Sécurité
Reconduction de l’embargo contre la RDC par l’ONU : » Ne pas le faire aurait été suicidaire pour le pays » (Mise au point des autorités congolaises)
La Mission permanente de la République démocratique du Congo auprès des Nations-Unies a tenu à apporter des précisions sur l’interprétation de la décision prise par le Conseil de sécurité des Nations-Unies de reconduire le régime des sanctions contre la RDC.
Selon une certaine opinion largement relayée sur la toile, l’ONU n’aurait pas dû prendre cette décision au motif que l’obligation de notification qui pesait sur la RDC avait été levée en 2022.
Pour la Mission permanente de la RDC auprès de l’ONU, pareille interprétation relève d’une confusion qui frise « la non – maîtrise de la pratique du Conseil de sécurité en la matière, du modis operandi du régime de sanctions du Conseil de sécurité et de l’embargo institué à cet effet« .
« Le Conseil le fait et le fera toujours pour des raisons évidentes et aussi longtemps que les groupes armés actifs sur le territoire congolais seront illicitement alimentés en armes par des réseaux mafieux. Ne pas le faire aurait été suicidaire pour le pays car, cela priverait au Conseil de sécurité et à la RDC le bénéfice de connaître les exactions commises à l’Est du pays par les groupes armés et les armées étrangères« , indique-t-on dans la mise au point relayée par le ministère congolais de la Communication et des médias.
Par ailleurs, le document précise que la levée de l’obligation de notification d’achat d’armes qui pesait sur la RDC « ne met pas fin au régime des sanctions contre la RDC car, le Comité va continuer à surveiller l’embargo contre toutes les personnes et entités non gouvernementales menant des activités sur le territoire de la République Démocratique du Congo« .
De même, poursuit-il, le Groupe d’experts chargé d’assister le Comité des sanctions du Conseil de sécurité va poursuivre sa mission d’enquêter et de dénoncer les exactions commises à l’Est du pays par les groupes armés et les pays qui nous agressent.
« Il ne pouvait pas en être autrement car, l’exercice relève de la routine à laquelle le Conseil se livre chaque année depuis le 12 mars 2004, date à laquelle ses membres ont adopté la résolution 1533 (2004) par laquelle ils ont réaffirmé leur préoccupation devant la présence de groupes armés et de milices dans l’est de la RDC, en particulier dans le Nord et le Sud-Kivu et en Ituri, qui perpétuent un climat d’insécurité dans l’ensemble de la région« , insiste la Mission permanente de la RDC auprès de l’ONU.
Sied-t-il de rappeler qu’ à l’unanimité de ses membres, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a décidé le 27 juin dernier, de reconduire le régime de sanctions contre la République démocratique du Congo (RDC) jusqu’au 1er juillet 2025 et de proroger le mandat du Groupe d’experts chargé d’assister le Comité des sanctions jusqu’au 1er août 2025.
Par la résolution 2738 (2024), dont le projet était soumis par la France, porte-plume pour la RDC, le Conseil procède pour l’essentiel à une mise à jour technique de la résolution 2688 (2023), qui avait renouvelé le régime de sanctions et le mandat du Groupe d’experts il y a tout juste un an.
Willy Theway/ CONGOPROFOND.NET
Sécurité
14 décès en janvier, 8 blessés en février sans prise en charge… : la société civile dresse un bilan sécuritaire alarmant du premier trimestre 2026 à Butembo
La Coordination urbaine de la Société civile du Congo (SOCICO) à Butembo a présenté, ce 15 avril 2026, un bilan sécuritaire préoccupant couvrant les trois premiers mois de l’année. Selon cette structure, 14 personnes ont été tuées au mois de janvier dans différents incidents, notamment des incursions d’hommes armés, des cas de justice populaire et des découvertes de corps sans vie.
Le mois de février a, quant à lui, a été marqué par plusieurs drames, dont des éboulements et des actes criminels ayant fait au moins 8 blessés graves, déplorés sans prise en charge adéquate. Bien qu’une relative accalmie ait été enregistrée en mars, la SOCICO estime que la situation sécuritaire reste fragile et préoccupante dans la ville.
Face à ce constat, la société civile dénonce la faible réactivité des services de sécurité et l’impunité persistante. Elle appelle les autorités à renforcer les patrouilles mixtes, intensifier les enquêtes et améliorer l’éclairage public, tout en exhortant la population à collaborer avec les forces de l’ordre et à éviter le recours à la justice populaire.
Exaucé Kaya
