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Actualité

Minerais critiques : Un accord RDC–USA sous soupçon de bradage de la souveraineté nationale

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L’accord de partenariat stratégique signé le 4 décembre 2025 à Washington entre la République démocratique du Congo et les États-Unis sur les minerais critiques suscite une vive contestation au sein de la société civile congolaise. Les plateformes Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) et la Coalition Africaine sur les Minerais Verts (CAMV) dénoncent un texte négocié dans l’opacité, révélateur d’un déséquilibre profond de pouvoir et porteur de risques majeurs pour la souveraineté économique et constitutionnelle de la RDC.

Si les deux coalitions reconnaissent l’existence de clauses relatives à la transformation locale des minerais, au transfert de compétences et à la formation des Congolais, elles estiment que ces avancées restent largement insuffisantes face aux concessions accordées aux investisseurs américains. Pour le CNPAV et la CAMV, l’accord s’inscrit dans une logique de continuité extractiviste, où la RDC demeure un pourvoyeur de matières premières stratégiques au service d’intérêts géopolitiques étrangers, sous couvert de transition énergétique.

Les organisations dénoncent avec vigueur les conditions dans lesquelles cet accord a été négocié, dans un contexte sécuritaire fragilisant la position de Kinshasa. Cette situation aurait favorisé l’introduction de clauses déséquilibrées, notamment l’octroi d’un régime fiscal préférentiel, d’exonérations de longue durée et d’un contrôle déterminant des projets stratégiques par des sociétés américaines. Un cumul d’avantages que la société civile qualifie de « double paiement » imposé à l’État congolais.

Sur le plan institutionnel, le CNPAV et la CAMV fustigent l’exclusion du Parlement congolais et des communautés concernées du processus de négociation et de ratification, en violation des principes constitutionnels. L’absence du ministère des Mines au sein du Comité conjoint de suivi de l’accord est également perçue comme un signal alarmant de marginalisation des institutions nationales chargées de la gouvernance minière.

Les deux coalitions tirent aussi la sonnette d’alarme face aux réformes législatives et constitutionnelles annoncées pour aligner le droit congolais sur les exigences de l’accord. Selon elles, ces réformes risquent d’affaiblir le Code minier révisé de 2018, de réduire les recettes publiques et d’ouvrir la voie à une captation des richesses nationales par une élite politico-économique, au détriment du peuple congolais.

Enfin, la société civile exige des clarifications immédiates sur les projets dits « stratégiques » destinés au développement à long terme de la RDC, notamment en ce qui concerne leurs critères d’éligibilité, leurs modalités de financement et leurs bénéficiaires réels. Sans garanties de transparence et de contrôle démocratique, préviennent le CNPAV et la CAMV, cet accord pourrait reproduire les erreurs du passé et compromettre l’avenir économique du pays.

Face à ces enjeux, les deux coalitions appellent à un réexamen profond de l’accord RDC–États-Unis sur les minerais critiques, afin qu’il serve véritablement l’intérêt national, respecte la Constitution et rompe définitivement avec les pratiques de bradage des ressources naturelles congolaises.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

Politique

DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement

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Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.

Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois

Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.

Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.

L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.

Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.

Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !

Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.

« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.

« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.

Émile Yimbu

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