Liberté de la Presse
RIP Bamporiki Chamira, le journaliste emprisonné durant 15 mois pour avoir utilisé, au téléphone, la phrase « Comment va l’opération » !
Bamporiki Chamira, journaliste au quotidien « La Tempête des Tropiques », est décédé ce samedi 14 décembre 2024 à Kinshasa.
Plume aiguisée et analyste talentueux de la scène politique nationale, Yvon Bamporiki Chamira a travaillé durant près de 3 décennies au quotidien d’en face du cimetière de la Gombe.
En juin 2004, il a été libéré du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK, ex-prison centrale de Makala), où il avait passé plus de 15 mois de détention.
Rappel des faits
Chamira avait été arrêté le 14 février 2003 à 6h00 du matin (heure locale), en même temps que feue son épouse, à leur domicile à Kinshasa/Ngaliema par des agents de l’Agence nationale des renseignements (ANR).
Officiellement, le journaliste était poursuivi pour « participation directe ou indirecte à un complot visant à éliminer le président Joseph Kabila, et participation directe ou indirecte à l’évasion du commandant Doris Mbenge, son gendre, du cachot de l’ANR ».
Le procès Chamira s’est ouvert le 17 juin 2003 devant la Cour de Sûreté de l’Etat (CSE). Au cours de l’instruction, la défense du journaliste, assuré par Dieudonné Diku, avait demandé au Ministère public de donner les faits qui démontrent à suffisance que le journaliste participait à un complot. En guise de réponse, le Ministère public avait dit que le journaliste était en communication téléphonique avec sa fille qui se trouve être l’épouse du commandant Mbenge, le jour même de son évasion. Au cours de cette conversation téléphonique, assure le Ministère public, le journaliste aurait demandé à sa fille « comment évoluait l’opération ? ». Ce qui pour le Ministère public confirmait la participation au complot. La défense du journaliste, quant à elle, estimait que l’aveu du Ministère public supposait que le téléphone du journaliste était sur écoute et que par conséquent, il était possible d’empêcher l’évasion du commandant Mbenge.
L’affaire Chamira avait été prise en délibéré à l’issu de l’audience du 24 juin 2003. Le verdict du procès Chamira n’a pas été officiellement rendu public. Mais Chamira a été libéré avec l’ensemble des membres de sa famille qui étaient poursuivis aussi dans la même affaire.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET