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Kananga : La LUCHA dénonce les pratiques de la Fondation Jean Tshisekedi et met en garde contre la récupération politique
La section Kasaï-Central du mouvement citoyen « Lutte pour le changement » ( LUCHA) a rendu public, ce lundi 31 mars 2025, un communiqué de presse dans lequel il dénonce avec véhémence les agissements de la Fondation Jean Tshisekedi et de son initiateur, le sénateur Jean Tshisekedi Kabasele. Le mouvement accuse ces entités d’instrumentaliser son image à des fins politiques et de tenter de corrompre des jeunes en les présentant faussement comme ses militants.
Selon le communiqué, la Fondation Jean Tshisekedi aurait recruté et payé des jeunes pour qu’ils se fassent passer pour des membres de la LUCHA, dans le but de promouvoir des actions présentées comme caritatives, mais qui cacheraient en réalité une stratégie de légitimation politique.
« Pire encore, au lieu de se remettre en question et de travailler réellement pour sa province, [le sénateur] choisit d’acheter la conscience de certains jeunes, espérant ainsi bâtir une légitimité politique qu’il n’a jamais su gagner par le travail et l’engagement dans la défense de la province du Kasaï-Central au Sénat », peut-on lire dans le document.
La LUCHA affirme que des offres financières allant jusqu’à 100 dollars auraient été proposées à certains jeunes pour qu’ils soutiennent les activités de la Fondation, une pratique qualifiée de « corruption déguisée ».
Avertissement ferme contre l’usurpation d’identité
Le mouvement citoyen, connu pour son engagement non partisan et non violent, réaffirme son indépendance et sa neutralité vis-à-vis des acteurs politiques. Il met en garde contre toute utilisation frauduleuse de son nom, de ses logos, de ses T-shirts ou de ses calicots, rappelant que ces attributs sont réservés exclusivement à ses militants.
« Nous appelons à la vigilance et à la résistance face à ces pratiques opportunistes qui ne visent qu’à détourner l’attention des véritables enjeux de notre société », souligne le communiqué.
La LUCHA précise également que John Mwepu, présenté dans certaines circonstances comme l’un de ses membres, n’appartient pas à son mouvement.
Des poursuites judiciaires envisagées
Face à ces allégations graves, la LUCHA se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires si de telles pratiques persistent. Elle appelle les autorités compétentes et l’opinion publique à rester vigilants face à ce qu’elle considère comme une manipulation politique.
Interpellé par la presse pour répondre à ces accusations, le sénateur Jean Tshisekedi Kabasele n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, laissant planer le doute sur les motivations réelles de sa Fondation.
Mike Tyson Mukendi/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
