Actualité
Réforme foncière en RDC : la ministre O’Neige N’sele rassure les chefs traditionnels sur la préservation des droits coutumiers
Les chefs traditionnels de la République démocratique du Congo ont été rassurés, jeudi à Kinshasa, par la ministre d’État en charge des Affaires foncières, O’Neige N’Sele, sur la non-modification des lois coutumières malgré l’adoption de la loi portant régime général des biens fonciers, immobiliers et des sûretés. Cette assurance a été donnée lors d’une cérémonie organisée au Musée national de la RDC, devant une pléthore d’autorités traditionnelles.

Dans son allocution, la ministre a affirmé que la réforme foncière adoptée en décembre 2025 vise uniquement à adapter la loi historique aux réalités actuelles. « Je vous rassure que les lois coutumières n’ont pas été touchées », a-t-elle déclaré, précisant que tous les articles protégeant les droits des chefs coutumiers sur la gestion des terres ancestrales ont été maintenus.
O’Neige N’Sele a également annoncé des innovations, notamment la mise en place prochaine de commissions mixtes associant l’État et les chefs coutumiers pour traiter les conflits fonciers. Elle a par ailleurs indiqué que les étrangers détenteurs de grandes concessions non construites seront appelés à discuter avec le gouvernement afin d’envisager leur récupération « pour les générations futures », tout en confirmant la suspension de la vente des terres le long des frontières du pays.
Prenant la parole, Sa Majesté Mfumu Difima Ntinu, Roi Kongo et président du Conseil supérieur de l’autorité traditionnelle et coutumière de la RDC, a expliqué que la rencontre visait à apaiser les inquiétudes nées de l’adoption accélérée de la loi au Parlement. Il a rappelé que la sécurité des terres coutumières demeure « le premier combat » de l’autorité traditionnelle pour éviter la perpétuation des conflits.
Mfumu Difima Ntinu a salué l’engagement de la ministre : « Elle est venue à la rencontre de l’autorité coutumière. Elle nous a apaisés en disant que l’article 389 sera exécuté au niveau de son ministère et qu’une commission sera mise en place où nous prendrons place ». Il a insisté sur la nécessité d’une loi réformée garantissant les intérêts des autorités coutumières, des communautés locales, des notaires et des peuples autochtones pygmées.

De son côté, le chef Nembalemba, secrétaire général de la CONATC-RDC, a reconnu que la colère des chefs coutumiers aurait pu se traduire par des manifestations devant les institutions. Il a lié les conflits dans l’Est du pays à la convoitise des terres, affirmant que des ennemis « achètent d’abord nos terres pour le commerce avant d’y installer leur force ».
Dans la foulée, le chef Nembalemba a appelé les chefs traditionnels à accorder leur soutien à la ministre des Affaires foncières. « Donnons à notre ministre la valeur qui lui est due. Qu’elle soit notre défenseur pour trouver la paix », a-t-il déclaré, marquant ainsi un apaisement notable entre l’autorité coutumière et le gouvernement autour de la réforme foncière.
Exaucé Kaya
Politique
DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement
Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.
Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois
Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.
Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.
L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.
Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.
Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !
Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.
« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.
« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.
Émile Yimbu
