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RDC : Le chef de l’armée ougandaise menace d’arrêter le gouverneur de l’Ituri et évoque une possible prise de Kisangani
Le gouverneur militaire de la province de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, est la cible de menaces publiques et directes émises ces deux derniers jours par le général Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF).
Dans une série de messages publiés sur son compte Twitter, le général Muhoozi a qualifié le gouverneur de l’Ituri de « très stupide », l’accusant de s’opposer depuis le début aux opérations de l’UPDF en République démocratique du Congo. « Nous allons l’arrêter très bientôt », a-t-il écrit.
Ces propos interviennent alors que les tensions entre les autorités congolaises et la force ougandaise déployée en Ituri dans le cadre de l’opération « Shujaa » sont à nouveau mises en lumière.
Dans un autre message, le chef des armées ougandaises affirme : « L’UPDF ne s’opposera pas à la prise de Kisangani par le M23. Mais il leur faudra agir vite, sinon nous le ferons nous-mêmes. » Il évoque également des messages WhatsApp reçus de « compatriotes de Kisangani » et écrit : « Nous pourrions capturer la vidéo demain si Mzee nous le permettait. »
Dans d’autres publications, Muhoozi Kainerugaba prend position contre le groupe armé CODECO, actif en Ituri : « CODECO prie le Diable tous les jours ! Nous prions Jésus-Christ tous les jours. Voyons qui est le plus fort ? Jusqu’à présent, nous avons tué 300 membres de CODECO. J’en veux au moins 10 000. »
Il ajoute : « Je n’abandonnerai jamais les Ougandais de l’Est du Congo. Les Alurs, les Bahema, les Banande et les Batutsi. Ce sont nos frères et nous avons le DROIT de les protéger ! »
Ces déclarations surviennent après de violents affrontements ayant opposé l’UPDF à des miliciens de CODECO, du 19 au 20 mars 2025, dans la cité de Fataki, territoire de Djugu. L’armée ougandaise affirme avoir tué au total 242 miliciens lors de ces combats, en réponse à des attaques répétées. Elle affirme également avoir enregistré un mort et quatre blessés dans ses rangs.
Selon le colonel Chris Magezi, responsable de la communication des UPDF, les milices CODECO auraient récemment conclu « un pacte avec le groupe terroriste ADF » et intensifié leurs attaques contre des communautés congolaises, en particulier l’ethnie Hema.
Aucune réaction officielle n’a été enregistrée, à ce stade, du côté du gouvernement congolais, ni au niveau provincial, ni au niveau central. Un militaire congolais blessé lors des affrontements à Fataki a été évacué vers Bunia par la MONUSCO.
Déployée en RDC depuis novembre 2021, l’UPDF opère dans le cadre de l’opération conjointe « Shujaa », lancée avec les FARDC pour traquer les ADF, responsables de massacres en RDC et d’attentats en Ouganda. L’armée ougandaise est présente dans les territoires de Djugu et Mahagi depuis la mi-février 2025.
ACTUALITE.CD
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
