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Guillaume Ngefa, un style discret qui tranche avec les codes du populisme politique congolais

La scène aurait pu passer inaperçue si elle ne contrastait pas autant avec les habitudes bien ancrées du microcosme politique congolais. Ce mardi 12 août, la passation de pouvoir entre le ministre a.i. sortant de la Justice, Samuel Mbemba, et son successeur, Guillaume Ngefa, s’est déroulée à Kinshasa dans un dépouillement rare, presque déroutant.

Pas de tam-tam, pas de cortège motorisé bruyant, pas de chants, ni de banderoles proclamant l’avènement d’un « sauveur », autant de signes pourtant familiers à chaque prise de fonction ministérielle en République démocratique du Congo, où le populisme et la mise en scène sont souvent au rendez-vous.

À la fin de la cérémonie, Guillaume Ngefa est reparti comme il était arrivé : simplement, avec sérieux, un léger sourire aux lèvres. Une sobriété qui a marqué les esprits dans les couloirs du ministère, où plusieurs fonctionnaires ont salué cette attitude comme un signe de rupture.

Cette approche tranche radicalement avec certaines prises de fonction récentes, dont celle, très commentée, de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, qui avait fait son entrée officielle accompagné… d’un chien, dans une mise en scène qui avait alimenté les chroniques politiques et les réseaux sociaux.

Pour de nombreux observateurs, le style Ngefa ne relève pas seulement du choix personnel : il pourrait traduire une volonté de replacer le travail et la rigueur au centre, loin des démonstrations tapageuses. Sa réputation, forgée au fil d’années d’engagement dans les droits humains et de missions internationales, le présente comme un homme réservé, peu enclin à chercher la lumière, mais déterminé sur le fond.

Désormais à la tête d’un ministère stratégique dans un contexte politique tendu, Guillaume Ngefa hérite de dossiers lourds : réforme de la justice, lutte contre l’impunité, modernisation des institutions judiciaires, et restauration de la confiance des citoyens envers l’appareil judiciaire. Sa première apparition officielle laisse entrevoir un style sobre et pragmatique,  reste à savoir si cette posture résistera à la tempête politique congolaise.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET