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RDC : OLPA exige une enquête après l’agression de 2 journalistes à Mbuji-Mayi
L’Observatoire de la Liberté de la Presse en
Afrique (OLPA), organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de presse, exige une enquête après l’agression de Serge Kayeya et de Jean Baptiste Kabeya, journalistes à la Radio Fondation Daniel Madimba (FDM Radio), station communautaire émettant à Mbuji mayi, chef-lieu de la province du Kasaï oriental, au centre de la République démocratique du Congo (RDC).
Serge Kayeya et Jean Baptiste Kabeya ont été agressés, le 8 mai 2020 à 20 heures (heure locale), au péage du pont Lubilanji à l’entrée de la ville de Mbuji mayi, par un groupe d’agents de la Direction générale des recettes du Kasaï oriental (DGRKOR) commis au péage de Lubilanji et se réclamant proches de M. Jean Maweja Muteba, gouverneur de la province du Kasaï oriental. C’était au moment où ils revenaient du tournage d’une émission dans le territoire de Katanda à 60 kms de Mbuji mayi.
Ces agents ont confisqué tout ce que les journalistes détenaient par devers eux (deux téléphones, trois casques du studio, deux enregistreurs) avant de les assener des coups de poing. Ils ont eu la vie sauve grâce à l’intervention des éléments de la Police nationale congolaise (PNC/Mbuji mayi). Ils accusaient les journalistes d’appartenir à un média qui diffuse les informations qui minimisent les actions du gouverneur de province.
Eu égard à ce qui précède, OLPA condamne cette agression des journalistes. Il s’agit manifestement d’une violation de la législation congolaise et des instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.
Par voie de conséquence, OLPA exige une enquête afin d’identifier les auteurs de ces actes et les déferrer devant les juridictions compétentes, ainsi que la restitution des effets confisqués.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Insécurité grandissante à Watsa : Nasson Paluku Luvatsi accuse un dispositif sécuritaire « mal orienté »
La situation sécuritaire dans le territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, suscite une vive inquiétude au sein de la population. En moins d’une semaine, plusieurs attaques armées, des pillages nocturnes ainsi que des cas de justice populaire ont été signalés dans différents centres de négoce, alimentant un climat de peur et de méfiance.
Face à cette recrudescence de violences, l’acteur sociopolitique Nasson Paluku Luvatsi pointe du doigt l’organisation actuelle du dispositif sécuritaire dans la région. Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi 4 mars 2026 à Congo Profond.net, il affirme que la montée de l’insécurité serait en grande partie liée à la répartition des forces de l’ordre dans le territoire.

Un vide sécuritaire dans les zones habitées
Selon Nasson Paluku Luvatsi, une proportion importante des policiers serait actuellement déployée dans les carrières minières afin d’assurer la protection d’opérateurs étrangers, laissant plusieurs quartiers et centres de négoce avec une couverture sécuritaire très limitée.
« Les bandits opèrent presque librement pendant que la population est exposée », déplore-t-il.
Pour lui, ce choix stratégique crée un véritable déséquilibre dans la protection du territoire. Les zones résidentielles, moins surveillées, deviennent ainsi des cibles privilégiées pour les criminels, notamment lors d’attaques nocturnes répétées.
Des failles internes dans le dispositif sécuritaire
Au-delà du redéploiement contesté des forces de l’ordre, l’acteur sociopolitique dénonce également plusieurs dysfonctionnements internes qui affaibliraient l’efficacité des services de sécurité.
Il évoque notamment :
– l’insuffisance numérique des agents de sécurité dans le territoire ;
– le manque de formation adéquate pour certains éléments ;
– l’absence de patrouilles régulières dans plusieurs zones sensibles ;
– des cas d’indiscipline, certains agents s’adonnant à l’ivresse ou à des activités incompatibles avec leur mission.
Pour Nasson Paluku Luvatsi, l’accumulation de ces défaillances réduit considérablement la capacité de réaction face aux groupes criminels qui opèrent dans la région.
Une série d’incidents violents qui inquiète
Ses déclarations interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Ces derniers jours, plusieurs incidents graves ont été enregistrés dans le territoire de Watsa : attaques armées contre des centres de négoce, pillages nocturnes, blessés et même des cas de justice populaire ayant coûté la vie à des présumés bandits.
Pour l’acteur sociopolitique, cette multiplication d’actes violents traduit également une perte progressive de confiance d’une partie de la population envers les services censés garantir sa sécurité.
Un appel à des mesures urgentes
Malgré ses critiques, Nasson Paluku Luvatsi appelle la population à éviter toute forme de justice populaire et à collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
Il plaide cependant pour des mesures urgentes afin de restaurer l’ordre et la confiance :
– un redéploiement stratégique des policiers vers les zones habitées ;
– un renforcement des effectifs ;
une amélioration de la formation professionnelle ;
– un contrôle disciplinaire plus strict des agents.
Selon lui, dans un territoire entouré de zones déjà affectées par l’insécurité, l’inaction pourrait rapidement aggraver la situation.
Les autorités sécuritaires sont désormais attendues sur des réponses concrètes afin de restaurer la paix et la confiance de la population dans le territoire de Watsa.
Junior Kasamba / CongoProfond.net
