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Jean-Pierre Ndolo Demazu : La voix de la « revue de presse en ligne » s’est tue
La presse congolaise est en deuil. Jean-Pierre Ndolo Demazu, journaliste et présentateur à la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), s’est éteint ce lundi 23 février 2026. Avec lui disparaît une figure familière du petit écran, particulièrement connue pour son travail à la revue de presse des médias en ligne, un exercice qu’il avait élevé au rang de rendez-vous incontournable.
L’art exigeant de la revue de presse numérique
Dans un paysage médiatique marqué par la prolifération des sites d’information, la revue de presse des médias en ligne est devenue un exercice stratégique. Jean-Pierre Ndolo Demazu en avait fait sa spécialité.
Chaque jour ( ou presque ) il passait au crible les principales publications numériques, en extrayait l’essentiel, en hiérarchisait les contenus et en livrait une synthèse claire aux téléspectateurs. Ce travail, souvent sous-estimé, exige rigueur, rapidité, discernement et sens de l’équilibre.
Il ne s’agissait pas simplement d’énumérer des titres, mais de donner du sens à l’actualité numérique, d’en dégager les tendances, les angles dominants, parfois les contradictions. En cela, il jouait un rôle de passerelle entre la presse en ligne et le grand public.
Un visage familier du service public
Au sein de la RTNC, média public par excellence, Jean-Pierre Ndolo Demazu incarnait la stabilité et la constance. Sa diction posée, son ton mesuré et sa maîtrise de l’antenne ont marqué des générations de téléspectateurs.
À l’heure où l’information circule à une vitesse vertigineuse sur les réseaux sociaux, il représentait une forme de filtre professionnel : celui qui vérifie, qui contextualise, qui restitue sans céder à la précipitation.
Ses collègues saluent un homme discret, respectueux, toujours attaché à la qualité du travail bien fait.
Dans les couloirs de la rédaction, il était un repère pour les plus jeunes, un modèle de discipline et d’humilité.
Une page qui se tourne
Son départ laisse un vide, notamment dans cet espace particulier qu’est la revue de presse numérique, devenue au fil des ans une composante essentielle du journal télévisé.
Jean-Pierre Ndolo Demazu appartenait à cette génération de journalistes formés à l’école de la rigueur, pour qui l’antenne n’était pas un lieu d’improvisation mais un espace de responsabilité.
À sa famille, à ses proches, à ses confrères de la RTNC et à tous les professionnels des médias en ligne qu’il mettait quotidiennement en lumière, vont les condoléances les plus sincères de CONGOPROFOND.NET.
La voix de la revue de presse s’est tue.
Mais son écho continuera de traverser les mémoires.
Tchèques Bukasa
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“Vous prenez un grand risque” : le flagrant délit de mensonge des deux renseignants met la Cour militaire en alerte
Dès l’entame à 13h40 de cette audience du 16 Avril 2026 du procès “des enfants Mushobekwa”, l’atmosphère feutrée de la Cour militaire de Kinshasa s’est brutalement tendue lors des auditions de Claudien Lifoma Likulia âgé de 18 ans et de Sakina R. Présentés comme les pivots de cette nuit du 21 décembre 2025, les deux jeunes tourtereaux – majeur et mineur – ont livré des déclarations si confuses et évolutives que le Premier Président de la Cour a été contraint de suspendre l’audition pour un rappel à l’ordre cinglant.
“Si nous étions en présence de majeurs, il y aurait eu un autre procès pour mensonge devant cette Cour”, a tonné le magistrat, visiblement irrité par les silences gênés et les contorsions sémantiques de Mademoiselle Sakina. Interrogée sur sa capacité à distinguer les cris de douleur des enfants frappés dehors, la jeune fille, pourtant âgée de 17 ans et demi, a longuement soutenu ne pouvoir “rien distinguer”, avant de se rétracter sous la pression du Président qui rappelait ses précédentes dépositions où elle évoquait des “cris de pleurs”.
L’incohérence la plus flagrante a porté sur la nature des relations entre Sakina et Claudien Likulia ainsi que sur leurs échanges postérieurs aux faits. Alors que Claudien Lifoma Likulia affirmait n’avoir jamais repris contact avec Sakina après avoir été roué de coups – car “elle avait comme les autres filles tout entendu” –, l’audience a révélé une tout autre réalité. Pressée de questions par le Président sur ses fréquentations depuis l’incident, Sakina a fini par avouer, non sans une gêne palpable, qu’elle s’était rendue “plusieurs fois” dans la concession des Likulia pour prendre des nouvelles de Claudien.
Un aveu accablant qui contredit frontalement la version du jeune homme et dépeint une complicité maintenue bien au-delà de la simple camaraderie. Cette relation post-traumatique privilégiée contraste brutalement avec le sort réservé à Malaïka, la fille de Philémon Mambabwa et “meilleure amie” de Sakina, avec qui les échanges sont désormais strictement limités à des “messages texte au téléphone”. L’attitude des deux renseignants a été perçue par la Cour comme une tentative manifeste de minimiser leur propre rôle dans l’organisation de la rencontre nocturne clandestine.
Si Sakina a reconnu s’être entendue avec Malaïka et Léonnie pour “tromper” Philémon Mambabwa, elle s’est enfermée dans un mutisme sélectif dès qu’il s’agissait de décrire la brutalité policière. Son utilisation du terme “brut” pour qualifier l’action des agents – terme qu’elle a refusé d’assimiler à “brutalité” ou “violence” – a suscité l’ironie mordante du Premier Président : “Vous ne parlez pas lingala et vous n’êtes jamais allée au marché, d’où tenez-vous ce mot ?”. Cette tentative de dédouanement aérien, couplée aux mensonges par omission, a placé les deux témoins dans une position juridiquement inconfortable, sauvés in extremis par leur statut de mineur pour l’une et de jeune majeur pour l’autre.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
