Politique
Sanctions américaines contre le Rwanda : la Dycur salue un « signal politique fort » et appelle à l’unité nationale
La Dynamique des Cadres de l’UDPS pour la 4ème République (Dycur) a réagi, mardi 3 mars 2026, aux sanctions prises par les États-Unis d’Amérique contre de hauts responsables militaires rwandais. Dans sa déclaration 002/2026, signée par son coordonnateur Kangulu Lobo Daddy, la plateforme estime que ces mesures « ne sont pas un simple geste diplomatique », mais constituent « un signal politique fort » confirmant, selon elle, la réalité d’une guerre d’agression menée contre la République démocratique du Congo.
Pour la Dycur, ces sanctions représentent une reconnaissance officielle de la responsabilité du Rwanda dans les violences enregistrées dans l’Est du pays. Le mouvement évoque notamment les massacres, les déplacements de populations et les pillages des ressources, qu’il inscrit dans une « logique d’agression » impliquant un État étranger. Il soutient que cette situation ne relève ni d’une revendication interne ni d’une révolution, mais d’une entreprise structurée en violation du droit international et de la souveraineté congolaise.
S’agissant des Congolais accusés de collaboration avec une puissance étrangère, la Dycur affirme que leur cas doit être traité exclusivement dans le cadre des lois de la République. Elle écarte toute idée d’amnistie ou de dialogue politique susceptible, selon elle, de légitimer une « trahison nationale », et appelle à l’application rigoureuse des dispositions légales en vigueur, dans le respect des procédures judiciaires.

La plateforme invite par ailleurs l’Union européenne et l’Union africaine à adopter des mesures similaires à celles prises par Washington. Elle salue également la position du président Félix Tshisekedi, qu’elle qualifie de constante dans la défense de la souveraineté nationale. En conclusion, la Dycur appelle les forces politiques, la société civile et l’ensemble du peuple congolais à faire preuve de « clarté, fermeté et unité » face à la crise sécuritaire en cours.
Dorcas Mwavita
À la Une
Kinshasa : Sit-in des conseillers communaux devant l’Hôtel de ville, tensions avec la Force du Progrès et un élu évanoui
La tension est montée ce jeudi 12 mars devant l’Hôtel de ville de Kinshasa, où des conseillers communaux ont organisé un sit-in pour réclamer le paiement de leurs émoluments impayés depuis 2024.
Selon l’un d’eux, qui s’est confié sous anonymat à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, cette action visait à interpeller les autorités provinciales après plusieurs démarches restées sans suite. Les élus affirment avoir adressé, depuis le 9 mars, une correspondance au gouverneur Daniel Bumba Lubaki, sans obtenir de réponse.
« Nous étions en sit-in à l’Hôtel de ville pour réclamer nos émoluments de 2024 à ce jour. Après plusieurs démarches infructueuses, nous avons décidé de faire cette descente pour attirer l’attention des autorités », a-t-il expliqué.

Intervention de la police et arrivée de militants politiques
La situation a commencé à se tendre lorsque des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) sont arrivés sur les lieux, accompagnés de militants politiques présentés par certains manifestants comme appartenant à la « Force du Progrès ».
Selon le témoignage recueilli, un officier de police serait arrivé à bord d’un bus de la PNC, en compagnie de ces militants. Ces derniers auraient intimé l’ordre aux conseillers de quitter les lieux.
« Ils nous ont menacés en disant : “reculez ou disparaissez” », affirme le conseiller communal, dénonçant une intervention musclée.
Altercation et climat de panique
D’après les manifestants, l’échange verbal aurait rapidement dégénéré en altercation. Certains conseillers affirment que des pierres auraient été brandies et que la tension est montée entre les deux camps.
Dans la confusion, plusieurs biens auraient été perdus, notamment des téléphones portables. Un conseiller communal de la commune de Masina se serait également évanoui au cours de l’incident, selon les témoignages.
Les revendications des conseillers communaux

Au-delà du paiement de leurs arriérés d’émoluments, les conseillers communaux réclament aussi de meilleures conditions de travail. Ils exigent notamment la délivrance de cartes professionnelles de qualité afin de mieux s’identifier dans l’exercice de leurs fonctions, à l’instar des bourgmestres.
Ils dénoncent également le manque de considération accordé à leurs initiatives locales, affirmant que plusieurs projets-décisions introduits dans les communes ne sont pas pris en compte par les autorités compétentes.
Face à cette situation, les élus locaux espèrent désormais une réaction rapide des autorités provinciales pour apaiser les tensions et répondre à leurs revendications.
Exaucé Kaya
