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RDC : l’hommage présidentiel rendu au patriarche Kitenge Yezu inhumé ce jeudi
Décédé le lundi 31 mai dernier, Henri Kitenge Yesu, Haut Représentant et Envoyé Special du Chef de l’Etat a été porté en terre ce jeudi 3 juin au Nécropole Entre Terre et Ciel dans la périphérie Est de la capitale.
Bien avant l’inhumation, Yesu Kitenge a reçu l’hommage du président de la république Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo venu se recueillir devant sa dépouille mortelle.

Accompagné de son épouse, la première Dame Denise Nyakeru, le Chef de l’Etat est arrivé au funérarium de l’Hopital du Centenaire où le couple présidentiel s’est incliné devant le cercueil de l’illustre disparu couvert du drapeau national et déposé une couronne de fleurs.
Très ému, le couple présidentiel a ensuite adressé quelques mots de compassion et de réconfort à l’endroit des enfants Kitenge.

Le premier ministre Sama Lukonde, les membres de son gouvernement, les Présidents des deux chambres du parlement, le cabinet du président de la république , des membres de ses familles politique et
Biologique ont aussi rendu un hommage digne de son rang à ce proche collaborateur du Chef de l’Etat.
En présence du couple présidentiel, les différentes personnalités qui se sont succédé devant le présentoir ont relevé les qualités exceptionnelles de ce « stratège politique ».
Entouré des membres du groupe de travail stratégique piloté par feu Yesu Kitenge, M François Mwamba Tshishimbi a loué les qualités managériales de ce fin stratège entré en politique à l’âge de 17 ans.

François Mwamba a décrit Yesu Kitenge comme « l’organe » tant il était le cerveau moteur des stratégies politiques ayant abouti à la création de l’Union Sacrée de la Nation pour porter la vision du Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Compagnon de lutte depuis 1961, le sénateur Tshimbombo Mukuna , visiblement ému, à résumé le parcours politique très riche de cet acteur politique.
« Kitenge Yesu était un commis de l’Etat rigoureux, loyal et inflexible », a dit M. Tshimbombo Mukuna.
« il était l’épée et le bouclier du président de la République », a ajouté M. Tshimbombo Mukuna.
Formé à Bruxelles, Kitenge Yesu a débuté sa carrière politique comme consul général adjoint à Luanda.
Député de Kinshasa puis commissaire du peuple, il a exercé plusieurs fonctions politiques notamment ministre pendant la deuxième république.
Dans son oraison funèbre, le conseiller principal du chef de l’Etat au collège culture et arts ,M. Théophile Tshilumba n’a pas tari d’éloge au « Stratège Yesu ».

Pour sa part Laurent Batumona qui s’est exprimé au nom des alliés de l’UDPS voit en cette disparition une « perte énorme ».
La meilleure manière de lui rendre hommage est de protéger l’œuvre de l’Union Sacrée qu’il a laissée, a-t-il conclu.
Nommé Haut Représentant et Envoyé Spécial du Chef de l’Etat en mars 2019, le patriarche Kitenge Yesu était l’un des piliers du cabinet du président de la république.
Il était de toutes les manœuvres qui ont abouti à l’Union Sacrée de la Nation.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité
Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.
Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante
Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.
Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.
Les failles du système judiciaire actuel
Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.
La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.
Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.
Les conditions d’une justice crédible
Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.
Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.
Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.
Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.
Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
