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RDC : Le recrutement de la jeune fille par les groupes armés ( Tribune de Masandi Victor )
En RDC, les femmes et jeunes filles sont parmi les premières victimes de l’instabilité politique et sécuritaire à l’Est du pays. L’Est de la RDC est en proie aux conflits armés depuis 1996 avec la guerre de libération, situation qui continue dans certaines parties de la région dans l’Est de la RDC. Des femmes et filles meurent à la guerre, d’autres attrapent des grossesses précoces, d’autres sont violées, amenées dans la brousse pour devenir esclaves sexuelles et restent sans étudier. Des filles qui se retrouvent en zones des conflits, ont moins de chance que leurs amies qui sont nées dans des milieux où il n’y a pas d’hostilités.
C’est le cas d’une jeune maman aujourd’hui, une ex Mai mai du groupe 13ème Brigade qui évoluait à Nabiondo dans les années 2001 et 2005 au Nord-Kivu.
Mariée et mère de 3 enfants, cette dame a été recrutée dans le groupe armé « 13ème Brigade » en 2001 alors qu’elle avait 13 ans. Elle était garde du corps d’un certain commandant Kaunda Jean-Pierre. Pour elle, il fallait être dans ce groupe armé pour que sa famille soit protégée. C’était à l’époque de la rébellion du RCD/Goma.
« Aujourd’hui si on me demande de reprendre cette expérience d’enfant-soldat je n’accepterais pas et jamais », avoue-t-elle.
« Ma jeunesse m’a été volée. Je n’ai jamais continué mes études à cause de la guerre à l’Est et surtout à cause de mon recrutement dans ce groupe armé où j’étais fille-soldat », révèle-t-elle.
« Les quatre ans passés en brousse étaient des moments de cauchemars atroces pour moi que je ne souhaiterais jamais que ça arrive à mes enfants même si, la sécurité n’est pas encore totale dans la province où nous vivons », relate-t-elle.
Elle affirme qu’elle est restée avec beaucoup de séquelles de la guerre difficile d’échapper, surtout qu’elle n’a jamais bénéficié d’un encadrement psychologique après sa vie dans le groupe armé.
« Le moment le plus difficile pour moi après la vie des armes, était quand je me suis sentie renier, rejetée en quelque sorte par les siens et pourtant de moi-même j’avais résolu d’abandonner les armes car, la rébellion, la guerre en général c’est une mauvaise expérience. J’avais abandonné la vie de fille-soldat à l’âge de 17 ans. Je suis resté presque seul et enfermé à moi-même durant environ, année et demie. C’est ce qui avait précipité même mon mariage et pourtant après avoir reçu le kit de démobilisés mon souhait était celui de suivre une formation de couture. Mes amies, et même certains membres de la famille étaient indifférents vis-à-vis de moi. C’est seulement grâce à mon pasteur que j’ai recouvré mon calme social », relate-t-elle.
De toute évidence la RDC a été radiée de la liste des Nations Unies des pays qui recrutent et utilisent des enfants comme soldats en octobre 2017. Mais comme disait Mme Dee Brillenberg la Cheffe de la Section Protection de l’Enfant de la mission de l’ONU en RDC en février 2019 ; « Il faut éliminer le phénomène enfant soldat pas seulement des FARDC mais du territoire du Congo. La grande menace pour les enfants dans le contexte des conflits en RDC demeure le recrutement. Lorsqu’on parle de recrutement, l’on doit penser d’abord aux groupes armés, comme cause de justification de la présence des enfants dans les rebellions ».
La RDC plus que jamais s’est dédouanée de suite d’un nombre de mesures d’actions signé le 05 octobre 2012 dans le cadre de l’adoption des résolutions 1612(2005) et 1882(2009) qui visaient la prévention sur le recrutement et l’utilisation d’enfants comme soldats et de mettre fin à ces pratiques.
Sur les 26 provinces de la RDC, le recrutement et l’utilisation d’enfants comme soldats est constaté plus fréquemment dans cinq provinces dont: l’Ituri, le Nord et le Sud-Kivu, Maniema et Tanganyika.
La volonté politique pour mettre fin à l’activisme des groupes armés
En mai 2021, le Chef de l’Etat de la RDC avait décrété l’État de siège dans deux provinces de l’Est du pays où il y a l’activisme des groupes armés. Cette situation met aussi en mal les enfants filles et garçons qui sont aussi parmi les victimes car recrutés et utilisés par ces forces négatives.
Depuis que le Président de la République avait décrété l’État de siège dans ces zones, les FARDC sont dans la traque des groupes rebelles pour mettre fin à l’insécurité qui y règne.
Quelque temps plus tard, en septembre 2021 Félix Tshisekedi Président de la RDC nomme le Coordonnateur national du programme Démobilisation, désarmement, relèvement communautaire et stabilisation (DDRC). Ce programme, qui est le quatrième, intervient 6 ans après le troisième qui n’avait jamais été mis en marche.
Les sanctions
L’article 8 du statut de Rome qualifie de crime de guerre l’enrôlement et l’utilisation d’enfants comme soldat pour cause des conflits.
Pour le cas de la RDC, deux chefs des guerres ont déjà été condamnés pour avoir enrôlé des enfants dans leurs troupes.
Au niveau interne, Jean-Pierre Biyoyo avait été condamné en 2006 par un tribunal congolais et en 2012 soit 6 ans après, Thomas Lubanga a été condamné aussi par la Cour pénale internationale.
Le plaidoyer de la société civile.
En RDC, les femmes sont plus victimes dans des zones de conflits. C’est pourquoi des organisations de la défense des droits de la femme et fille plaident pour la participation de la femme dans l’initiative visant le maintien et la recherche de la paix et de la sécurité comme le recommande la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Puisqu’il y a cette volonté politique d’en finir avec ce mal avec l’état de siège ; nous pensons que le congolais s’imprègne de plus en plus et à tout le niveau que le problème des enfants demeure une préoccupation mondiale, régionale, nationale, locale, familiale. L’intérêt supérieur de l’enfant doit hanter tous les décideurs surtout les acteurs du secteur de sécurité afin que cesse définitivement ce mal qui est le problème de recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats dans notre pays en particulier de la jeune fille. Aussi un plan de contingence doit être envisageable dans tous les territoires en proie aux rébellions. Que le Programme Désarmement Démobilisation et Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDCS) puisse affûter ses armes de sensibilisation et d’encadrement avec d’autres partenaires pour permettre l’intégration facile des ex-enfants soldats.
Masandi Victor
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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
