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Rex Kazadi et Franck Diongo : Le ballet des renégats ou l’art de la trahison en haut débit

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Le paysage politique congolais, déjà marqué par des décennies de chaos et de calculs sordides, vient de s’enrichir d’un nouvel épisode grotesque. Rex Kazadi et Franck Diongo, deux figures autrefois encensées pour leur « combat » contre les régimes en place, viennent de signer leur reddition morale en ralliant l’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa.

Une mouvance qui, sous couvert de « libération », brasse allègrement les vestiges du Kabilisme, les milices rwandaises du RDF/M23, et le cynisme d’une élite prête à vendre son âme pour une poignée de dollars ou un strapontin. Ainsi Rex Kazadi, ancien Candidat à la Présidence de la République, passe allègrement du Combattant en exil au loupé géopolitique avec une facilité qui frise la sorcellerie.

Rex Kazadi, l’homme qui passait ses journées en Europe à dénoncer « l’occupation rwandaise » sous Kabila, vient d’accomplir un saut périlleux dans l’absurde. Après avoir hurlé que Joseph Kabila était une « marionnette de Kigali », le voilà désormais allié au RDF/M23 et à Twirwaneho, des groupes créés, financés et dirigés officiellement par le Rwanda. Une gymnastique intellectuelle à rendre jaloux un contorsionniste.

Comment expliquer ce revirement ? La réponse est simple : le néant idéologique. Rex Kazadi, comme tant d’autres, a troqué ses principes contre une place au soleil dans un mouvement qui promet monts et merveilles à ceux qui acceptent de fermer les yeux sur l’évidence. C’est-à-dire la balkanisation de la République démocratique du Congo. Hier, il accusait Kabila de trahison pour ses liens supposés avec Kigali.

Aujourd’hui, il serre la main de Corneille Nangaa Yobeluo, dont l’AFC n’est qu’un cheval de Troie pour réhabiliter Joseph Kabila et satisfaire les appétits expansionnistes de Paul Kagame. Le Rwanda, qu’il vilipendait, est désormais son meilleur allié. La boucle est bouclée : le « résistant » est devenu un mercenaire de l’hypocrisie. Pourquoi alors avoir « frappé » Monsieur Léon Kengo wa Dondo à la gare du Nord à Paris ?

Franck Diongo, lui, incarne une autre facette de cette comédie tragique. Issu d’une opposition non armée, proche de l’UDPS, l’homme a subitement découvert une « vocation » pour la rébellion armée. Comme par magie, le militant qui dénonçait la violence des groupes armés se retrouve à brandir les armes aux côtés de ceux-là mêmes qu’il critiquait avec véhémence lorsqu’il espérait un poste auprès de Félix Tshisekedi.

Son parcours résume à lui seul la faillite d’une certaine élite congolaise : incapable de construire un projet crédible, elle se recycle dans la violence dès que l’occasion se présente. Ainsi Franck Diongo passe de la contestation pacifique à la Kalachnikov opportuniste. Lui, qui clamait défendre le peuple, s’allie désormais à une coalition qui instrumentalise les souffrances des Congolais pour servir des intérêts étrangers et locaux.

Son « combat » ? Un mélange de rancœur personnelle, d’ambition non assouvie et de naïveté calculée. Ces deux personnages, Rex Kazadi et Franck Diongo, symbolisent la dérive d’une élite quand l’opportunisme politique congolais se pare des oripeaux de la rébellion. Ce qui fait du RDF-M23-AFC-Twinhareho une alliance de la honte aux objectifs criminels et insupportables.

L’Alliance Fleuve Congo, derrière son vernis de « front uni », n’est qu’un ramassis de repus politiques et de proxy wars. En intégrant le RDF/M23 et Twirwaneho, Corneille Nangaa Yobeluo a officialisé ce que tout le monde savait : cette structure est un exutoire pour Joseph Kabila, un tremplin inespéré pour Paul Kagame, et une poubelle pour opportunistes en quête de légitimité et de positionnement politique.

Rex Kazadi et Franck Diongo, en y adhérant, ont franchi un Rubicon moral. Ils reprochaient à Félix Tshisekedi, qui n’est pas immaculé de tout reproche, d’avoir « cédé » au Rwanda via des accords économiques ? Les voilà désormais partenaires de forces miliciennes qui terrorisent l’Est du Congo pour le compte de Kigali. Ils dénonçaient Joseph Kabila ? Ils marchent main dans la main avec ses réseaux les plus fidèles.

Leur rhétorique n’est plus qu’un amas de contradictions, une soupe réchauffée où chaque ingrédient annule le précédent. La malédiction de la classe politique est cet art macabre de détruire ce que l’on prétend aimer. Les rebelles Rex Kazadi et Franck Diongo incarnent une élite congolaise malade de ses propres travers. Une élite qui préfère pactiser avec l’ennemi plutôt que de servir le peuple.

Une élite qui, après avoir crié au loup pendant des années, finit par nourrir la bête. Leur adhésion à l’AFC n’est pas un accident : c’est le symptôme d’un système où les convictions se monnaient, où la patrie est une marchandise, et où l’honneur n’a pas cours. En s’alliant à Corneille Nangaa Yobeluo, ils ont offert au Rwanda bien plus que Félix Tshisekedi n’a jamais concédé. Le pire est qu’ils en sont conscients.

Ils offrent à Paul Kagame une légitimité à déstabiliser le Congo, sous prétexte de « rébellion patriotique ». Leur hypocrisie est un coup de poignard dans le dos de tous ceux qui ont cru en leur combat. Dans cette mascarade, les seuls perdants sont les Congolais. Si rien n’est fait pour arrêter cette comédie qui ne fait plus rire personne, la farce va continuer et le peuple continuera de trinquer.

Tandis que Rex Kazadi, Franck Diongo et Corneille Nangaa négocient leurs parts du gâteau avec Kigali et les nostalgiques de Kabila, les civils meurent dans l’indifférence, les minerais continuent de fuir, et l’espoir s’étiole. Ces renégats, hier chantres de la liberté, ne sont plus que les clowns tristes d’un cirque sanglant. Leur histoire restera comme un avertissement : en RDC, la trahison est souvent le dernier refuge des imposteurs.

Quand l’incohérence devient une stratégie, le peuple congolais n’a plus qu’à se préparer à un nouveau chapitre de son calvaire. Rex Kazadi, Franck Diongo et Corneille Nangaa ont choisi leur camp : celui des fossoyeurs. Ils doivent juste savoir que le peuple, lui, n’oubliera jamais qu’ils ont délibérément choisi chaque jour de tuer nos mamans, violer nos filles et trahir notre patrie.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior CICPAR

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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril

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L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.

D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.

Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.

Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.

Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET 

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