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Rumba congolaise en deuil : François Esabe « Zigo Zago », le batteur pionnier de Thu Zahina, s’est éteint

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La grande famille de la rumba congolaise est une nouvelle fois frappée par le deuil. Le batteur François Esabe, plus connu sous le sobriquet de « Zigo Zago », figure emblématique de l’orchestre Thu Zahina, s’est éteint dans la soirée du mercredi 11 mars à Lubumbashi.

Avec sa disparition, la musique congolaise perd l’un de ces artisans discrets dont le talent, souvent dans l’ombre, a pourtant accompagné l’évolution sonore de la rumba.

Un enfant de l’Athénée de Kalina et de la génération fondatrice de Thu Zahina

Formé dans le creuset musical de l’Athénée Royal de Kalina, aujourd’hui Athénée de la Gombe, François Esabe appartient à la génération fondatrice de l’orchestre Thu Zahina.

Cet ensemble musical naît de l’initiative d’anciens élèves de cet établissement mythique de Kinshasa. Sous la direction de Robert Ntumba, et avec le soutien de Arsène Tshomba, l’orchestre s’impose rapidement comme l’un des laboratoires sonores de la rumba moderne.

Au cœur de cette dynamique, la batterie de « Zigo Zago » imposait un rythme énergique et novateur, participant activement à l’identité musicale du groupe.

Un batteur au cœur de l’âge d’or des orchestres estudiantins

Le parcours de François Esabe se confond avec l’âge d’or des orchestres estudiantins qui ont animé la scène kinoise à la fin des années 1960.

Derrière ses fûts, il développe un jeu percussif souple et précis qui accompagne plusieurs compositions marquantes de Thu Zahina, notamment Lokoko ou Ba Patrons na ba Mbongo, interprétées par le chanteur Denis Bonyeme.

Son style contribue à renforcer la structure rythmique de la rumba et à lui donner une dimension plus moderne.

Un débat sur l’introduction de la batterie dans la rumba

Pour certains historiens de la musique congolaise, l’apport de François Esabe dépasse largement le simple rôle d’accompagnateur.

Selon le musicographe Arsène Lutumba, le batteur de Thu Zahina aurait introduit l’usage structuré de la batterie dans la rumba congolaise dès 1967, année de la création de l’orchestre.

Cette thèse vient nuancer l’idée souvent attribuée au légendaire batteur Seskain Molenga, notamment lors de la prestation de l’orchestre de Tabu Ley Rochereau à l’Olympia de Paris en 1970.

Un héritage musical et familial

Au-delà de ce débat historiographique, François Esabe demeure un maillon essentiel de la transition instrumentale qui a progressivement modernisé la rumba congolaise en intégrant pleinement la batterie dans ses orchestrations.

Son héritage se prolonge également dans sa descendance musicale. Il était le père de Blaise Esabe, ancien batteur du groupe Wenge BCBG, disparu l’année dernière à Lubumbashi.

Une tragique résonance familiale qui renforce l’émotion suscitée par cette disparition.

Une mémoire discrète mais essentielle de la rumba

Avec la mort de François Esabe « Zigo Zago », c’est une mémoire discrète mais fondamentale de la rumba congolaise qui s’efface.

Un pionnier parfois oublié par les chroniques officielles, mais dont les battements ont contribué à écrire une page importante de l’histoire musicale du Congo.

Dans le silence laissé par ses baguettes demeure l’écho d’un rythme qui, lui, continuera de vibrer dans le patrimoine de la rumba congolaise.

Barca Horly Fibilulu Mpia

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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil

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L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.

Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.

Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.

Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.

Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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