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RDC : Déchu de la tête des FARDC, Christian Tshiwewe nommé Conseiller militaire de F. Tshisekedi
Dans une annonce faite ce jeudi 19 décembre 2024 à la Télévision nationale, le général d’armée Tshiwewe Songesha Christian vient d’être nommé conseiller militaire du Président de la République, Félix Tshisekedi.
Nouvellement remplacé à la tête de l’état-major général des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) par le Lieutenant Général Banza Mwilambwe Jules, le général Tshiwewe quitte la tête des FARDC au moment où l’armée congolaise fait face à la rébellion du M23, soutenue par Kigali. Sous son commandement, convient-il de rappeler, plusieurs localités du Nord-Kivu sont tombées sous le contrôle des rebelles.
Ancien numéro 1 de la Garde Républicaine à l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, en 2019, il avait succédé au général-major Gaston Hugues Ilunga Kampete.
Élevé, plus tard, Lieutenant Général des FARDC, puis nommé chef d’état-major général, Christian Tshiwewe avait été promu, enfin, général d’armée.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
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Jean Angwalima : Le “Al Capone” kinois, entre mythe urbain et réalité troublante
À Kinshasa, le nom « Angwalima » dépasse aujourd’hui la simple identité d’un homme. Il est devenu un mot du jargon populaire, synonyme de voleur rusé, méthodique et insaisissable.
Pourtant, comme le rappelle le chroniqueur Ngimbi Kalumvueziko, « Angwalima n’est pas qu’un mythe urbain : c’est d’abord un homme bien réel qui a marqué Léopoldville au lendemain de l’indépendance ».
Jean Angwalima s’impose ainsi comme l’un des personnages les plus fascinants – et controversés – de l’histoire criminelle congolaise.

Léopoldville, théâtre de ses exploits
Dans les années 1960, alors que la ville de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) se transforme après l’indépendance, Angwalima multiplie les cambriolages spectaculaires.
Il cible particulièrement les quartiers huppés (Kalina, Limete, Mont Stanley ou encore Ma Campagne ) où réside une nouvelle bourgeoisie congolaise ayant succédé aux colons européens.
Selon Ngimbi Kalumvueziko, « ses opérations, d’une précision presque chirurgicale, nourrissaient autant la peur des riches que l’admiration silencieuse des petites gens ».
Dans les rues, les récits de ses coups audacieux circulent, amplifiés par l’imaginaire collectif.
Une légende aux accents mystiques
Très vite, Angwalima dépasse la simple figure du voleur pour entrer dans la légende.
On lui prête des pouvoirs surnaturels : invisibilité, capacité d’hypnotiser ses victimes, ou encore maîtrise mystérieuse des serrures les plus complexes.
Ngimbi Kalumvueziko note à ce sujet que « la ville fabrique elle-même son héros nocturne, entre fascination et exagération ».
Ses arrestations répétées, suivies d’évasions spectaculaires de la prison de Makala, renforcent encore son image d’homme insaisissable.
L’audace ultime : un cambriolage présidentiel ?
La rumeur la plus persistante reste celle d’un cambriolage de la résidence du président Joseph Kasa-Vubu.
Bien que jamais confirmée, cette histoire contribue à bâtir son aura quasi mythique.
Comme l’écrit Ngimbi Kalumvueziko, « qu’elle soit vraie ou non, cette rumeur suffit à consacrer Angwalima comme un défi vivant à l’autorité de l’État ».
Du banditisme à la chute
Avec le temps, Angwalima quitte le cambriolage pour rejoindre une bande de criminels armés opérant en périphérie de la capitale.
Mais cette escalade marque un tournant tragique. Après le meurtre d’une fermière dans la région de Kasangulu, il est arrêté avec ses complices.
Le chef de bande, Ngabidila, est condamné à mort et exécuté publiquement. Angwalima, lui, échappe de justesse à la peine capitale.
Selon Ngimbi Kalumvueziko, « des interventions discrètes, notamment d’officiers originaires de l’Équateur, auraient pesé dans la commutation de sa peine ».
Prison, oubli… puis rédemption inattendue
Condamné à la prison à vie, Angwalima est transféré à Luzumu, dans le Kongo Central.
Libéré dans les années 1970, il disparaît progressivement des radars après s’être installé à Bana, dans un ancien village de “paysannat”.
Le plus surprenant reste sa dernière métamorphose : son retour à Kinshasa dans les années 1990… comme prédicateur.
Ngimbi Kalumvueziko conclut avec une pointe d’ironie : « le destin d’Angwalima rappelle que les trajectoires humaines échappent souvent à toute logique ».
Une renommée jusqu’aux États-Unis
L’écho de ses exploits dépasse les frontières du Congo. Le prestigieux The New York Times lui consacre un article en 1963, le comparant à Al Capone.
Une consécration internationale pour celui que Kinshasa n’a jamais cessé de raconter.
Entre mythe et mémoire collective
Aujourd’hui encore, Angwalima reste une figure ambiguë : criminel pour les uns, héros populaire pour les autres.
Mais comme le souligne Ngimbi Kalumvueziko, « ce n’est pas seulement l’homme qui survit, mais l’histoire que la ville a choisi de raconter à travers lui ».
Une légende urbaine née dans les ruelles de Léopoldville, et gravée à jamais dans la mémoire kinois.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
