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RDC : le piège de l’Est

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La nième contestation, par le président rwandais, Paul Kagame, du Rapport Mapping des Nations sur les massacres des populations congolaises et d’autres graves atteintes aux droits de l’homme, avec en ligne de mire des officiers et soldats de son armée, continue de soulever des vagues au sein des états majors politiques et des organisations de la société civile. Interrogé au sujet des propos de son homologue rwandais, le président congolais, Félix Antoine Tshisekedi, s’est refusé à verser dans la polémique. Cette réponse a été interprétée diversement, certains estimant même que la réplique aurait dû être virulente.

Mais a-t-on bien compris la problématique de l’insécurité récurrente dans la partie Est du pays ? A-t-on saisi la portée réelle de la posture adoptée par le président congolais ?

Ceux qui font réellement attention à la manière dont Félix Antoine Tshisekedi aborde la question sécuritaire de la partie Est du pays auront constaté que sa préoccupation majeure est la restauration de la paix, de la sécurité, de l’autorité de l’Etat, dans le but de permettre à cette zone géographique de contribuer aussi à la reconstruction du pays, à la création des richesses pour ses citoyens, et non à l’enrichissement des Etats voisins.

C’est du reste là l’objectif principal de la mise en œuvre de l’état de siège en Ituri et dans le Nord-Kivu.

Le Président de la République affiche un optimisme tel que tous les segments de la communauté nationale ont adhéré à son initiative. Cette « union sacrée » contre une situation inacceptable ne pourrait que donner, le moment venu, les résultats escomptés, à savoir la pacification totale de l’Est du pays et son contrôle total par le pouvoir central.

S’il est vrai que la sortie médiatique de Paul Kagame énerve plus d’un Congolais, il y a lieu de souligner que les réalités qu’il tente de nier sont connues du grand Congo, de l’Afrique et du monde. Les massacres des Congolais et le pillage de leurs ressources nationales sont des faits connus et documentés.

La gêne de Kagame est compréhensible, dans ce sens qu’il lui est difficile, en tant que numéro un d’un Etat impliqué dans les atrocités épinglées dans le Rapport Mapping, d’avouer sa part de responsabilité. L’homme fort de Kigali peut tout rejeter, mais il n’effacera jamais des pages d’histoire la guerre de Kisangani, en 2000, au cours de laquelle son armée, ainsi que celle de l’Ouganda, s’étaient affrontées aux armes lourdes en pleine ville, faisant des milliers de morts parmi les Congolais. Le dossier est du reste pendant à la Cour Internationale de Justice. Tôt ou tard donc, les auteurs de la boucherie humaine de Kisangani devraient rendre compte et payer le prix de leurs turpitudes militaires.

Nombre d’observateurs auront constaté que Kagame tente, par ses propos maladroits, de distraire l’opinion congolaise en l’engageant dans un débat stérile. C’est le lieu d’inviter nos compatriotes à faire preuve de lucidité pour comprendre la manœuvre et éviter de tomber dans son piège. D’aucuns se demandent comment se présente le piège.

La réponse est que le piège se trouve dans l’intoxication de l’opinion interne par certains acteurs politiques qui clament, haut et fort, qu’il faut absolument faire la guerre au Rwanda. C’est, à leurs yeux, l’unique alternative pour la RDC et son peuple de se faire respecter par ses voisins de l’Est.

A qui profiterait la guerre et partant la perpétuation de l’insécurité au Nord-Kivu, en Ituri et pourquoi pas au Sud-Kivu et ailleurs ? Il appert, à l’analyse, qu’il n’y aurait pas mieux pour ouvrir largement la porte à la grande insécurité, à l’anarchie, aux tueries, aux violences de toutes sortes et au pillage à grande échelle de ressources naturelles congolaises. Les groupes armés et leurs parrains, congolais comme étrangers, seraient tout heureux de se retrouver dans leur milieu naturel, celui de l’Etat de non-droit qu’est en train de perturber l’état de siège.

Une situation de guerre entre la RDC et le Rwanda ou un autre voisin de cette zone rouge serait un grand retour en arrière, de nature à réveiller tous les démons qui militent pour la balkanisation du pays.

Ce piège-là, les Congolais ont décidé de l’éviter et ils vont sûrement l’éviter. Car, le Président de la République, à qui il a été demandé dernièrement dans les médias de réagir aux propos de Kagame, a eu la sagesse de faire état de « l’essentiel » que nous devions réaliser et de « l’accessoire » à rejeter.

On peut rappeler, ce qu’il a déclaré à ce sujet : « Le Rapport Mapping a été élaboré par des experts des Nations Unies. La République Démocratique du Congo continue à croire qu’un jour, justice sera faite à toutes les victimes de ces violences à l’Est de mon pays… Je tiens à ce que la paix et la sécurité règnent à l’Est de la République Démocratique du Congo. Il appartiendra à la justice de désigner les coupables ».

Kimp/Le Phare


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Insalubrité : Kinshasa, une capitale crasseuse…

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Kinshasa. C’était la réponse il y a quelques années à une question posée aux participants du magazine « Question pour un champion » sur la chaine de télévision francophone TV5 au sujet de la capitale la plus crasseuse de la planète. Il y avait certes eu de l’indignation à travers la ville. Mais dans la conscience collective, il s’avérait que cette réponse pouvait tout autant être correcte.

La saleté, c’est l’une de caractéristiques de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Le chanteur JB Mpiana l’a dit dans une des ses chansons, soulignant que « Poto Moindo » (belle ville subsaharienne) de jadis est devenue une ville folle, sale, avec des mœurs détruites, une grosse poubelle. Ancien gouverneur de la ville province de Kinshasa, André Kimbuta avait bizarrement pris la décision de placer des poubelles publiques sur les grandes avenues, rendant la mégapole malodorante, des ordures ainsi exposées dégageaient une puanteur insupportable dans la ville. « J’ai demandé aux autorités un financement conséquent pour évacuer les immondices et rendre la ville propre, mais en vain », avait-il lâché une fois. L’on se souvient encore d’une autre phrase qui s’était échappée de lui face à une détérioration indescriptible sur une centaine de mètres de la chaussée de l’avenue de l’Université dans la commune de Ngaba, que la population avait nommé « Libulu Manzengele ». Celui qu’on appelle Haut Sommé ou encore Ya André s’était écrié sur un ton un peu humoristique mais sincère et hors caméra : « Mboka oyo ekobonga lisusu te » (cette ville ne s’affranchira pas de son marasme). C’est la représentation de l’Union européenne à Kinshasa qui s’est investi dans l’évacuation des immondices entassés sur les décharges publiques placées au bods de grandes artères de la ville.

Écarté des affaires, André Kimbuta a laissé la place à Gentiny Ngobila Mbaka. Et ce dernier a de go centré son action sur la propreté de la capitale, avec le programme « Kin Bopeto ». Quelques artères principales dans la ville sont réhabilitées ou même reconstruites après des décennies, mais la saleté a tellement la peau dure à Kinshasa, presqu’au grand désespoir des autorités du pays.

Lorsqu’il y a averses sur Kinshasa, après la pluie, ce n’est nullement le beau temps ! La ville est quasi inondée, l’eau des pluies s’évacuent à peine dans des tranchées et caniveaux non curées, des mares d’eau par-ci par-là ; une configuration de chaos général s’observe à Kinshasa après la pluie, sans mentionner des dégâts importants, et même de pertes en vue humaines occasionnées par le mariage entre le courant électrique dont les fils sont mal installés et les eaux de pluie qui trainent. L’on a encore frais en mémoire le drame de Matadi-Kibala dans la partie ouest de la ville où une trentaine des femmes vendant dans le petit marché à la suite du détachement d’un câble électrique de moyenne tension. C’est à croire que l’autorité n’existe pas, la ville semble ne pas être gérée.

Les communes de Lingwala et Kinshasa…

Certaines communes de Kinshasa pourraient même prétendre au meilleur prix de mauvaise gouvernance. Tenez, les communes de Lingwala et Kinshasa sont presque inaccessibles après même une petite pluie d’une trentaine de minutes. Les conduits d’eau construits depuis la colonisation belge et bourrés d’ordures y jetés par la population en déficit de conscientisation sur la gestion des ordures sont littéralement obstrués. C’est le typique cas du ruisseau de la commune de Lingwala, traversant le camp policier Lufungula, bordant les rues Kato et Entente, ainsi que Kato Nord, avant de franchir l’avenue de Libération (ancienne avenue du 24 novembre) et se muer en rivière Gombe. Ce petit cours d’eau est une parfaite illustration de l’inattention des autorités concernées sur le sujet. Ce ruisseau n’a plus été curé depuis deux ou trois ans, étant devenu un dépotoir d’ordures et un canal de vidange de fosses sceptiques des habitations environnantes. L’eau y coule péniblement, une forte végétation a poussé sur la lie du ruisseau déjà rempli de déchets en plastiques. Le bureau communal de Lingwala ne semble pas du tout s’en émouvoir.

Après la pluie dans la commune de Kinshasa, tout est boue ! La saleté est à son comble, il n’est pas surprenant de retrouver la merde -provenant des fosses sceptiques dans des caniveaux du reste pleins d’eaux qui ne coulent pas ! Les autorités urbaines (les bourgmestres), ainsi leur hiérarchie (le gouverneur), devraient être interpellées au siège de la question de l’hygiène dans la capitale de la République démocratique du Congo, plaide un natif de Lingwala ayant requis l’anonymat.

Martin Enyimo/CONGOPROFOND.NET


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