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RDC/Ministère de l’Economie : qui oppose Didier Okito à Acacia Bandubola ?
Les relations entre la ministre de l’Economie nationale, Acacia Bandubola, et son vice-ministre Didier Okito sont au beau fixe. Ceci vaut une fixation de l’opinion pour ceux qui pensent que Didier Okito et Acacia Bandubola se tireraient dessus.
Ceci vaut également pour une certaine presse partisane et friande des polémiques qui fait croire à travers ses lignes et dans les réseaux sociaux qu’il existe une quelconque crise au sein du ministère de l’Economie. Cette presse de « Milles collines » cite des sources quelle ne nomme pas et fait distiller dans l’opinion des faits qui, en réalité, n’existent pas, mettant en scène une mésentente inventée entre Bandubola et Okito.
Cette posture des professionnels des media qui se transforment en professionnels de montage honteux pour opposer les autorités qui incarnent l’identité de la nation congolaise est dangereuse. Sous d’autre cieux, les hommes d’Etat sont respectés par tous et considérés comme des _primes inter pares_ et gardés comme des icônes du pays.
Didier Okito, convient-il de souligner, pour sa part, fait partie de ces personnalités de la RDC qui ne se livrent pas aux commérages pour des luttes intestines.
Élu de Bukavu, Didier Okito se dit être mandaté par sa base pour travailler à Kinshasa au sein du Gouvernement central, et n’est pas là pour mener de petites guéguerres byzantines. Acacia Bandubola est doublement son chef et sa sœur, avec laquelle il travaille pour faire triompher le travail gouvernemental pour lequel ils bénéficient de la confiance du chef de l’Etat, de leurs mentors respectifs et du Premier ministre Ilunga Ilunkamba.
Il se refuse de céder aux chantages de crieurs publics qui profitent de l’Internet pour mettre en mal des relations plutôt bonnes et au beau fixe.
Didier Okito se dit pur africain. A ce titre, il compatit à la double douleur dont a fait face la dame de fer Bandubola qu’il accompagne dans leur tâche gouvernementale.
Quant aux bobards relatés par certains internautes zélés qui cherchent à salir l’image de ces deux collaborateurs, Didier Okito affirme agir selon son modèle politique, Joseph Kabila Kabange, qui laisse dire pour ne répondre que lorsqu’il estime que les mots sont plus grands que le silence.
Emile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
