Environnement
RDC : Lancement de la campagne agricole 2025-2026 à Menkao
Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a procédé jeudi 28 Août 2025, au lancement officiel de la campagne agricole 2025-2026, lors d’une cérémonie organisée à Menkao, dans la commune de Maluku.
La cérémonie a été marquée par la remise symbolique de tracteurs et d’équipements agricoles aux exploitants, un geste destiné à encourager la mécanisation et à stimuler la production nationale. Le chef de l’État a appelé les bénéficiaires à en faire bon usage afin de contribuer à l’autosuffisance alimentaire du pays.
Parmi les personnalités présentes figurait la professeure Marie Nyange Ndambo, ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat. Invitée par le ministère de l’Agriculture, sa participation a souligné les liens entre agriculture et protection de l’environnement, notamment en matière de gestion durable des forêts et des écosystèmes.

Le ministre de l’Agriculture, Jean-Pierre Muhindo Nzangi, est également intervenu pour réaffirmer son engagement à répondre aux défis du secteur. Il a rappelé quelques mesures prises depuis son arrivée à la tête du ministère, notamment l’acquisition de véhicules pour faciliter le travail du personnel.
La participation de la ministre de l’Environnement a été perçue comme une occasion pour elle de s’imprégner des enjeux liés à l’agriculture et de constater sur le terrain les efforts entrepris pour développer ce secteur clé. Pour le gouvernement, le lancement de cette campagne agricole illustre la volonté de renforcer la sécurité alimentaire et de faire de l’agriculture un levier de développement durable.
Dorcas Mwavita
À la Une
Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.
Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale
Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.
« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.
Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :
– à l’éducation,
– à l’eau potable,
– aux soins de santé,
– et aux opportunités économiques.
Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.
Une loi pour protéger les peuples autochtones
La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.
Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.
« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.
L’éducation comme clé de l’émancipation
Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.
Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.
Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.
« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.
Forêt, peuples autochtones et crédits carbone
Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.
Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.
« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
