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Retard des salaires des fonctionnaires : Un symptôme de faiblesse économique, pas une « faute » de la Banque centrale ( Trésor Bondonga, Économiste)

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Alors que des milliers de fonctionnaires en RD Congo connaissent des retards dans le versement de leurs salaires, le débat fait rage sur les causes profondes de cette crise. Pour l’économiste Trésor Bondonga, ce phénomène doit être placé dans un cadre plus large que la seule politique monétaire. 

Des retards qui inquiètent

Dans plusieurs provinces, les agents de l’État ont accusé le gouvernement de ne pas honorer régulièrement les paiements des salaires. Ces retards creusent l’incertitude sociale et alimentent la grogne au sein des fonctionnaires et de leurs familles.

Une économie fragile, selon l’expert

Pour Trésor Bondonga, interrogé par CONGOPROFOND.NET, la cause principale n’est pas un « déraillement » de la Banque centrale du Congo (BCC). Il écarte l’idée d’un dysfonctionnement monétaire ou d’un échec de la politique de change, et pointe plutôt des faiblesses structurelles profondes de l’économie congolaise.

Dépendance à l’importation et faible production

Selon Bondonga, la RDC importe presque tout ce qu’elle consomme, notamment des denrées alimentaires, ce qui vide rapidement les réserves de devises et fragilise les finances publiques. Il rappelle que dans les années 1990, le pays disposait d’un tissu industriel beaucoup plus dense, aujourd’hui presque effacé par les crises successives.

Le rôle de la Banque centrale relativisé

L’économiste reconnaît que la BCC a mené des efforts pour stabiliser la monnaie et maîtriser l’inflation. Mais ces actions, liées à la régulation des taux de change et au contrôle des prix, ne suffisent pas à résoudre les déséquilibres budgétaires et structurels qui affectent l’État congolais.

Point de contexte : La Banque centrale a récemment encouragé l’État à renforcer la collecte des impôts et taxes en francs congolais afin de mobiliser davantage de ressources internes et soutenir les finances publiques.

Appel à des réformes profondes

Trésor Bondonga appelle à une série de réformes :

– Respect effectif de l’indépendance de la BCC,

– Amélioration de la gouvernance budgétaire,

– Relance de la production locale,

– Réduction progressive de la dépendance aux importations.

Selon lui, tant que ces points ne seront pas adressés, les problèmes de paiement des salaires ne pourront être durablement résolus.

Une crise plus large que la paie des fonctionnaires?

Cette situation survient alors que le gouvernement lui-même a lancé des initiatives pour mieux contrôler la masse salariale et les dépenses publiques, comme l’a ordonné récemment une audit complète de la paie publique par le Président de la République.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression

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Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.

À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.

« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.

Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.

Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.

De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.

Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.

Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.

 

Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET

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