À la Une
RDC/Nord-Kivu : les pygmées plaident pour leur représentativité dans les instances de prise de décision
Les peuples autochtones ont célébré ce vendredi 09 août la journée qui leur est dédiée. Se considérant comme marginalisés, les pygmées ont exprimé le voeu de voir les dispositions légales au niveau nationale et internationale dont ils sont bénéficiaires être respectées afin qu’ils jouissent des mêmes droits que les autres catégories de la population. Ils citent, en l’occurrence, leur représentativité dans les organes de prise de décision du Nord-Kivu car, selon eux, ils ont toutes les capacités tant physiques qu’intellectuelles pouvant leur permettre en assumer la responsabilité.
Cela tombe d’ailleurs à point nommé vu que le gouvernement provincial n’est pas encore mis sur pied, estiment-ils. » Nous sommes capables de gérer certains secteurs vitaux de la province et nous ne réclamons pas seulement un ministère », a déclaré Diele Mochire Mwenge, directeur provincial de l’organisation Programme Intégré du Peuple Pygmée au Kivu( PIDP).
« Comme le gouvernement provincial n’est pas encore sorti, c’est une opportunité de voir comment les autorités, les officiels peuvent penser que nous sommes aussi là. Et pour nous, c’est un honneur de dire que nous avons aussi droit d’accéder à des postes de responsabilité dans notre province. La configuration géopolitique ou à travers les partis politiques ne suffit pas pour qu’il y ait harmonie entre les différentes couches socio-culturelle et ethniques de la province. Le seul fait de ne pas être cadre d’un parti politique constitue un alibi de nous exclure au chapitre, encore que nous avons des cartes d’électeurs et nous avons participé au vote », plaide-t-il.
Au cours de ces travaux, les pygmées ont aussi émis le vœu de voir, un jour, parler une langue commune comme le veut le thème retenu pour cette année « les langues autochtones » avant de s’engager résolument à lutter contre la maladie à virus Ebola qui sévit dans la région, voilà un an. Cependant, il rélève qu’aucun pygmée ne soit jusque-là vacciné pour se protéger contre ladite épidémie.
Signalons qu’une proposition de l’édit provincial portant protection des peuples autochtones est en cours d’élaboration par certaines organisations œuvrant dans ce domaine dont le PIDP-Kivu.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
À la Une
« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
