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Lubero : La prostitution des jeunes filles, symptôme d’une vulnérabilité sociale profonde
Dans plusieurs villages du territoire de Lubero, notamment autour des sites d’exploitation artisanale de l’or, la prostitution touche de plus en plus de jeunes filles issues de familles vulnérables. La pauvreté persistante, la crise monétaire et le manque d’emplois constituent les principaux facteurs qui poussent certaines adolescentes vers cette pratique. Les lieux concernés sont variés : débits de boissons alcoolisées, logements précaires, établissements informels, mais aussi certains cadres associatifs de jeunes.

Grossesses précoces et déscolarisation
L’un des effets les plus visibles de ce phénomène reste la multiplication des grossesses précoces. Des filles âgées de 15 à 16 ans deviennent mères alors qu’elles sont encore à l’école. Des cas d’abus impliquant des adultes, y compris dans le milieu scolaire, sont régulièrement évoqués. Depuis plusieurs années, de nombreuses familles se retrouvent ainsi à prendre en charge des enfants nés de ces grossesses non planifiées, aggravant davantage leur précarité.
Pressions familiales et foyers brisés
Lorsqu’une adolescente tombe enceinte, la responsabilité familiale devient souvent source de conflits. Dans certains cas, la famille de la jeune fille exige que l’auteur de la grossesse assume, ce qui conduit parfois à des fuites vers d’autres provinces ou à l’enrôlement dans des groupes armés.
Cette situation contribue à l’augmentation des foyers instables et à la fragilisation du tissu social local.
Relations déséquilibrées et exploitation
Le phénomène est également alimenté par des relations déséquilibrées entre adolescentes et hommes adultes mariés ou économiquement actifs (commerçants, chauffeurs, ouvriers, joueurs, etc.). Ces relations, souvent motivées par l’argent ou des avantages matériels, exposent les jeunes filles à diverses formes d’exploitation et compromettent leur développement social et éducatif.
Santé sexuelle et reproductive en difficulté
Face aux risques, certaines jeunes filles recourent à des méthodes de planification familiale, naturelles ou médicales, notamment les implants contraceptifs. Toutefois, la diminution des actions de sensibilisation et de prévention menées par certaines ONG a laissé un vide préoccupant. Les infections sexuellement transmissibles, dont la blennorragie, se propagent et affectent aussi les couples mariés, les hommes transmettant parfois ces infections à leurs épouses.
Un appel à l’action collective
La prostitution des jeunes filles à Lubero n’est pas un fait isolé, mais le reflet d’une crise sociale plus large. Elle appelle à une réponse concertée des autorités, des familles, des écoles, des structures sanitaires et des organisations de la société civile afin de renforcer la protection des adolescentes, lutter contre l’impunité et offrir de réelles alternatives économiques et éducatives.
Sadrack Bihamba/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
