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Rwanda sous surveillance : Washington déconseille les voyages dans les zones frontalières avec la RDC

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Le Département d’État américain a placé le Rwanda sous un avis de voyage de niveau 2, recommandant à ses ressortissants de faire preuve d’une vigilance accrue lors de leurs déplacements.

Cette décision intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué par la détérioration continue de la situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans sa note officielle, le Département d’État indique que les affrontements fréquents entre groupes armés, individus armés et forces militaires en RDC font planer un risque de débordement vers certaines zones du territoire rwandais, notamment les districts frontaliers de Rusizi et Rubavu, situés en face des provinces congolaises du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.

En conséquence, ces deux localités ont été placées sous niveau 4 (Ne pas voyager), soit le niveau d’alerte le plus élevé selon la classification américaine. Ces zones frontalières, en interaction directe avec les foyers de tension à l’est de la RDC, sont jugées particulièrement vulnérables à une escalade militaire ou à des incidents transfrontaliers, selon les autorités américaines.

Des experts en sécurité interrogés par les médias estiment que cette mise à jour reflète l’inquiétude croissante des puissances occidentales face à une instabilité régionale persistante, dans laquelle le Rwanda est régulièrement accusé par Kinshasa et par plusieurs rapports des Nations Unies de soutenir le groupe armé M23 actif en RDC.

Le Rwanda, qui s’était imposé ces dernières années comme une destination touristique montante sur le continent africain, voit aujourd’hui cette image écornée. Malgré la stabilité apparente de Kigali et l’attrait de sites emblématiques comme le parc national des Volcans, les autorités américaines recommandent désormais d’éviter les déplacements non essentiels vers les zones proches de la frontière congolaise.

Pour rappel, le tourisme représente environ 10 % du PIB du Rwanda, selon la Banque mondiale. Une telle alerte, même localisée, pourrait affecter les arrivées internationales et porter un coup à l’économie du pays.

Claudine N. I./CONGOPROFOND.NET 

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Lutte contre les flux financiers illicites : La RDC muscle son arsenal judiciaire avec le projet LuCOFFI

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La RD Congo intensifie sa riposte contre les flux financiers illicites. Sous l’impulsion du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, un ambitieux programme de renforcement des capacités a été lancé dans le cadre du projet LuCOFFI (Lutte contre les flux financiers illicites). Cette initiative, mise en œuvre avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ et financée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), vise à renforcer durablement les compétences des autorités d’enquête et de poursuite dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

La RDC sous pression du GAFI

Depuis octobre 2022, la RDC est placée sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI) en raison de lacunes identifiées dans son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Dans ce contexte, le projet LuCOFFI s’inscrit directement dans le plan d’action exigé par cette organisation internationale, notamment au titre du Résultat Immédiat 7, qui concerne le renforcement des capacités des institutions chargées des enquêtes financières. À la fin de l’année 2025, près de 64 % des activités prévues avaient déjà atteint un niveau d’exécution compris entre 80 et 100 %, marquant des avancées significatives dans la modernisation des outils et méthodes d’enquête.

Former un noyau d’experts nationaux

Au cœur du programme figure la formation des formateurs (Train-the-Trainer) organisée à Kinshasa du 23 au 27 février 2026. Cette session intensive de cinq jours a réuni des membres sélectionnés de l’UNICEP ainsi que des représentants de la CENAREF, avec pour objectif de constituer un noyau national d’experts capables de transmettre à leur tour les compétences acquises.

Les participants ont été initiés à l’utilisation du manuel de procédure en enquête financière parallèle, un outil méthodologique destiné à structurer les investigations financières et à mieux articuler celles-ci avec les enquêtes pénales classiques.

L’entrée des technologies analytiques dans les enquêtes

L’une des innovations majeures de cette initiative est l’introduction du logiciel Tovek, un outil d’analyse et de visualisation avancée capable de traiter d’importants volumes de données financières. Grâce à ses fonctionnalités de cartographie relationnelle et de détection de connexions cachées, ce logiciel permet d’identifier des réseaux financiers complexes et de retracer des flux suspects souvent dissimulés dans des structures opaques.

Des démonstrations pratiques ont permis aux enquêteurs congolais d’expérimenter l’application de cette technologie sur des cas simulés inspirés de situations réelles, notamment dans les secteurs minier et financier.

Vers une meilleure coordination des institutions

Au-delà de la formation, le projet LuCOFFI prévoit plusieurs activités complémentaires entre février et avril 2026. Celles-ci incluent la finalisation et la validation des outils d’enquête, la supervision d’enquêtes pilotes, l’organisation de voyages d’étude dans des juridictions partenaires ainsi que la tenue d’un atelier consacré aux leçons apprises.

L’objectif est d’améliorer la coordination entre les différentes institutions impliquées dans la lutte contre les flux financiers illicites et de consolider les mécanismes de coopération nationale et internationale.

Un pas vers la sortie de la surveillance internationale

La phase actuelle du projet marque une étape décisive dans la consolidation des réformes engagées par la RDC. La création d’un pool national de formateurs, l’introduction d’outils technologiques avancés et l’amélioration des mécanismes d’enquête devraient contribuer à renforcer l’efficacité du système judiciaire face aux crimes financiers.

La soumission du rapport final du projet, prévue en avril 2026, dressera le bilan des avancées et proposera une feuille de route pour la poursuite des réformes. À terme, ces efforts pourraient permettre à la RDC de satisfaire aux exigences du GAFI et de sortir progressivement de la liste des pays sous surveillance renforcée.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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