Mémoire
RDC : Des activités culturelles ouvertes prévues pour commémorer les 65 ans de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba
65e anniversaire de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, héros national et figure emblématique de l’indépendance congolaise, le Centre culturel artistique des pays d’Afrique centrale (CCAPAC) a dévoilé un programme spécial d’activités ouvertes au public, prévu le 17 janvier 2026 sur l’esplanade de cet établissement culturel situé dans la commune de Kasa-Vubu, au cœur de la capitale congolaise.
L’annonce a été faite dans la nuit de dimanche à ce lundi par le directeur général du CCAPAC, Balufu Bakupa-Kanyinda, à l’occasion de la rentrée cinématographique de l’année dans cette institution culturelle publique.
« Le 17 janvier, c’est dans quelques jours. Nous allons commémorer le 65e anniversaire de l’assassinat de Patrice Lumumba. Donc, nous aurons tout un programme d’activités ouvertes sur notre esplanade », a déclaré M. Balufu, soulignant le caractère historique et éducatif de cette journée.
*Une commémoration culturelle et mémorielle*
Le programme annoncé entend mêler cinéma, théâtre, expositions, débats publics, prestations artistiques et autres formes d’expression pour honorer la mémoire de Lumumba, tout en éveillant les consciences citoyennes, notamment chez les jeunes. L’objectif est clair : transmettre l’héritage idéologique de Lumumba, sa vision panafricaniste, son combat pour la souveraineté, la dignité et l’unité de la RDC.
La commémoration sera également marquée par la participation de Michelle Polatinga, que le directeur du CCAPAC a saluée pour son rôle dans la valorisation de la mémoire de Lumumba au-delà des médias.
«Elle a transporté, au-delà des médias, les saluts de Lumumba, commandeur du soleil. Et je pense que cela a attiré l’attention sur notre propre histoire dans ce pays», a déclaré M. Bakupa, sans préciser le format de son intervention.
*Un devoir de mémoire collectif*
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de résurgence mémorielle en RDC, où plusieurs institutions publiques et privées s’engagent à réhabiliter les figures historiques nationales longtemps marginalisées ou méconnues. En organisant des activités culturelles et éducatives autour de Lumumba, le CCAPAC contribue à ancrer la mémoire de l’ancien Premier ministre dans l’imaginaire collectif des Congolais, en particulier des jeunes générations souvent éloignées des réalités historiques du pays.
Cette journée de commémoration devrait également servir de tribune pour des appels à l’unité nationale, à la souveraineté et à la réappropriation de l’histoire congolaise, à un moment où le pays fait face à des enjeux sécuritaires et identitaires majeurs.
Le CCAPAC appelle le grand public, les élèves, étudiants, artistes et acteurs culturels à participer massivement à ces activités qui visent à faire vivre l’héritage de Lumumba au-delà des discours officiels.
Félicien MK | CONGOPROFOND.NET
Mémoire
Disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo : une pionnière de la politique congolaise s’en va
La scène politique de la République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est éteinte ce mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa, à l’âge de 81 ans. Sa disparition met fin à une vie marquée par un engagement constant au service de l’État, ainsi que par une remarquable carrière politique.
Son ascension au sein de l’appareil d’État zaïrois illustre une carrière construite avec rigueur et ambition. Dès 1967, elle est nommée bourgmestre de la commune de Gombe, cœur administratif et politique de la capitale. Elle occupera par la suite des fonctions de premier plan, notamment comme vice-gouverneure de Kinshasa, avant d’en devenir gouverneure. En 1972, elle est appelée à diriger la province du Kongo-Central, alors connue sous le nom de Bas-Zaïre.
Au fil des années, elle a également participé à l’action gouvernementale, contribuant à la mise en œuvre des politiques publiques à une période charnière de l’histoire nationale.
Née en 1944 à Tshumbe, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est imposée très tôt comme une figure montante dans les sphères du pouvoir. Dans un contexte politique dominé par les hommes, elle a su tracer son chemin avec détermination, devenant l’une des rares femmes à accéder à de hautes responsabilités sous le régime de Mobutu Sese Seko.
Au-delà de ses fonctions, Catherine Nzuzi wa Mbombo restera dans les mémoires comme une femme de caractère, issue d’une lignée engagée et résolument tournée vers l’action publique. Dans un environnement souvent peu favorable à l’ascension des femmes, elle a su s’imposer avec autorité, ouvrant ainsi la voie à une plus grande participation féminine dans les hautes sphères de décision.
Mère de famille, elle a su conjuguer vie familiale et responsabilités publiques, incarnant un modèle de leadership pour plusieurs générations de Congolaises.
Parallèlement à sa carrière politique, elle s’est distinguée dans le monde des affaires. Elle fait partie de cette génération de femmes congolaises qui ont su allier engagement politique et initiatives économiques, contribuant à redéfinir le rôle de la femme dans la société congolaise moderne.
La disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo est un événement considérable dans la mémoire collective et politique du pays. Elle restera comme l’une des figures emblématiques de son époque, une pionnière dont le parcours continue d’inspirer.
En ce moment de recueillement, la nation congolaise rend hommage à une femme d’exception, dont l’empreinte dans les institutions publiques et dans l’histoire politique nationale demeurera indélébile.
Régis NGUDIE/Congoprofond.net
