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RDC-TVA : dans les coulisses du bras de fer entre Félix Tshisekedi et les miniers

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Depuis début août, les opérateurs miniers de RDC luttent pour faire valoir leur opposition aux récentes décisions fiscales et budgétaires du gouvernement de Kinshasa. Les principaux acteurs du secteur se sont présentés en nombre le 8 septembre, lors d’une rencontre avec le président Félix Tshisekedi.

 

Le président congolais Félix Tshisekedi a rencontré les représentants des opérateurs miniers le 8 septembre 2020.

 

Le président congolais Félix Tshisekedi a rencontré les représentants des opérateurs miniers le 8 septembre 2020.

 

Les rencontres le 22 août avec le ministre des mines de RDC Willy Kitobo Samsoni puis le 26 avec le chef du gouvernement Sylvestre Ilunga Ilunkamba, n’avaient pas permis de résoudre leur différend avec l’Etat sur la TVA. Les miniers sont alors venus en force le 8 septembre rencontrer le président, Félix Tshisekedi.

 

Troupes contre troupes

Le président de la chambre des mines Louis Watum, pilote du développement du gisement géant de cuivre Kamoa-Kakula porté par Ivanhoe Mines, la société fondée par le magnat canadien Robert Friedland, est venu accompagné des autres grands de l’industrie pour défendre les intérêts des opérateurs. Etaient à ses côtés les directeurs locaux du suisse Glencore, Marie-Chantal Kanyinda, du canadien Barrick Gold Corp, Cyrille Mutombo, du kazakh Eurasian Resources Group, Sébastien Tshilemba. Ceux des entreprises à l’actionnariat majoritairement chinois étaient également présents, avec Freddy Elonga, pour MMG, et Simon Tuma-Waku de Tenke Fungurume Mining (TFM). Ce dernier, qui a présidé la Chambre des mines jusqu’en février, est aguerri aux pourparlers avec l’exécutif. Des cadres de la Chambre ont également participé : le secrétaire général John Nkono et la directrice administrative Nanou Nsuku, ainsi qu’un représentant de sa commission douanes, Eric Kalala, DG de Bolloré Africa Logistics en RDC.

 

Pour faire face à cette unité d’élite minière, Félix Tshisekedi avait convié ses meilleurs collaborateurs. Outre Sylvestre Ilunga et Willy Kitobo, étaient présents son conseiller principal sur les mines Michel Eboma Ablavi et le vice-ministre des finances Junior Mata, tous deux membres du parti du président Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ainsi que le très influent conseiller spécial en matière d’investissements, Jean-Claude Kabongo . L’indéboulonnable directeur du Cadastre minier (CAMI), Jean-Félix Mupande était lui aussi de la partie. Le chef de l’Etat a également pu compter sur deux hommes en première ligne sur les questions de TVA et paiements aux miniers : Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), et Barnabé Muakadi Muamba, à la tête de direction générale des impôts.

 

Proposition sur la TVA

La colère des miniers s’étant galvanisée après la décision du gouvernement du 31 juillet de suspendre l’exonération de TVA dont ils bénéficient sur les importations, c’est avec ce sujet que la réunion du 8 septembre a commencé. Chacun a campé sur ses positions, l’exécutif restant décidé à stopper cette exonération – notamment sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) qui veut des contreparties en cas d’appui financier à la RDC -, alors que les miniers militent pour son maintien. L’Etat a néanmoins reconnu ses difficultés à rembourser les crédits, et donc acté qu’il serait mieux pour lui de ne plus recouvrer le montant de TVA versé, qui n’est pas une recette, mais de se cantonner à l’enregistrer.

 

Ceci a mené le vice-premier ministre et ministre du budget Jean-Baudoin Mayo Mambeke, ainsi que le ministre des finances José Sele Yalaghuli, à recommander à leurs collègues du gouvernement, lors du conseil des ministres du 11 septembre, d’entériner la solution suivante : suspendre la TVA à l’importation afin de passer à une TVA d’auto-liquidation. Selon les ministres, ceci permettrait aux miniers de ne plus payer la taxe mais de l’inscrire seulement sur leurs déclarations d’imposition.

 

Autre sujet brûlant : la suppression des compensations des crédits TVA voulue par l’Etat. Actuellement, la TVA est compensée à 60 % et payée à 40 %. Les miniers ont proposé, notamment par la voix de Cyrille Mutombo (de Barrick) de la conserver, mais en passant à 40 % de TVA compensée et 60 % payée. Ils n’ont pas obtenu de réponse favorable des autorités. Le conseil des ministres du 11 septembre a en effet uniquement acté un moratoire sur cette suppression jusqu’à évaluation de la situation.

 

Le remboursement des arriérés de TVA, doléance majeure des miniers puisqu’ils s’élèvent, selon eux, à plus d’un milliard de dollars, n’aura sûrement pas de dénouement immédiat. Il a été décidé qu’un audit du montant exact sera réalisé. Une commission gouvernement-opérateurs sera créée avant de se pencher sur la question cruciale des modalités de l’acquittement de sa dette par l’Etat.

 

Pas d’avancée sur les saisies

C’est aussi une commission mixte faisant des recommandations au cas par cas qui a été préconisée pour résoudre l’un des autres litiges Etat-miniers abordés le 8 septembre : les saisies de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD). Le dossier est pourtant urgent selon les miniers qui assurent que, réalisées sur leurs comptes, ces opérations bloquent leurs activités. La volonté du gouvernement de voir rapatriées les recettes d’exportation et les contentieux entre opérateurs et direction générale des douanes – également évoqués le 8 septembre – n’ont quant à eux pas trouvé d’issue.

 

De quoi ouvrir potentiellement la voie à de nouvelles entrevues, puisque le président Félix Tshisekedi a conclu la réunion du 8 septembre en assurant que sa porte restait ouverte et qu’il était à leur service.

 

Africa Intelligence


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ESPT/Dossiers « Clé de répartition des frais scolaires et les 10% alloués aux bureaux gestionnaires »: Le ministre Mbutamuntu réagit !

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Le ministre provincial en charge de l’Éducation de la ville de Kinshasa, Charles Mbutamuntu Lwanga, réagissant aux deux articles publiés par CONGOPROFOND.NET en date du 27 septembre 2022, sur la pratique de la clé de répartition des frais scolaires et les 10% alloués aux bureaux gestionnaires, contestés par les enseignants du réseau protestant, évoque son souci de renforcer la supervision contre les structures spécialisées avec les « Anti-valeurs ». Nous publions in extenso sa lettre parvenue à notre rédaction par le canal de sa cellule de communication.

Kinshasa, le 29 septembre 2022

Au responsable de Congoprofond.net

Objet: Droit de réponse

Monsieur le responsable de Congoprofond.net,

Votre média en ligne a publié, en date du 27 septembre 2022, deux articles épinglant principalement le Ministre Provincial de l’Éducation/Ville de Kinshasa, Son Excellence Charles Mbutamuntu.

Le premier avait comme titre « EPST/Pratique de la clé de répartition : Charles Mbutamuntu passe outre les instructions de Tony Mwaba »; tandis que le second était intitulé « Epst: les 10% alloués aux bureaux gestionnaires par Charles Mbutamuntu contestés à Kinshasa »*.

Deux articles publiés le même jour, ce qui frise un acharnement pur et simple à l’égard d’un membre de l’Exécutif provincial dont la compétence et les prouesses ne sont plus à démontrer.

Pour votre gouverne, il n’ y a jamais eu violation des instructions du Ministre national Tony Mwaba, concernant la clé de répartition. Le souci pour nous est de renforcer la supervision contre les structures spécialisées avec les Anti-valeurs.

La première des choses à savoir est que le Ministre national n’avait jamais fixé les frais d’appui aux besoins des enseignants. Ces frais ont été fixés par l’Arrêté de Son Excellence Monsieur le Gouverneur, conformément au souci du Ministre national de soulager les enseignants du secondaire, et en attendant que le Gouvernement de la République concrétise les efforts déjà en cours pour améliorer les conditions de vie des enseignants.

Dans le souci de mettre fin aux antivaleurs et traquer les réseaux mafieux, Son Excellence Monsieur le Gouverneur a mis en place, dans son arrêté portant fixation des frais, une commission de suivi chargée de renforcer la supervision contre les ennemis de la gratuité. Et depuis le début de l’année, plusieurs réseaux sont démantelés et les mafieux ont peur. Pour soutenir le fonctionnement des comités de suivi (enseignants assis), la Commission urbaine avait levé deux options, notamment la contribution des écoles privées et le fonctionnement.

Il convient de souligner que pour concrétiser la vision du Chef de l’État, pilotée par le Warrior Tony Mwaba, le pourcentage des frais affectés à l’appui des enseignants est passé de 80% l’année passée à 90% cette année. Nos amis syndicalistes des écoles protestantes ne le savent peut-être pas, car Son excellence Charles Mbutamuntu avait prévu de les rencontrer pour échanges, après l’avoir fait avec les Catholiques. Les 10% affectés à l’appui des bureaux gestionnaires dans leur travail de supervision soutiennent la lutte contre les antivaleurs.

Je vous remercie de publier ce droit de réponse dans son intégralité pour éclairer la lanterne de l’opinion.

Lefils MATADY, Coordonnateur/Cellule de Communication

Ministère provincial de l’Éducation/Kinshasa


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