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Recrutement d’enfants comme soldats en RDC : témoignage poignant d’un ex « Kadogo » démobilisé

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En RDC, des milliers d’enfants ont été recrutés et utilisés dans des conflits armés par les groupes armés.

Dans des zones en conflits, les groupes armés continuent d’accueillir, de recruter et d’utiliser les enfants pour renforcer leurs effectifs. Au sein des groupes négatifs, des enfants sont principalement utilisés comme combattants, porteurs et esclaves sexuels. En conséquence, ces enfants sont séparés de leur famille, privés de leur droit à l’éducation et exposés à des traumatismes physiques et émotionnels importants. Le gouvernement estime à 3662 le nombre d’enfants concernés par le recrutement et l’utilisation par les groupes armés, a confié à la presse, Sabrina Cajoly, coordinatrice du groupe de travail sur la protection de l’enfant.
Josué est un de ces gamins pris dans le tourbillon de l’histoire de la région des Grands-Lacs, à l’arrivée de la guerre de libération avec Laurent-Désiré Kabila en RDC. Après sa démobilisation, il rentre à l’école, obtient son diplôme d’Etat puis sa licence à l’Université de Lubumbashi.

Le cours des événements pour Josué Mufula commence à l’entrée des troupes rwandaises au Kivu, en octobre 1996. Elles conduisent Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa où il chasse le président Mobutu. Le garçon n’a que 12 ans, et déjà il porte une arme de guerre, comme tous les « kadogo », les petits en swahili pour désigner les enfants soldats. Il nous relate les faits.

« J’avais 12 ans lorsque j’ai intégré l’alliance des forces démocratiques de libération AFDL. Au fait, il y a deux raisons qui m’ont poussée à intégrer la rébellion. J’ai été témoin de l’agression de ma mère au marché de Goma par des militaires Zairois de l’époque venus de Kinshasa pour sécuriser les réfugiés Hutu après l’assassinat du président Juvénal Habyarimana en 1994. Je m’étais promis de venger ma mère », explique Josué.

« J’ai appris par la suite qu’il y avait un chef rebelle nommé Laurent Désiré Kabila qui tenait des meetings invitant les jeunes à venir pour aller à Kinshasa chasser la dictature de Monsieur Mobutu. J’ai pris cela comme de la vengeance. Personne ne m’a forcé comme d’autres enfants, moi je suis allé seul, mais je n’étais qu’un enfant qui ne pouvait pas décidé seul », regrette Josué.

« J’étais en plus séduit par les promesses de Mzee LDK, qui disait aux jeunes qui arriveraient vivant à Kinshasa, de leur faire étudier dans des grandes écoles en Europe. En entendant cela, j’ai décidé de rejoindre la rébellion », révèle-t-il.

« Une fois à Kinshasa, je voyais d’autres enfants aller à l’école en uniforme, j’avais qu’un seul envi, retourné à l’école. J’en ai parlé à mon chef qui m’a dit que ce n’était pas possible en ce moment-là. Mon chef m’avait interdit de parler de l’école au risque de révolter d’autres enfants « kadogo ». Je tenais tellement à retourner sur le banc de l’école que je suis entré en contact avec une Dame qui travaillait à l’UNICEF. C’est elle qui m’a aidé à reprendre mes études », relate Josué.

« Elle m’a demandé d’identifier d’autres enfants soldats de moins de 18 ans. C’est grâce à ces informations que le programme de démobilisation des enfants soldats recrutés et utilisés comme soldats a été mise en place. Je fais partie des premiers enfants à bénéficier de ce programme, après l’assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila », confie Josué Mufula, qui poursuit en disant que son intégration n’a pas été facile.

« J’ai été stigmatisé à l’école parce que j’étais un ex enfants soldat. Pendant ma démobilisation je suis passé par un centre de transit et d’orientation pour la réinsertion sociale », se rappelle Josué.
Il a souffert, après sa démobilisation, du syndrome post-traumatique comme beaucoup d’autres enfants qui ont fait la guerre.

« Des cauchemars, j’en avais. Il m’arrivait de me retrouver dans le terrain de guerre entrain de tirer et de tuer. Je voyais les souvenirs d’un ami qui était mort sur les champs de bataille ».

À en croire Nera Kanyinda, les enfants recrutés comme soldats, appelé à tuer parfois prennent du chanvre connaissent des troubles traumatique. Il faut un suivi pour éviter qu’ils retombent à nouveau. « Et si la réinsertion psychologique réussie, il faut aussi penser à organiser une réinsertion économique. L’enfant doit retrouver son intérêt dans la réinsertion, mettre les moyens nécessaires pour qu’il ne pense plus à sa vie passé dans le groupe armé ».

Le choix des jeunes enfants les groupes armés pourquoi ?

À la question de savoir pourquoi recruter des jeunes enfants en âge de scolarité alors qu’il existe des adultes sans travaille, un ancien compagnon de lutte de Laurent Désiré Kabila répond : « Ce sont les meilleurs. À un âge pareil il y a une obéissance totale. Ils ne sont pas distraits. Ils ne connaissent pas encore la vie intime. Ils sont consacrés à quelque chose: à l’Alliance. Ils n’ont pas d’autres idées. Ils ne sont pas dérangés moralement. Eux, ils sont consacrés à l’Alliance », déclare l’ancien compagnon de LDK.

Pour Annie Bambe, coordinatrice du Forum pour les droits des jeunes en RDC estime que, plusieurs enfants sont recrutés par des groupes armées dans des coins reculés du pays et où la majorité est pauvre. En échange d’une petite somme, les parents laissent leurs enfants. D’autres enfants par contre sont recrutés de force et les parents ont peur des représailles pour dénoncer.

Prévenir et mettre fin au recrutement d’enfants dans les forces et groupes armés

Selon Sabrina Cajoly, coordinatrice du groupe de travail sur la protection de l’enfant, outre la ratification de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant en 1990, la RDC a adoptée en 2009 la «Loi portant protection de l’enfant» qui criminalise le recrutement et l’utilisation d’enfants par les forces armées et les groupes armés, renforçant ainsi le Statut de Rome créant la Cour Pénale Internationale et qui a été ratifié par la RDC en 2002.

Maitre Arsène Mukendi de l’Institut Dallaire a fait savoir qu’en 2012, le Gouvernement de la RDC a signé avec les Nations Unies un Plan d’Action pour prévenir et mettre fin au recrutement et à l’utilisation des enfants ainsi qu’aux autres violations graves des droits des enfants commises par les forces de sécurité. Depuis lors, pour mettre en œuvre ce Plan, le Gouvernement a pris une série de mesures qui ont conduit, depuis quelques années, à la cessation du recrutement d’enfants par les FARDC.
L’action continue et pour prévenir l’apparition de nouveaux cas, en début 2017, le Gouvernement a donné la directive à tout le personnel des FARDC de respecter la procédure opérationnelle standard adoptée en avril 2016 sur la vérification de l’âge des membres des FARDC. Cette procédure est un outil de prévention du recrutement qui est désormais systématisé à tous les niveaux de l’armée.
D’après le rapport mapping sur les violations des droits de l’homme et droit international commise entre 1996 et 2003, en RDC, dans de nombreux cas, les enfants s’enrôlent de leur propre initiative dans l’armée ou dans un groupe rebelle, soit spontanément ou bien suite à des campagnes de recrutement intenses. Il existe plusieurs facteurs qui expliquent ce qu’on qualifie de « recrutement volontaire». La plupart des enfants y voient la seule alternative pour se protéger ou survivre économiquement. Certains y voient un acte patriotique, la contribution à une cause, d’autres s’engagent pour venger la mort de leurs parents ou sur la base de leur appartenance ethnique. Dans les Kivu et en Ituri en particulier, le recrutement a fréquemment été justifié par la nécessité de défendre une communauté contre les attaques d’une autre. Mais des milliers de garçons et filles ont aussi été recrutés contre leur gré. Dans d’autres coins de RDC, des enfants ont été enlevés de force de nuit comme en plein jour, en ville et même à leur domicile et dans les écoles. Les enfants séparés de leurs familles ou bien déplacés ont également été des proies faciles pour les recruteurs.
Depuis 2015, selon le Mécanisme des Nations Unies chargé de surveiller les violations graves faites aux enfants dans les conflits armés, aucun cas de recrutement par les FARDC n’a été documenté.

Elda Along

 

 

 

 

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EPST : La Synergie des Syndicats des enseignants met en garde le SECOPE !

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La Synergie des Syndicats des enseignants de la République Démocratique du Congo, réunie en Assemblée Générale le samedi 14 mai 2022 à Kinshasa, pour évaluer les promesses du Gouvernement aux enseignants, a lancé une mise en garde à l’endroit du Service de la Paie et du Contrôle des enseignants (SECOPE).

Au cours de la déclaration finale de cette réunion, lue devant la presse, le Secrétaire Général du Synecat, Jean-Bosco Puna, s’est exprimé en ces termes : ” La Synergie met en garde le SECOPE et l’invite à assurer ses prérogatives, conformément à ses missions initiales “.

Par contre, rien n’a été précisé comme grief à l’endroit de ce Service, lors de cette déclaration.

Dans la recherche des informations, la rédaction du CONGOPROFOND.NET est entrée en contact avec des écoles et a constaté que la grande majorité des enseignants mécanisés par le SECOPE, au mois de janvier, n’a pas été payée en avril, comme annoncé par le ministre de l’EPST.

Pour les enseignants affiliés à ces Syndicats, le Gouvernement n’a pas réalisé les promesses faites à Mbuela Lodge à Kisantu, au début du mois de novembre 2021, lors des négociations entre banc syndical des enseignants et le banc gouvernemental.

C’est pourquoi, ajoute Jean-Bosco Puna, : ” Les enseignants demandent au Gouvernement, avant d’envisager la rentrée scolaire prochaine, de suspendre la retraite cavalière, de payer le troisième palier à tous les enseignants de l’EPST et de payer les vrais enseignants N.U “.

Néanmoins, précise-t-il : ” Les enseignants décident de poursuivre les enseignements dans toutes les écoles primaires et secondaires, sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo et attendre la clôture de l’année scolaire 2021-2022, pour des actions bien planifiées à leur profit “.

Rappelons que l’année scolaire en cours a démarré le 04 octobre 2021 sur fonds de grève, au niveau des écoles publiques.

Les enseignants revendiquent l’amélioration de leurs conditions sociales. Les points saillants de ces revendications sont la régularisation de la situation des enseignants dits N.U et le paiement des deuxième et troisième paliers de salaires.

Selon les autorités, 70.023 enseignants Nouvelles Unités viennent d’être payées en avril dernier.

Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET

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