Environnement
RDC – Belgique : un partenariat renforcé pour l’environnement et le développement durable
La ministre congolaise de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, Marie Nyange Ndambo, a reçu ce mercredi 27 Août, une délégation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, conduite par son Délégué général, David Thonon, et la Responsable pays de l’APEFE, Anne Coppens.
Lors de cet échange, les partenaires belges ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une économie verte et durable en RDC.
« Nous avons eu l’opportunité de rencontrer Mme la Ministre afin de nous assurer que nos objectifs sont en parfaite harmonie. Je suis heureux de constater que nous partageons les mêmes priorités », a déclaré David Thonon.
L’APEFE (Association pour la Promotion de l’Éducation et de la Formation à l’Étranger), qui met en œuvre plusieurs programmes de coopération, intervient actuellement dans quatre provinces du pays. Ses actions concernent notamment :
- l’éducation au Katanga et au Kasaï Oriental,
- le maraîchage au Katanga en collaboration avec le ministère de l’Agriculture,
- la pisciculture au Kongo Central avec le ministère de l’Élevage et de la Pêche.
Ces projets, financés pour la période 2022-2026, visent à renforcer les capacités locales et à répondre aux défis environnementaux.
La délégation belge a profité de cette rencontre pour discuter des perspectives futures de coopération. Selon Anne Coppens, les prochains programmes (2027-2031) mettront davantage l’accent sur la lutte contre le changement climatique et la protection de l’environnement.
« Nous sommes convaincus que nos destins sont liés. C’est à travers une action concertée et volontaire que nous pourrons garantir un avenir durable pour nos deux nations », a-t-elle soutenu.
Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation du public, rappelant « le rôle essentiel que doit jouer la presse » dans la vulgarisation des enjeux climatiques.
Pour la ministre Marie Nyange Ndambo, cette rencontre illustre l’importance des partenariats stratégiques pour répondre aux défis environnementaux auxquels la RDC fait face. La coopération avec la Belgique s’inscrit dans la vision de promotion d’une économie verte et d’un développement durable au bénéfice de la population congolaise.
Dorcas Mwavita
À la Une
Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.
Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale
Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.
« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.
Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :
– à l’éducation,
– à l’eau potable,
– aux soins de santé,
– et aux opportunités économiques.
Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.
Une loi pour protéger les peuples autochtones
La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.
Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.
« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.
L’éducation comme clé de l’émancipation
Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.
Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.
Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.
« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.
Forêt, peuples autochtones et crédits carbone
Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.
Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.
« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
