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En marge du lancement d’Air Congo : Il faut supprimer le ministère du Tourisme et l’ONT, puis créer une Société Congolaise d’Ingénierie Touristique ! ( Tribune de John Katumba, Expert en Tourisme)

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Aujourd’hui, la compagnie aérienne éthiopienne a lancé Air Congo, une nouvelle compagnie basée à Kinshasa, en partenariat avec le gouvernement congolais.

Ethiopian Airlines détiendra 49% des parts de cette nouvelle entreprise, tandis que le gouvernement congolais en sera l’actionnaire majoritaire.

Il s’agit exactement d’une occasion en or pour booster notre secteur du tourisme en y ajoutant des packages dans des prix des billets comme l’Éthiopie a accueilli 1.518.000 de touristes en 2024 grâce à sa compagnie aérienne. Ce qui le place au 67e rang mondial en termes absolus. Le Président de la République peut s’imposer et se battre pour faire avancer le secteur du tourisme.

Notre secteur du Tourisme est bloqué par un consortium des politiciens faute d’une absence de l’Expertise Technique. Les politiciens récupèrent le secteur du tourisme après le partage du pouvoir, se focalise sur l’ argent du secteur, notamment le Fonds de Promotion du Tourisme. Mais faute d’expertise technique, ces Congolais sortis des quartiers généraux politiques ne savent pas quoi faire exactement pour recevoir des arrivées des touristes en RDC.

En plein 21ème siècle, la RDCongo n’est toujours pas un pays touristique. Il reste un pays potentiellement touristique à cause des erreurs politiques observées depuis le départ de Mobutu. Ils ont transformé le ministère national du Tourisme en une agence évènementielle sectorielle, pendant que les ministères provinciaux du tourisme sont perdus et noyés éperdument.

Le côté sombre du secteur du tourisme de notre pays :
 Depuis le départ de Mobutu jusqu’à présent aucun touriste venu d’un Tour Operator n’a visité la RDC par les efforts des gouvernements qui se sont succédé.

 Aucun Tour Operator ne propose la RDC dans son Catalogue à cause de l’absence d’experts du tourisme à la tête du ministère du Tourisme depuis le départ de Mobutu jusqu’à l’arrivée de Félix Tshisekedi à la tête du pays.

 Sans experts du tourisme, des membres des cabinets du ministre, des directeurs dans le secteur du tourisme se baladent dans quelques salons et foires du tourisme sans langage spécifique voyagiste pour convaincre des tours opérators à proposer la destination RDC dans leurs Catalogues.

 L’affectation de la redevance perçue pour la promotion du tourisme «Fonds de Promotion pour le Tourisme FPT en sigle» à d’autres priorités.

 Le manque des initiatives des différents membres gouvernements qui se sont succédés depuis plus de 20 ans à la tête du ministère du tourisme.

 Les prix trop élevé et les conditions difficiles pour l’obtention d’un visa de la RD Congo, dans nos ambassades, des prix exorbitants des chambres d’hôtel, des bailleurs de véhicules etc…

SUGGESTIONS

Au regard du tableau sombre peint ci-haut, nous proposons au Président de la République de « Supprimer le ministère du Tourisme, de Supprimer l’Office National du Tourisme, de Supprimer le Fond de Promotion pour le Tourisme » et de créer la « Société Congolaise d’Ingénierie Touristique (SCIT, en sigle). Une structure qui sera un Guichet Unique du Tourisme (GUT) chargé d’accompagner et de faciliter les investisseurs et les opérateurs du secteur du tourisme et de l’hôtellerie.

Une société qui sera chargée de mettre en œuvre l’ensemble des politiques publiques en matière d’aménagement, de formation, et d’équipement touristique dans le but de développer notre secteur du Tourisme.

 La Société Congolaise du Tourisme sera un Etablissement public à caractère commercial chargé de :

– Structurer et de promouvoir la Destination RD. Congo;

– Initier une réforme visant à digitaliser le visa d’entrée en République Démocratique du Congo;

– Mettre en place des Bureaux d’Informations Touristique dans les aéroports internationaux en Europe, aux Etats Unis , En Chine , Japon, etc…

– Construire des sites touristiques avec des Hébergements Ecologiques de l’État le long du Fleuve Congo dans sa partie navigable du Pool Malebo, aux cataractes; Embouchure du Fleuves Congo et aux plages de Moanda .

– Instaurer des branches des statistiques dans le secteur du tourisme.

– Instaurer des projets de classification des hôtels, et mettre en place une administration distributrice des étoiles.

– Inviter et encadrer les Tour Operators internationaux à consommer les circuits touristiques par les Educ-Tours bien organisés en vue de convaincre les touristes internationaux à visiter les pays.

– Harmoniser les prix d’obtention de visa, des billets des compagnies aériennes internationaux et domestiques, des hôtels, des restaurants, des droits de visites dans différents sites ; des bailleurs des véhicules en vue d’égaler tant soit peu la concurrence loyale régionale et internationale.

Offre Touristique de la RDCongo

La République Démocratique du Congo est connue de par le monde à travers sa variété et sa riche biodiversité, caractérisée par un endémisme important en biocénose (phyto-zoocenose). Près de quarante-cinq million d’hectares, soit 20,47 % de l’étendue du territoire national sont destinés à la protection de la méga-biodiversité protégée à des titres divers (Parc Nationaux, Domaine de chasse et Réserves Naturelles Apparentés,…).
Par ailleurs l’état dans lequel vivent et évoluent ce réseau des parcs et Aires protégées de la RDC intrigue si bien l’attention d’un bon nombre de chercheurs, naturalistes évoluant dans le secteur de l’environnement et de l’ écotourisme.

En effet, les Parcs et Réserves naturelles apparentées subissent une pression importante de la part de la population autochtone. Cette dernière, à travers ses activités champêtres et de chasse, détruit et dégrade cet écosystème pourtant reconnu comme Domaine Réservé. Ce comportement anarchique a comme conséquence : la perte de la biodiversité des sites. C’est pourquoi, au regard de tout ce qui précède, nous nous posons les questions de savoir ce qu’il faut faire ou entreprendre pour que ces aires protégées puissent être sécurisées par des résolutions durables.

Le tourisme a réussi, en ce 21ème siècle, à se hisser au rang des premières industries du monde, non seulement par sa contribution financière au budget des États qui y ont investi, mais aussi par l’offre de plusieurs opportunités d’emplois dans des domaines variés comme ceux de l’hôtellerie, de la restauration, de transports, de l’exploitation des sites touristiques, des activités culturelles et sportives, des petites et moyennes entreprises communautaires, etc., réduisant, par-là, le taux du chômage et de la pauvreté.

Selon le World Travel & Tourism Council, la contribution totale du tourisme au PIB mondial est de 9,8%, générant plus de 7.000 milliards de dollars américains et concourant à hauteur de 9% à l’emploi dans le monde ; ce qui représente près de 300 millions d’emplois. Le tourisme est, en outre, le 4ème secteur exportateur (de services) du monde après l’industrie pétrolière, l’industrie agro-alimentaire et l’industrie automobile.

Le Grand Congo mon pays compte 964 sites touristiques répertoriés sur l’ensemble du territoire national, dont 585 sites naturels, 108 historiques, 195 socioculturels et 76 industriels. Sur ces 964 sites, 400 n’ont plus des voies d’accès et d’autres se trouvent dans des contrées insécurisées. Cela nécessite un grand travail de promotion sur le plan national et international commençant par l’agrotourisme, le tourisme industriel, le tourisme de mines ; le tourisme fluvial, le tourisme historique et culturel…

Ce formidable réservoir de faune et flore est notamment présent au sein des huit parcs nationaux et des soixante-trois réserves et domaines naturels que comptent la RDC, dont plusieurs sont inscrits à la liste des sites mondiaux en danger de l’UNESCO. La plupart de ces espaces protégés sont confrontés à de graves problèmes (braconnage, déforestation, pillage des ressources naturelles, etc.) liés aux troubles que le pays a connu ces vingt dernières années. Tout cela forme ce pays unique en bien des aspects, d’une beauté et richesse incroyables, et au potentiel, éco touristique énorme.

Pays magnifique renfermant d’énormes atouts naturels aussi insoupçonnés qu’attrayants, la RDC présente des univers divers avec un patrimoine culturel extraordinaire porté par les quelques centaines d’ethnies qui composent sa population. Son riche écosystème présente une variété de paysages d’une beauté exceptionnelle (savanes, forêts profondes, montagnes, mangroves, fleuve et rivières), elle-même façonnée par la diversité climatique à l’œuvre au Congo. Ainsi qu’une faune unique avec de nombreuses espèces endémiques au pays dont plusieurs spécimens emblématiques parmi lesquels l’okapi, le bonobo, le gorille de montagne, le gorille de plaine, le paon congolais et jusqu’il y a peu le rhinocéros blanc.

Les parcs nationaux, notamment, ne permettent rien qu’à eux seuls le développement d’un tourisme de vision (safaris), très porteur économiquement, et/ou d’un tourisme d’aventure (trekking, alpinisme, activités nautiques, etc.).

Aujourd’ hui le monde entier se pose la question de savoir qu’est-ce que les Congolais font de leur pays ?

John Katumba
Expert en Tourisme avec 22 ans d’expérience 

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Jean Angwalima : Le “Al Capone” kinois, entre mythe urbain et réalité troublante

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À Kinshasa, le nom « Angwalima » dépasse aujourd’hui la simple identité d’un homme. Il est devenu un mot du jargon populaire, synonyme de voleur rusé, méthodique et insaisissable.

Pourtant, comme le rappelle le chroniqueur Ngimbi Kalumvueziko, « Angwalima n’est pas qu’un mythe urbain : c’est d’abord un homme bien réel qui a marqué Léopoldville au lendemain de l’indépendance ».

Jean Angwalima s’impose ainsi comme l’un des personnages les plus fascinants – et controversés – de l’histoire criminelle congolaise.

Léopoldville, théâtre de ses exploits

Dans les années 1960, alors que la ville de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) se transforme après l’indépendance, Angwalima multiplie les cambriolages spectaculaires.

Il cible particulièrement les quartiers huppés (Kalina, Limete, Mont Stanley ou encore Ma Campagne ) où réside une nouvelle bourgeoisie congolaise ayant succédé aux colons européens.

Selon Ngimbi Kalumvueziko, « ses opérations, d’une précision presque chirurgicale, nourrissaient autant la peur des riches que l’admiration silencieuse des petites gens ».

Dans les rues, les récits de ses coups audacieux circulent, amplifiés par l’imaginaire collectif.

Une légende aux accents mystiques

Très vite, Angwalima dépasse la simple figure du voleur pour entrer dans la légende.

On lui prête des pouvoirs surnaturels : invisibilité, capacité d’hypnotiser ses victimes, ou encore maîtrise mystérieuse des serrures les plus complexes.

Ngimbi Kalumvueziko note à ce sujet que « la ville fabrique elle-même son héros nocturne, entre fascination et exagération ».

Ses arrestations répétées, suivies d’évasions spectaculaires de la prison de Makala, renforcent encore son image d’homme insaisissable.

L’audace ultime : un cambriolage présidentiel ?

La rumeur la plus persistante reste celle d’un cambriolage de la résidence du président Joseph Kasa-Vubu.

Bien que jamais confirmée, cette histoire contribue à bâtir son aura quasi mythique.
Comme l’écrit Ngimbi Kalumvueziko, « qu’elle soit vraie ou non, cette rumeur suffit à consacrer Angwalima comme un défi vivant à l’autorité de l’État ».

Du banditisme à la chute

Avec le temps, Angwalima quitte le cambriolage pour rejoindre une bande de criminels armés opérant en périphérie de la capitale.

Mais cette escalade marque un tournant tragique. Après le meurtre d’une fermière dans la région de Kasangulu, il est arrêté avec ses complices.

Le chef de bande, Ngabidila, est condamné à mort et exécuté publiquement. Angwalima, lui, échappe de justesse à la peine capitale.

Selon Ngimbi Kalumvueziko, « des interventions discrètes, notamment d’officiers originaires de l’Équateur, auraient pesé dans la commutation de sa peine ».

Prison, oubli… puis rédemption inattendue

Condamné à la prison à vie, Angwalima est transféré à Luzumu, dans le Kongo Central.
Libéré dans les années 1970, il disparaît progressivement des radars après s’être installé à Bana, dans un ancien village de “paysannat”.

Le plus surprenant reste sa dernière métamorphose : son retour à Kinshasa dans les années 1990… comme prédicateur.

Ngimbi Kalumvueziko conclut avec une pointe d’ironie : « le destin d’Angwalima rappelle que les trajectoires humaines échappent souvent à toute logique ».

Une renommée jusqu’aux États-Unis

L’écho de ses exploits dépasse les frontières du Congo. Le prestigieux The New York Times lui consacre un article en 1963, le comparant à Al Capone.
Une consécration internationale pour celui que Kinshasa n’a jamais cessé de raconter.
Entre mythe et mémoire collective
Aujourd’hui encore, Angwalima reste une figure ambiguë : criminel pour les uns, héros populaire pour les autres.

Mais comme le souligne Ngimbi Kalumvueziko, « ce n’est pas seulement l’homme qui survit, mais l’histoire que la ville a choisi de raconter à travers lui ».
Une légende urbaine née dans les ruelles de Léopoldville, et gravée à jamais dans la mémoire kinois.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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