Actualité
Remise et reprise : 2ème vague ce mercredi, le Gouvernement Suminwa II face au verdict du terrain
Kinshasa entre dans le vif du sujet. Comme annoncé par le Secrétariat général du Gouvernement, les cérémonies de remise et reprise entre ministres sortants et entrants ont débuté mardi 12 août 2025, marquant le lancement effectif du Gouvernement Suminwa II. Chaque poignée de main, chaque dossier transmis, engage désormais un mandat placé sous le regard impatient du peuple congolais.
*Le retour d’un ancien Premier ministre aux finances de l’État*
Moment fort de la journée : le come-back d’Adolphe Muzito Fumushi. Treize ans après son passage à la Primature, l’ancien Premier ministre reprend le portefeuille du Budget, succédant à Aimé Boji. Dans un contexte socio-économique tendu, ce retour est perçu par certains observateurs comme un signal de rigueur et de discipline budgétaire, attendu pour redresser les comptes publics.
*Justice : passation stratégique pour l’État de droit*
Autre étape symbolique : Guillaume Ngefa, nouveau ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a succédé à Samuel Mbemba, désormais ministre des Droits humains. La cérémonie d’installation de ce dernier dans ses nouvelles fonctions est prévue ce mercredi 13 août, confirmant l’enchaînement rapide des transitions.
*De nouveaux visages dans des portefeuilles clés*
La journée de mardi a également vu l’installation de plusieurs ministres stratégiques :
– Muhindo Nzangi (Agriculture) remplace Mutshail Mutombo ;
– O’Neige Nsele Mimpa (Affaires foncières) succède à Acacia Bandubola ;
– Micheline Ombaye (Genre, Famille et Enfant) prend la relève de Léontine Kandolo ;
– Grâce Kutino (Jeunesse) remplace Noëlla Ayeganabato ;
– John Banza Lunda (Infrastructure et Travaux Publics) succède à Alexis Gizaro ;
– Marie Nyenge Ngambo et Arlette Bahati Tito (Environnement et Économie du climat) remplacent Ève Bazaïba, désormais aux Affaires sociales.
*Deuxième vague : Le temps des discours s’achève*
La seconde salve de remises et reprises est attendue ce mercredi, avec d’autres ministères au programme et la poursuite des installations officielles. Mais au-delà des cérémonies, l’heure est à l’action : le Gouvernement Suminwa II doit rapidement prouver qu’il n’est pas seulement un assemblage de noms et de visages, mais une équipe prête à affronter les urgences du pays.
Le message est clair : les Congolais n’attendront pas 100 jours pour juger. Sécurité, pouvoir d’achat, justice, infrastructures, gouvernance… chaque ministre est désormais attendu sur le terrain, là où les résultats se mesurent en actes, pas en promesses.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
Politique
DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement
Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.
Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois
Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.
Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.
L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.
Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.
Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !
Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.
« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.
« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.
Émile Yimbu
