la bancabilité des projets, et de renforcer les partenariats entre les gouvernements, les institutions financières et le secteur privé.
Au-delà des aspects financiers, le Sommet de Luanda mettra l’accent sur l’innovation, l’autonomisation des jeunes entrepreneurs africains, la promotion du partage des connaissances et l’intégration régionale, en cohérence avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Les discussions porteront sur plusieurs thématiques clés :
– Les mécanismes nationaux de financement et la préparation des projets en phase initiale ;
– L’intelligence artificielle et la transformation numérique comme leviers de financement d’infrastructures résilientes face aux changements climatiques ;
– Le développement de la finance verte ;
– L’industrialisation du continent et les investissements transfrontaliers dans les secteurs de l’énergie et du transport ;
– Enfin, les impacts du changement géopolitique mondial sur le nouveau paysage du financement des infrastructures africaines.
Le Sommet de Luanda s’annonce ainsi comme un carrefour stratégique pour repenser la manière dont l’Afrique finance, conçoit et réalise ses grands projets d’infrastructure, dans une perspective de croissance durable et inclusive.
Melba Muzola/CONGOPROFOND.NET
Politique
Guillaume Ngefa Atondoko à Pékin : la justice congolaise s’arrime au réel et à l’excellence des standards internationaux
Dès son premier échange au Parquet populaire suprême de Chine, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a posé un acte politique et doctrinal fort : celui d’un Garde des Sceaux pour qui la justice n’est ni une abstraction kinoise, ni un simple instrument régalien, mais la véritable colonne vertébrale d’un partenariat international apaisé.
Face au vice-procureur général Tong Jianming, le Ministre d’État congolais a démontré une vision percutante et décomplexée du rôle de son ministère. Là où d’autres se contenteraient de protocoles compassés, il a su imposer l’idée que la souveraineté judiciaire est le pré-requis indispensable à une relation économique durable en liant directement la lutte contre la corruption et la sécurisation des contentieux à la pérennité des investissements chinois.
Guillaume Ngefa redéfinit le partenariat institutionnel : il ne s’agit plus seulement de signer des contrats miniers, mais de construire un État de droit capable de garantir ces contrats dans la durée. C’est cette approche globale, où le droit devient le socle de la confiance mutuelle, qui marque un tournant stratégique dans la diplomatie bilatérale vieille de cinquante ans. Mais la force du propos du Ministre Ngefa réside surtout dans sa capacité à faire dialoguer l’ancrage territorial le plus concret avec l’ouverture la plus résolue sur le monde.
Son action à la tête de la Justice ne se lit pas uniquement dans les palais de marbre de Pékin ; elle se mesure d’abord dans les prétoires des chefs-lieux de province et dans la numérisation naissante des greffes de l’intérieur du pays. En venant chercher en Chine l’expertise sur la gestion massive des dossiers (830 000 avocats chinois sont un défi organisationnel autant qu’une source d’inspiration), il démontre une humilité intellectuelle précieuse : apprendre de ce qui marche ailleurs pour l’adapter au maillage complexe du territoire congolais.
La création récente du tribunal économique et financier ou l’examen des lois sur les conflits d’intérêts à Kinshasa prennent tout leur sens lorsqu’ils sont éclairés par l’expérience chinoise de digitalisation. Cette union entre la “main du terrain” et le “regard du large” est la marque d’un homme d’État pragmatique, qui sait que l’efficacité d’une réforme judiciaire se joue autant dans la célérité d’une procédure au fin fond de l’Équateur que dans la signature d’un traité d’extradition à l’autre bout du monde.
Enfin, cette visite à Pékin consacre une méthode de gouvernance aussi discrète que redoutablement efficace. Là où la coopération sino-congolaise fut longtemps perçue comme un simple corridor commercial, Guillaume Ngefa Atondoko y imprime la marque d’un partenariat institutionnel mature et équilibré. En discutant de “courtoisie judiciaire” avec les plus hautes instances du Parti et du Barreau chinois, il arrache le dialogue juridique à la seule gestion des cas consulaires pour l’élever au rang d’échange structurant entre nations souveraines.
L’éloge qu’il convient de lui adresser est celui de la cohérence : il ne prône pas l’ouverture pour l’ouverture, mais une internationalisation ciblée qui vient nourrir la machine judiciaire nationale et la rendre plus proche du citoyen. En quittant Pékin avec la promesse de traités d’extradition et un modèle de rapprochement des barreaux, le Garde des Sceaux rappelle avec force que la justice congolaise n’entend plus subir la mondialisation, mais bien la négocier et s’y outiller pour mieux rayonner depuis les provinces jusqu’à la scène internationale.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
