Société
RDC: Anady-Sarah Kibalabala, un modèle d’entreprenariat féminin qui inspire
La célébration de la journée internationale des droits des femmes 2021 est placée sous le thème national : « leadership féminin d’excellence ». S’agissant du leadership, il y a des jeunes femmes très ambitieuses qui ont osé investir dans un environnement très hostile. Parmi elles, nous citons Anady-Sarah Kibalabala, la trentaine révolue, entrepreneure rêvant d’un monde meilleur.
Issue d’une famille modeste, cette femme d’affaire fait partie de meilleures entrepreneures dans le secteur de l’Habitat. Elle est la fondatrice d’Objectif Group, une plateforme qui regorge en son sein des médias (presse en ligne et presse papier), une entreprise de vente de pagne Wax « Maman Moseka » et Objectif Habitat, qui se manifeste par l’octroi de terrains à crédit. La société emploie une trentaine des jeunes professionnels œuvrant dans les domaines précités.
A la tête de l’entreprise de sa maman, Anady-Sarah commence son long parcours professionnel en tant que vendeuse des pagnes pendant qu’elle était encore étudiante.
Détentrice d’un diplôme de licence en communication des organisations, Anady-Sarah Kibalalala a animé en 2015, une émission dans la tranche matinale dans une chaîne de télévision privée émettant à Kinshasa.
Voulant toujours faire mieux, elle a fini par décrocher le poste d’experte en monitoring dans le département de la communication du cabinet du Premier ministre Bruno Tshibala. Ce qui la pousse à s’organiser afin de donner la forme à une vision « Objectif » longtemps nourrie mais sans provision.
Déjà avec le peu qu’elle obtient chaque mois, elle envisage traverser toutes les barrières administratives qui pourraient faire d’elle une simple chargée d’études du monitoring. Avec son expérience dans le monde des médias, la jeune dame créé sa propre entreprise dénommée « Objectif Magazine », afin de promouvoir la femme et mettre en valeurs ses efforts. Sa vision pour ces médias, est aussi de mettre fin à tous les stéréotypes rétrogrades à l’égard de la femme. Pour son numéro zéro, la Une du magazine est consacrée à l’histoire d’une femme pasteur et veuve de feu Sakombi Inongo.
Dévouée dans son travail, elle ne s’arrête pas là. Après le magazine, Anady-Sarah Kibalabala, malgré toutes les tracasseries liées à la création d’une entreprise en Rdc, ne se décourage pas. Telle une battante, tissant sa toile d’araignée en bonne professionnelle des médias, elle crée des liens avec des experts en matière d’habitat et spécialistes en construction des logements sociaux.
Elle fréquente, désormais, des cabinets d’avocats, les fonctionnaires du ministère des Affaires foncières ou ministère de l’Urbanisme et habitat, en vue de mûrir son nouveau projet et partir sur des bases solides.
Après une bonne maitrise du domaine à travers le projet de vente des terrains à crédit dénommé « Cité Papa Simon Kimbangu », où elle intervenait comme associée, notre entrepreneur excelle davantage. A travers un prestigieux projet idéal Maman Moseka, le surnom de sa défunte Maman, Georgette Konga Isako d’heureuse mémoire, décédée en 2019, celle à qui Anady doit toute sa sagesse et ses convictions chrétiennes, l’ainée de la famille Kibalabala se fraie un chemin. Elle veut offrir, en tenant compte du pouvoir d’achat de ses concitoyens, des parcelles pour que chaque Congolais quitte la vie de locataire pour devenir lui-même bailleur ou propriétaire de terrain. Le groupe se serre les coudes et travaille en commun accord dans l’unique but d’atteindre les objectifs assignés par la désormais Présidente Anady-Sarah. Très vite, alors très vite, la communication devient un outil important pour faciliter les échanges entre les potentiels souscripteurs (clients) et Objectif Habitat. Le sérieux de l’entreprise l’amène à terminer Maman Moseka I, II, III, IV et bientôt Maman Moseka V sera totalement liquidé, en attendant la construction des maisons préfabriquées de très longue durée.
Née d’une famille de 4 enfants, elle a obtenu son diplôme en Latin-Philo au Lycée Motema Mpiko. Dotée d’une permanente passion de l’audiovisuel et d’une forte capacité communicationnelle, Anady-Sarah est licenciée en communications des Organisations à Bel Campus. Elle a un diplôme de premier cycle en Tourisme à l’ISP Gombe et est détentrice d’un brevet de formation en création des projets à l’INPP.
En ce mois de mars où l’on célèbre les droits des femmes, la Présidente de Objectif Habitat ASBL, Anady-Sarah kibalabala, estime que la femme congolaise a un pouvoir. Se servant de son exemple, elle l’exhorte à commencer par prendre conscience de son pouvoir avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. Elle a toujours prônée l’autonomisation de la femme pour être indépendante financièrement.
Elda Along/ Elsyno/ congoprofond.net
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RDC : célébrant ses 6 ans d’existence, Mapendo Banque Alimentaire réaffirme son engagement contre la faim et le gaspillage alimentaire
À l’occasion de son sixième anniversaire, Mapendo Banque Alimentaire dresse le bilan d’un parcours marqué par l’engagement, la résilience et la solidarité. Créée en avril 2020, l’organisation s’est donnée pour mission de lutter contre la faim et le gaspillage alimentaire en République démocratique du Congo, dans un contexte où l’insécurité alimentaire demeure un défi majeur.

Depuis sa création, Mapendo s’est imposée comme un acteur humanitaire engagé, œuvrant à la fois dans la récupération des denrées alimentaires, la sensibilisation contre le gaspillage et la redistribution aux populations les plus vulnérables. À travers ses actions, l’organisation s’efforce de transformer un paradoxe criant, l’abondance perdue face à la pénurie vécue, en une opportunité de solidarité concrète.
Six ans après, le combat reste entier. Mais l’ambition de Mapendo s’est renforcée : devenir un véritable réseau humanitaire national, capable d’étendre ses activités à travers toute la RDC. L’objectif est clair : apporter une réponse durable et structurée à la problématique de la faim et de la pauvreté, en s’appuyant sur deux valeurs fondamentales : la solidarité et la justice sociale.
« Notre vision est de bâtir un système où aucune nourriture ne se perd pendant que des vies souffrent de la faim », souligne Mme Grâce Kapingo Ntolo, Chargée Administration et Finance de Mapendo. « Cela passe par une mobilisation collective et une organisation efficace de toute la chaîne alimentaire ».
Dans cette dynamique, Mapendo lance un appel fort aux autorités publiques et aux parlementaires pour une reconnaissance étatique de son action. Une telle reconnaissance permettrait non seulement de renforcer son impact, mais aussi de structurer davantage le secteur des banques alimentaires en RDC, encore peu institutionnalisé.

Par ailleurs, l’organisation invite tous les acteurs de la chaîne alimentaire, producteurs, distributeurs, marchés, entreprises et partenaires techniques, à s’engager dans une collaboration durable. L’enjeu est de bâtir des partenariats solides et fructueux, capables de réduire significativement le gaspillage alimentaire tout en répondant efficacement aux besoins des populations.
Alors que la RDC continue de faire face à des défis socio-économiques importants, l’action de Mapendo Banque Alimentaire apparaît comme une réponse concrète et porteuse d’espoir. Après six années d’existence, l’organisation entend poursuivre son combat avec la même détermination : faire de chaque geste un pas de plus vers une société plus juste et plus solidaire.
Régis NGUDIE
