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Justice

RDC – Rentrée judiciaire 2025-2026 : Entre espoir pour les droits des magistrats et défiance envers les syndicats

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La protection des magistrats, un enjeu au cœur des discours, mais absente des actes

Kinshasa, 15 octobre 2025 — La rentrée judiciaire de l’année 2025-2026 s’est ouverte ce mercredi au Palais du Peuple, en présence du Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Une cérémonie où les discours sur la moralisation de la justice ont contrasté avec les interrogations sur le sort de plus de 2 500 magistrats recrutés mais toujours non rémunérés.

Une justice à l’offensive contre la corruption

Le ton a été donné par le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde. Il a fermement dénoncé l’enrichissement illicite, qu’il présente comme une manifestation concrète du détournement des fonds publics. Il a plaidé pour en faire une infraction autonome en droit congolais, afin de renforcer l’arsenal juridique contre la corruption.

Dans la même lignée, le Premier président de la Cour de cassation, Élie Léon Kabeya, a appelé le Parlement à réviser la législation sur le barreau pour exiger davantage de moralité et d’éthique chez les avocats, piliers de l’institution judiciaire.

De son côté, le Bâtonnier Michel Shebele a fustigé la procédure de « prise à partie », qu’il considère comme un obstacle majeur à l’exécution des décisions de justice, affaiblissant ainsi l’autorité des tribunaux.

Des magistrats laissés pour compte

Derrière les déclarations de principe, la cérémonie a mis en lumière les lacunes de la gouvernance judiciaire. Plusieurs députés du Bloc démocratique ont interpellé le ministère des Finances sur la situation critique des 2 500 nouveaux magistrats qui, bien que recrutés et budgétisés depuis janvier 2025, n’ont encore perçu aucun salaire.

Des fonds auraient pourtant été débloqués, selon les élus, qui dénoncent un système à deux vitesses : d’un côté, de grands discours républicains ; de l’autre, des agents de la justice délaissés, alors qu’ils sont censés incarner son renouveau.

Un défi à deux faces

La rentrée judiciaire 2025-2026 envoie ainsi un double message : une volonté affichée de moralisation, face à des défis structurels criants. La justice congolaise n’a plus seulement besoin de réformes symboliques ; elle exige des actes concrets pour restaurer la confiance, garantir la dignité des magistrats et protéger l’indépendance de l’institution.

Un exemple frappant de ces lacunes est le parcours des magistrats de la Promotion de l’État de Droit (Session 2025). Récemment titularisés après avoir franchi de justesse les dernières étapes, ils ont dû se battre seuls, abandonnés par les syndicats traditionnels des magistrats qui n’ont pas plaidé leur cause.

Cette situation soulève une question plus large : les syndicats de magistrats sont-ils encore en mesure de défendre efficacement leurs membres ?

Au-delà des thèmes officiels de cette rentrée, c’est bien la crédibilité même de l’institution judiciaire, dans son fonctionnement et sa capacité à protéger ceux qui la servent, qui se joue.

Elyane Mukuna et Adeodat Likinda ,Bulldozer / Congoprofond.net

À la Une

Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats

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L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.

Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.

D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées

Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.

Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.

En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.

Entre interrogations et attentes

L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.

Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.

Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET 

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