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Sébastien Lessedjina Ikwame Ipu’oza : le dernier vol d’un grand serviteur de l’État
Le 7 mai 2025, à Bokoro, en province du Mai-Ndombe, s’est éteint l’un des piliers de l’administration publique congolaise : Sébastien Lessedjina Ikwame Ipu’oza, à l’âge de 86 ans. Ancien PDG de compagnies stratégiques comme Air Congo, l’Ozacaf, Air-Zaïre ou encore la Régie des Voies Aériennes (RVA), ancien président du Conseil d’administration de l’Autorité de l’Aviation Civile, député national honoraire, professeur de droit et formateur de plusieurs générations de cadres, le disparu laisse une empreinte profonde dans l’histoire institutionnelle du pays.

Homme d’État rigoureux, connu pour son intégrité et son sens élevé du devoir, Sébastien Lessedjina a contribué à bâtir les fondations du secteur aérien congolais. Sous sa direction, des institutions comme Air-Zaïre ont connu leur âge d’or, à une époque où le pays faisait encore figure de puissance régionale dans le ciel africain.
Mais au-delà du gestionnaire, c’était un pédagogue respecté, un intellectuel discret, un bâtisseur opiniâtre. Ses anciens étudiants, collaborateurs et compagnons de route parlent d’un homme de conviction, fidèle à ses valeurs, enraciné dans son Mai-Ndombe natal et profondément attaché à la République.
Père de Christian, Huguette et Isabelle, grand-père attentionné, il laisse derrière lui une famille endeuillée, un cercle élargi de proches et d’anciens collaborateurs, tous unis dans la douleur d’une perte immense.
En attendant les obsèques officielles, la famille organise un temps de recueillement du 12 au 17 mai, chaque soir à son domicile de Binza Pigeon, une veillée de prière le 18 mai et la levée du corps suivie des funérailles le lundi 19 mai.
Le Congo perd une mémoire vive de son histoire administrative, un homme de rigueur et de transmission. À jamais aimé, à jamais regretté, il repose désormais en paix, en accord avec la vie et la mort.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
