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RDC : Nzumba Nzinga Francine obtient son doctorat en fiscalité grâce à une thèse sur la communication fiscale et la mobilisation de la TVA
Nzinga Nzumba Francine a officiellement obtenu le grade de docteur en fiscalité après la soutenance de sa thèse consacrée à « la communication fiscale en République démocratique du Congo : un regard sur la Taxe sur la Valeur Ajoutée à l’intérieur et à l’importation ». La cérémonie académique s’est déroulée devant une pléthore d’étudiants, des membres de sa famille ainsi que le corps scientifique de l’Université pédagogique nationale (UPN), séduits par l’éloquence, la clarté et la précision de la récipiendaire dans ses réponses aux questions du jury.
Une analyse scientifique de la communication fiscale
Dans son travail doctoral, Nzinga Nzumba Francine s’est attachée à analyser le rôle de la communication fiscale dans l’amélioration de la mobilisation de la TVA en République démocratique du Congo entre 2012 et 2023. L’étude met en lumière l’importance des stratégies de sensibilisation des contribuables afin de renforcer l’adhésion volontaire au paiement de l’impôt et d’améliorer les recettes publiques.

« La communication fiscale constitue l’âme de tout progrès dans la gestion des taxes et des impôts. Elle permet de sensibiliser la population et de renforcer le civisme fiscal indispensable au financement des charges publiques de l’État », a expliqué la nouvelle docteure devant le jury et l’assistance.
Des résultats révélateurs sur la mobilisation de la TVA
À travers l’analyse des données budgétaires et une enquête menée auprès de 600 contribuables, la recherche démontre que l’efficacité de la communication fiscale peut contribuer à augmenter le nombre d’assujettis et améliorer la compréhension de la TVA par les contribuables. L’étude met également en évidence l’évolution en dents de scie des assignations budgétaires et des recettes réalisées par les régies financières.
Ainsi, les assignations budgétaires de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) ont fluctué entre 2012 et 2023, avec un plancher de 1040 millions USD en 2020 et un plafond de 2784 millions USD en 2015. Parallèlement, les recettes réalisées par la Direction générale des impôts (DGI) ont connu une évolution oscillatoire, passant de 1525 millions USD en 2012 à un pic de 4235 millions USD en 2023.

Des pistes pour améliorer les recettes de l’État
Face à ces constats, la thèse propose plusieurs recommandations, notamment le renforcement de la communication fiscale, la mise en place de centres de gestion agréés pour accompagner les petits contribuables et une gestion plus professionnelle de la TVA par les régies financières.
« L’amélioration de la communication fiscale peut contribuer à redynamiser la TVA aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’importation, en renforçant la compréhension et l’adhésion des contribuables », a soutenu Nzinga Nzumba Francine.
La qualité scientifique du travail et la maîtrise du sujet ont particulièrement marqué le jury. Selon plusieurs témoignages recueillis dans la salle, la récipiendaire a soutenu avec brio sa thèse, répondant avec assurance et précision aux différentes questions posées, ce qui n’a pratiquement pas laissé beaucoup de temps aux membres du jury pour délibérer avant de confirmer son admission au grade de docteur en fiscalité.
Exaucé Kaya
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Rumba congolaise en deuil : François Esabe « Zigo Zago », le batteur pionnier de Thu Zahina, s’est éteint
La grande famille de la rumba congolaise est une nouvelle fois frappée par le deuil. Le batteur François Esabe, plus connu sous le sobriquet de « Zigo Zago », figure emblématique de l’orchestre Thu Zahina, s’est éteint dans la soirée du mercredi 11 mars à Lubumbashi.
Avec sa disparition, la musique congolaise perd l’un de ces artisans discrets dont le talent, souvent dans l’ombre, a pourtant accompagné l’évolution sonore de la rumba.

Un enfant de l’Athénée de Kalina et de la génération fondatrice de Thu Zahina
Formé dans le creuset musical de l’Athénée Royal de Kalina, aujourd’hui Athénée de la Gombe, François Esabe appartient à la génération fondatrice de l’orchestre Thu Zahina.
Cet ensemble musical naît de l’initiative d’anciens élèves de cet établissement mythique de Kinshasa. Sous la direction de Robert Ntumba, et avec le soutien de Arsène Tshomba, l’orchestre s’impose rapidement comme l’un des laboratoires sonores de la rumba moderne.
Au cœur de cette dynamique, la batterie de « Zigo Zago » imposait un rythme énergique et novateur, participant activement à l’identité musicale du groupe.
Un batteur au cœur de l’âge d’or des orchestres estudiantins
Le parcours de François Esabe se confond avec l’âge d’or des orchestres estudiantins qui ont animé la scène kinoise à la fin des années 1960.
Derrière ses fûts, il développe un jeu percussif souple et précis qui accompagne plusieurs compositions marquantes de Thu Zahina, notamment Lokoko ou Ba Patrons na ba Mbongo, interprétées par le chanteur Denis Bonyeme.
Son style contribue à renforcer la structure rythmique de la rumba et à lui donner une dimension plus moderne.
Un débat sur l’introduction de la batterie dans la rumba
Pour certains historiens de la musique congolaise, l’apport de François Esabe dépasse largement le simple rôle d’accompagnateur.
Selon le musicographe Arsène Lutumba, le batteur de Thu Zahina aurait introduit l’usage structuré de la batterie dans la rumba congolaise dès 1967, année de la création de l’orchestre.
Cette thèse vient nuancer l’idée souvent attribuée au légendaire batteur Seskain Molenga, notamment lors de la prestation de l’orchestre de Tabu Ley Rochereau à l’Olympia de Paris en 1970.
Un héritage musical et familial
Au-delà de ce débat historiographique, François Esabe demeure un maillon essentiel de la transition instrumentale qui a progressivement modernisé la rumba congolaise en intégrant pleinement la batterie dans ses orchestrations.
Son héritage se prolonge également dans sa descendance musicale. Il était le père de Blaise Esabe, ancien batteur du groupe Wenge BCBG, disparu l’année dernière à Lubumbashi.
Une tragique résonance familiale qui renforce l’émotion suscitée par cette disparition.
Une mémoire discrète mais essentielle de la rumba
Avec la mort de François Esabe « Zigo Zago », c’est une mémoire discrète mais fondamentale de la rumba congolaise qui s’efface.
Un pionnier parfois oublié par les chroniques officielles, mais dont les battements ont contribué à écrire une page importante de l’histoire musicale du Congo.
Dans le silence laissé par ses baguettes demeure l’écho d’un rythme qui, lui, continuera de vibrer dans le patrimoine de la rumba congolaise.
Barca Horly Fibilulu Mpia
