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RDC et Ouganda engagés à redynamiser les échanges dans le secteur touristique
Le « Tourisme » a fait l’objet d’échanges, ce mardi 28 juillet à Kinshasa, entre Charles Kagiri, chargé d’affaires de l’Ouganda en République Démocratique du Congo et le ministre du Tourisme, Dr Yves Bunkulu Zola.
Le ministre du Tourisme a rappelé au diplomate ougandais qu’il y a déjà deux protocoles d’accord entre les deux pays. Mais ces documents n’ont jamais été ratifiés. D’où sa volonté de saisir son homologue par des canaux diplomatiques pour accélérer ce processus. Le patron du secteur touristique en RDC envisage une visite à Kampala pour sceller les relations. Le chargé d’affaires de l’Ouganda a, quant à lui, estimé qu’il est maintenant question de fixer le Cap vers la ratification de ces protocoles d’accord qui ont été retardés suite à la COVID-19.

Signalons que les échanges de ce mardi rentrent dans le cadre d’un suivi après l’engagement des deux chefs d’États.
Au regard de la nouvelle donne liée à la crise sanitaire mondiale, les deux pays doivent se parler avant de voir les autres pays au monde.
Notons que la RDC et l’Ouganda partagent en commun une partie du Parc de Virunga et le Lac Albert. Le ministre Yves Bunkulu Zola a estimé qu’il est nécessaire de formaliser les échanges au regard des liens et contacts qu’il y a au niveau de la frontière. Il faut aussi, précise-t-il, revaloriser le secteur du tourisme en cette période de crise sanitaire qui rend difficile le déplacement vers des pays lointains, car cela va permettre aux deux pays de tirer profit en relançant l’industrie du Tourisme.

Le chargé d’affaires a promis de faire parvenir le message au ministre du Tourisme de l’Ouganda pour faciliter la tâche.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Kananga : à la rivière Nganza, le lavage des motos devient une école d’entrepreneuriat pour les jeunes
À la rivière Nganza, située à Kananga, une scène devenue familière se répète chaque jour. Des dizaines de jeunes, âgés de 14 à 35 ans, s’activent sans relâche autour des motos et des véhicules qu’ils nettoient du matin au soir, du lundi au dimanche.
Dans un contexte marqué par le manque d’emplois formels, cette activité de lavage d’engins motorisés s’impose comme une véritable bouée de sauvetage économique. Elle permet à ces jeunes non seulement de subvenir à leurs besoins quotidiens, mais aussi d’envisager un avenir plus stable.
La débrouillardise comme moteur de survie
Munis de seaux, de chiffons et d’une détermination sans faille, ces jeunes ont transformé les abords de la rivière en un espace de travail dynamique. Ici, pas de contrat ni de sécurité sociale, mais une volonté commune de s’en sortir par leurs propres moyens.
Les revenus journaliers oscillent entre 10 000 et 15 000 francs congolais, avec des variations selon l’affluence et la « chance du jour ». Une somme modeste, mais souvent suffisante pour couvrir les besoins essentiels.

Portrait : Junior XL, symbole d’une réussite progressive
Parmi ces jeunes figure Junior XL, un prénom devenu presque une marque sur les lieux. Marié et père de deux enfants, il exerce cette activité depuis 2019. Ce travail, qu’il qualifie lui-même de « débrouillardise », lui a permis de construire son foyer et d’assumer ses responsabilités familiales.
« Grâce à ce travail, j’ai pu me marier et organiser ma vie », confie-t-il avec fierté.
La solidarité financière à travers les ristournes
Au-delà du travail individuel, une organisation collective renforce leur résilience économique. Junior XL participe à une ristourne, un système d’épargne communautaire, avec une contribution journalière de 5 000 francs congolais.
Cette pratique, très répandue dans les milieux informels, permet aux membres de disposer, à tour de rôle, d’un capital plus important pour investir ou faire face à des imprévus.
Diversification des revenus : un pas vers l’entrepreneuriat
Grâce aux fonds issus de cette ristourne, Junior XL a franchi une étape supplémentaire en ouvrant un petit restaurant pour son épouse, toujours à proximité de la rivière.
Avec un sens aigu du commerce, il oriente régulièrement ses clients vers ce point de restauration. Une stratégie simple mais efficace : après le lavage de leurs motos, certains deviennent aussi consommateurs, contribuant ainsi à faire prospérer l’activité familiale.
Des ambitions au-delà du lavage
Malgré les difficultés, Junior XL ne manque pas d’ambition. Son objectif à moyen terme est d’acquérir une moto neuve afin de se lancer dans le transport en commun et diversifier ses sources de revenus.
Comme lui, de nombreux jeunes de la rivière Nganza nourrissent l’espoir de transformer cette activité de survie en un véritable tremplin vers l’entrepreneuriat.

Un secteur à encadrer pour maximiser son impact
Si cette activité constitue une réponse concrète au chômage des jeunes, elle reste informelle et peu structurée. L’absence d’encadrement, d’infrastructures adéquates et de mesures d’hygiène pose plusieurs défis.
Un accompagnement des autorités locales ou d’organisations de développement pourrait améliorer les conditions de travail, accroître les revenus et transformer ces initiatives en véritables micro-entreprises.
À Kananga, le lavage des motos à la rivière Nganza dépasse le simple cadre d’un petit métier. Il incarne la résilience, l’ingéniosité et l’esprit entrepreneurial d’une jeunesse déterminée à se frayer un chemin vers un avenir meilleur, malgré les contraintes économiques.
Mike Tyson Mukendi
